Mil, Antoine, Charles (parfois Mille, Antoine, Charles)

Biographie


Né le 17 juin 1788 à Paris. Ancien militaire devenu carrier ou journalier. Il était porteur de deux certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Je, soussigné, commandant les volontaires de Vaugirard les 28 et 29 juillet, certifie que le sieur Mil, Antoine, Charles a fait partie des braves qui se sont dirigés pendant ces deux journées pour la défense de la capitale ; qu’il s’est montré avec intrépidité à la place de l’Odéon, à la prise de la caserne des Suisses, dite de Babylone, au Louvre et aux Tuileries et que le 29 surtout il n’a pas un instant quitté les rangs. » Signé à Vaugirard le 22 août 1830 : Labillois (voir Labillois, Charme, Jean-Baptiste). Le second, ainsi rédigé : « Je, soussigné, capitaine en retraite, que le nommé Mil, Antoine, Charles a été un des braves qui a fait rendre les pièces de canon qui se trouvaient sur la route de Sèvres avec ses caissons. » Signé, le 30 juillet 1830 : Lereculey. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il reçut la médaille de Juillet (sous le nom de Mille sur les listes du Bulletin des lois et du Moniteur universel). Il signa (il signe bien Mil), le 9 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Brousse, Charles, Gabriel, Dominique, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits par l’intermédiaire de la Commission des Réclamants sise rue Bourg-Labbé : « Nous, soussignés, certifions à tous ceux à qui il appartiendra que le sieur Brousse, Charles, Gabriel, Dominique, maître maçon, demeurant rue du Montparnasse n° 14, s’est signalé avantageusement pendant la révolution de 1830 et s’est conduit avec beaucoup de courage dans les faits suivants. Le 28, il a rejoint les citoyens qui demandaient leurs armes aux pompiers de la rue du Vieux-Colombier et un des premiers il est entré dans leur caserne. Etant armé d’un fusil, il se rendit au Pont-Neuf, d’où il fit feu sur les grenadiers à cheval de la garde qui se rendaient au Louvre. De là, il alla grossir les braves qui, retranchés derrière les parapets voisins du pont des Arts, faisaient un feu nourri sur les troupes royales rangées devant le Louvre et il demeura constamment en tirailleur jusqu’à la nuit dans ce poste dangereux. Accompagné d’un petit nombre de citoyens en armes, il passa la nuit à la manutention des vivres destinées à la garde royale et s’opposa à tout convoi en leur faveur. Le 29, il fit partie de l’avant-garde commandée par un élève de l’Ecole polytechnique, qui fut tué sous ses yeux à l’attaque de la caserne de Babylone. Il se plaça ensuite en tirailleur sur le terrain de M. Séguin et, à la prise de cette caserne, il y entra un des premiers, sous le feu de l’ennemi. Plus tard, il alla à Rambouillet avec l’armée parisienne. Tout ce qui est relaté ci-dessus étant à notre parfaite connaissance, nous avons délivré le présent au sieur Brousse pour lui servir et valoir ce que de droit. » Il signa (il signe bien Mil), le 18 août 1831, le certificat suivant en faveur de Vallée-Hautmesnil, Paul, Adolphe, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, domiciliés tant à Paris qu’en la commune de Vaugirard, certifions que M. Paul, Adolphe, Valée Hautmesnil, âgé de vingt-quatre ans, horloger, demeurant à Vaugirard, rue de l’Ecole n° 29, a pris une part active aux événements des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; qu’il s’est constamment trouvé avec nous sur les lieux où le danger était le plus imminent et qu’il n’a déposé les armes que lorsque le triomphe de nos libertés a été assuré. Nous certifions en outre qu’il nous a déclaré à plusieurs reprises qu’il ne ferait aucune réclamation auprès du gouvernement parce qu’il ne voulait point d’une récompense pécuniaire ; nous verrions avec le plus grand plaisir le courage et le désintéressement de ce citoyen obtenir la distinction honorifique qu’il a si bien méritée. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la sous-préfecture de Sceaux, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé (sous le nom de Mille, Antoine, Charles). Il est sur une liste de décorés parmi lesquels le préfet de la Seine devait choisir quarante-huit décorés, pour composer la délégation de décorés qui devaient assister, le 27 juillet 1831, aux cérémonies commémoratives de la révolution, qui eurent lieu à la Bastille puis au Panthéon. En 1835, il sollicita des secours (il signe bien Mil ses demandes de secours) ; le préfet de la Seine rapporta sur son compte qu’il était un garde national zélé de la 6e compagnie de Vaugirard et ajouta : « Ouvrier carrier, gagne peu d’argent et […] est seul chargé de pourvoir aux besoins de ses enfants, de sa femme, qui est estropiée, et d’une tante octogénaire. » Il reçut soixante-quinze francs de secours en 1836. Il demeurait 88, grande rue à Vaugirard en 1831 ; 163, grande rue à Vaugirard en 1835. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris DM13 1, sous-préfecture de Sceaux, état des sommes payées aux citoyens décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, en vertu de la décision du 23 juillet 1831 (sous le nom de Mille, Antoine, Charles) ; Archives de Paris VK3 37, Décorés de Juillet pour la députation, liste de quarante-huit citoyens qui ont été désignés par le sort pour les cérémonies du Panthéon et de la Bastille ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Sceaux (sous le nom de Mille, Antoine, Charles) ; Archives nationales F/1dIII/67 ; Archives de la préfecture de police AA 375 in dossier Brousse, Charles, Gabriel, Dominique ; Archives de la préfecture de police AA 416 in dossier Vallée-Hautmesnil, Paul, Adolphe.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Un instant ...

Serveur occupé, tentative de reconnexion dans secondes.

Veuillez recharger la page.

Session mise en pause par le serveur.

Veuillez recharger la page.