Minoret, Louis (et un 2e prénom illisible in Archives nationales F/1dIII/34 : Polmin ?)
Biographie
Né le 22 octobre 1773 à Cholet (Maine-et-Loire) in Archives de Paris VD6 173 n° 1 dans la lettre qu’il signe ; par erreur le 8 décembre 1809 à Niort (Deux-Sèvres) in Archives nationales F/1dIII/39. Engagé en 1792 avec trois de ses frères, participa à la conquête de la Belgique, sous les ordres de Dumouriez, dans le 2e bataillon des Deux-Sèvres ; en 1793, il fit les campagnes de l’armée du Nord, sous les ordres du général Gustine (illisible) ; en 1794, il participa aux sièges de Landrecies, du Quesnoy et de Valenciennes ; en 1795, fit les campagnes de l’armée de Sambre-et-Meuse, trois passages du Rhin, sous les ordres des généraux Grenier et Bernadotte dans la 88e demi-brigade où le bataillon des Deux-Sèvres avait été incorporé, marcha en Italie avec la division de Bernadotte, sous les ordres de Bonaparte, assista au passage de la Piave, du Tagliamento et à la prise de Gradisca, marcha sur Rome pour participer à l’expédition d’Egypte. Mais, tombé malade, il ne put embarquer et fut employé à Modène comme secrétaire du commissaire des guerres, Léaumont, qui l’envoya à Reggio pour remplir les fonctions de commissaire des guerres. Employé dans l’armée d’Italie sous le commissaire des guerres Bigotière, il rentra en France après la mort du général Joubert. Ayant reçu plusieurs blessures et souffrant de plusieurs infirmités, il obtint son congé. Ses trois frères moururent dans les guerres de l’Empire. Artiste en 1830. Marié, il était père de quatre enfants, dont le dernier était né en 1810 et le plus âgé en 1805 (voir Minoret, Pierre, Alfred, l’un de ses fils). Il fit parvenir une demande d’emploi à la Commission des récompenses nationales, expliquant : « […] Mon fils aîné, Alfred Minoret, sergent fourrier de grenadiers au 8e régiment de ligne, arrivant de la Morée et se trouvant ici en congé d’un an, vint d’avoir l’honneur de répandre son sang pour son pays, le 28 juillet dernier, au moment où, à la tête de cinquante citoyens, il disputait dans la rue de la Monnaie le passage à un bataillon du 15e léger. Il a été blessé grièvement à la cuisse. Mon second fils, engagé volontairement comme son frère, fait partie du 45e de ligne. Il est depuis quatre ans à la Martinique. Mes deux plus jeunes fils servent actuellement dans la garde nationale de Paris. Tels sont mes droits à la bienveillance du gouvernement. Cependant jusqu’à ce jour je n’avais rien demandé. Je suis sans fortune et je n’existe depuis longtemps que par le secours de mes enfants, principalement par ceux de ma fille, attachée à la chapelle royale, qui vient d’être révoquée. Je désire obtenir un emploi qui puisse suffire à mon existence et à celle de ma femme, par exemple une place d’inspecteur dans quelque monument public ou maison royale. Malgré mon âge (cinquante-sept ans), j’ai des forces, une constitution robuste, beaucoup d’activité. Il me serait bien doux d’employer encore le peu que j’ai de talents au service de ma patrie, qui ne compte point parmi ses enfants des cœurs plus dévoués que le mien. » Sa demande était apostillée par le général Minot, député de la Charente-Maritime, qui certifiait les faits avancés par Minoret et que ce dernier avait été employé près de lui jusqu’au moment de l’expédition d’Egypte et que « son assiduité et sa conduite ne se sont jamais démenties », par Dupont-Minoret, député de la Vienne et par Audry de Puyraveau, député. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il demeurait 13, rue Neuve-Coquenard en 1831 (in Archives nationales F/1dIII/39). Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, liste supplémentaire des citoyens proposés pour la médaille, IIe arrondissement.