Miné, Jean, Symphorien

Biographie


Né vers 1782 à Mailly-la-Ville (Yonne). Quatorze ans militaire sous l’Empire, employé dans la construction de l’égout de la rue du Cherche-Midi. Il combattit en juillet 1830 et fut un des premiers qui se jetèrent sur les pièces de canon pendant l’attaque de la caserne de Babylone. Il fut blessé au genou droit et à la main gauche, le 29 juillet vers 16 heures sur le quai de l’Ecole. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Miné, Jean, Symphorien, employé, a coopéré de toutes ses forces aux trois journées mémorables et que le 29 juillet vers les 4 heures environ il était sur le quai de l’Ecole à l’instant où je faisais avancer cinq à six cents personnes, ayant le sabre à la main. J’aperçus un homme qui me dit Je suis blessé camarade. Effectivement, je regardais sa blessure, c’était au genou droit. Il me dit Ce nest rien et il continua son chemin. Voilà, messieurs, ce que j’ai vu. » Signé : Bertrand (voir ce nom), marchand de vins, demeurant 2, quai de l’Ecole. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que M. Miné, demeurant rue Île-Saint-Louis n° 59, est un des braves combattants qui m’ont apporté à mon domicile lorsque j’ai été blessé à la jambe gauche. Je rendrai toujours justice aux braves qui se sont distingués dans les mémorables journées pour la défense de nos libertés individuelles. » Signé, le 6 septembre 1830 : Baux, (voir Baux, Pierre), demeurant 25, rue de la Huchette. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Miné, Jean, Symphorien, employé à la construction de l’égout rue du Cherche-Midi au mois de juillet, s’est trouvé à la prise de la caserne de Babylone. J’ai reconnu le nommé ci-dessus un des premiers qui s’est jeté sur la pièce de canon, dont il fut blessé et un de l’Ecole polytechnique s’en rendirent maîtres et que le nommé ci-dessus ne l’a pas quittée de tout le reste de la journée jusqu’à la place de Grève, dont j’ai perdu de vue comme m’étant défendu. Je donnerai toujours aux braves que j’ai reconnus dans le combat un certificat de leur courage. » Signé, le 24 août 1830 : Daudelot, sellier, demeurant 19, rue du Cherche-Midi. Il reçut en 1830 deux cents francs de secours de la part de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de cent vingt francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe une indemnité définitive et, à titre de cas exceptionnel, une autre indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Un de ses fils se distingua aussi dans les combats et s’engagea ensuite au 59e de ligne. On trouve dans un certificat signé en faveur de Bizon, Jean, François, les indications suivantes concernant Miné : « Je, soussigné, certifie que M. Bisson (sic) étant sur le champ de bataille, au bout du pont d’Arcole, du côté de la Cité, le 28 juillet au moment où j’ai été blessé, a été un des premiers et un nommé Miné de l’île Saint-Louis à me porter des secours. Ils m’ont porté chez moi, ce que j’atteste être sincère et véritable. » Signé, le 10 août 1830 : femme Lebaux (voir Baux, Pierre qui sans doute ne savait pas signer ?) ; Allexandre ; Legendre ; Lesmard, demeurant 1, rue d’Ecosse ; Perruchon, demeurant 26, rue du Marché-Palu ; Maline-Desroches, capitaine, chevalier de la Légion d’honneur ; Guillemette illisible, demeurant illisible. En 1833, père de six enfants, venant d’être dépouillé par des voleurs qui lui avaient enlevé tout ce qu’il possédait, il sollicita un secours. Le préfet de police rapporta sur lui qu’il était portier, 5, rue du Cherche-Midi, mais qu’il avait « perdu cette place parce que le propriétaire ne voulait pas qu’il gardât chez lui tous ses enfants, qui faisaient du bruit dans la maison. Il est maintenant sans emploi et sa position, paraît être extrêmement gênée. Sa conduite est régulière sous tous les rapports. » Le préfet de la Seine donna sur son compte les renseignements suivants : « Employé dans la salubrité, il a eu le malheur d’être compris dans une réforme. Aujourd’hui, il fait de temps en temps quelques journées comme ouvrier tonnelier mais il est bien loin de gagner assez pour nourrir sa famille et pourvoir à ses besoins ; il a six enfants : l’aîné sert dans un régiment en Afrique et les autres sont en apprentissage. Sa femme n’a point d’état, et la misère de cette famille est très grande. […Il] est digne de la bienveillance du gouvernement, en raison des services qu’il a rendus à la cause publique et de l’estime et de l’intérêt qu’il a su inspirer dans son quartier. » Il reçut un secours de cent cinquante francs en 1834. En 1835, il était gardien de travaux publics, touchait un franc cinquante par jour et son épouse était portière 8, rue du Coq-Héron, aux gages de cinq cents francs par an. Il reçut un secours de cinquante francs en 1835. En 1836, il était gardien au Jardin des plantes et touchait deux francs par jour, sa femme gardait des enfants. Les renseignements de police rapportaient à leur sujet : « Ils jouissent l’un et l’autre d’une bonne réputation de moralité. » En 1836, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, seize couples (un par arrondissement parisien et quatre pour les arrondissements ruraux), enfants de combattants ou combattants eux-mêmes soit de juillet 1830 soit de juin 1832, devaient être dotés de trois mille francs pour pouvoir se marier. La fille de Miné, Clémence, Hélène, née vers 1816, blanchisseuse en fin, demeurant chez ses parents, fut l’une des candidates choisies par la mairie du (ancien) Xe arrondissement, mais ne fut pas celle finalement élue. Elle devait épouser Germain, Pierre, né vers 1809 à Saint-Georges (Yonne), de parents cultivateurs dans cette commune, lui-même garçon distillateur, demeurant 80, rue du Temple. Sans doute aussi en 1837, représenta-t-elle sa candidature. Plusieurs commandants et officiers de la Xe légion, à laquelle appartenait Miné, soutinrent sa candidature, rendant hommage à « la conduite honorable et désintéressée de cet honnête citoyen » Miné reçut un secours de cinquante francs en 1837, de soixante-quinze francs en 1838, un secours de cinquante francs et un autre de vingt francs en 1839, un secours de trente francs et un autre de vingt-cinq francs en 1840, et un secours de quarante francs en 1841. En 1842, il était portier 27, rue des Noyers-Saint-Jacques et employé pour ouvrir et fermer les bornes fontaines. Il reçut un secours de quarante francs et un autre de vingt-cinq francs en 1842, un secours de quarante francs en 1843, un de vingt-cinq francs en 1844, de quarante francs en 1846, de vingt-cinq francs en 1847. Il combattit en février 1848. Il reçut un secours de quarante francs en janvier 1848. En 1849, il était tonnelier et toujours concierge à la même adresse. « Bon renseignements sur son compte. Sa position est très nécessiteuse », rapportaient les mêmes sources. Il reçut un secours de quarante francs en 1849, à titre de combattant de Juillet, un autre de la même somme et au même titre en 1850, un de quarante francs et deux autres de cinquante francs en 1851. En 1853, il s’était remarié en secondes noces et était fontainier et ouvreur de fontaines à la préfecture de la Seine. « Sa conduite et sa moralité sont bonnes et on ne lui connaît pas de mauvais antécédents. […] Cet employé paraît jouir d’une certaine aisance ; il n’a pas de relations politiques mais il est dévoué au gouvernement », précisaient les mêmes sources administratives. Il reçut deux secours de quarante francs en 1853, à titre de blessé de Juillet. En 1855, toujours ouvrier fontainier, « c’est un honnête homme ; ses voisins l’estiment beaucoup », précisait la police ; il reçut, cette année-là, deux secours de quarante francs, et un autre de la même somme en 1856. Il était garde national à la Xe légion en 1835 puis à la 2e compagnie du 1er bataillon de la XIIe légion en 1845. Il demeurait 59, rue de l’Ile-Saint-Louis en 1830 (mais 3, rue des Barres in Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, (ancien) IXe arrondissement, dossier indemnitaires classés et non classés et in Archives de Paris VK3 50, couverture du dossier Pelleport et aussi in F/1dIII/38 A) ; 5, rue du Cherche-Midi en 1833 et 1834 ; 8, rue du Coq-Héron en 1834 et 1835 ; 11, rue de Sèvres en 1835-1836 ; 13, rue du Fouarre en 1838 ; (12, rue dEnfer à une date inconnue mais sans doute comprise entre 1837 et 1840 in Archives de Paris VI1 1, une liste de trois pages de divers décorés de la croix ou de la médaille, dépendant de divers arrondissements) 27, rue des Noyers-Saint-Jacques de 1842 à 1850 ; 140, rue Saint-Jacques en 1851 ; 175, rue Saint-Jacques de 1853 à 1855. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IXe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives p. 82, liste nominative des cas exceptionnels du IXe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 83 ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1836 ; Archives de Paris VI1 1, une liste de trois pages de divers décorés de la croix ou de la médaille, dépendant de divers arrondissements ; Archives de Paris VI1 1, 1837, mariages de Juillet ; Archives de Paris VK3 50 (couverture du dossier Pelleport) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, (ancien) IXe arrondissement, dossier indemnitaires classés et non classés ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/67 ; Archives nationales F/1dIII/69 in dossier Odin ; Archives nationales F/1dIII/74 in dossier Rousselle ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IXe arrondissement, blessés de 1re classe et cas exceptionnels ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116, idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184, idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209, idem Proposition d’accorder à cinquante-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.100 francs, minutes 260-262, en date du 29 janvier 1853 ; Archives de la préfecture de police AA 372 in dossier Bizon, Jean, François.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Un instant ...

Serveur occupé, tentative de reconnexion dans secondes.

Veuillez recharger la page.

Session mise en pause par le serveur.

Veuillez recharger la page.