Moglia, Antoine

Biographie


Né le 15 juin 1808 à Parme (Italie), fils d’un capitaine d’artillerie sous Napoléon, lui-même longtemps soldat, donnait-il comme indications biographiques. Il fut blessé d’un coup de feu reçu à la cuisse gauche. En 1836, un rapport de la préfecture de police établissait : « Le sieur Mollien, en sortant de l’hospice où il est resté six mois à cause des blessures qu’il a reçues en juillet, a quitté son ancien logement rue Sainte-Marguerite, n° 31 et est allé habiter la maison garnie rue d’Aligre, n° 12 tenue par la femme Bernard, qui l’occupe comme joueur d’orgue ; il est nourri et gagne trente francs par mois. Sa conduite est régulière. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1837, et de quarante francs en 1838. Il sollicita de nouveau des secours en 1839 ; les renseignements de police pris sur son compte rapportaient « Célibataire, il est musicien ambulant, industrie peu lucrative qui est loin de lui procurer de l’aisance ; mais cet individu est d’une bonne constitution et pourrait se livrer à un autre genre de travail. Sa conduite est du reste très régulière et sa moralité excellente. » Il reçut un secours de vingt francs en 1839, et de vingt-cinq francs en 1840 ; et, sous le nom de Mollien, de trente francs en 1840. En 1841, les mêmes sources administratives précisaient : « On a obtenu sur son compte de bons renseignements. Il ne s’occupe pas de politique. » Il reçut (sous le nom de Mollien) un secours de quarante francs en 1840. En 1842, il fit une demande « pour obtenir une indemnité pour les pertes qu’il a faites dans les trois journées de juillet 1830 pour fournir du pain et de la nourriture aux ouvriers qui combattaient pour la cause populaire. A cette époque, il tenait une maison de logement et traiteur ». Il lui fut répondu qu’il eût fallu s’adresser en temps utile à la Commission des dommages, instituée spécialement après la révolution pour se prononcer sur les demandes d’indemnités. Il renouvela plusieurs fois sa demande, précisant qu’il la faisait depuis onze ou douze ans. En 1842, la police rapportait à son sujet : « Joueur d’orgue, est un paresseux habitué à mendier en jouant de l’orgue. » En 1848, il était toujours joueur d’orgue, marié et père de deux enfants. Il participa à la Révolution de Février, à la tête de six cents Italiens, expliquait-il, et combattit « seul contre quinze gardes municipaux, jusqu’à la blessure qui l’a abattu à l’instant où il s’élançait sur les pièces ». Il sollicita un subside auprès de la Commission des récompenses nationales afin d’être indemnisé des sommes qu’il avait dépensées pendant le combat et fit à cet effet de nombreuses démarches. Il appuyait sa demande certificat suivant : « Le 23 février et jours suivants, Moglia, Antoine s’est battu pour fonder la république et a fait des barricades conjointement avec de nombreux compatriotes, qui l’ont plusieurs fois accompagné à l’Hôtel de ville [siège de la Commission des récompenses nationales, N.D.A.] pour le prouver. » Signé, le 23 septembre 1848 : Moglia, Dominique, demeurant 9, rue de Charonne ; Bignot, demeurant 5, rue Trouvée, qui assurait l’avoir vu commander « au travail des barricades dans les rues Sainte-Marguerite, de Charonne ». Et des deux certificats médicaux suivants. Le premier : « Je, soussigné, docteur médecin de la faculté de Paris, certifie que le citoyen Moglia, Antoine, âgé de quarante-six ans, demeurant rue Sainte-Marguerite-Saint-Antoine n° 46, est venu depuis deux mois et demi me consulter plusieurs fois pour une tumeur qu’il porte au scrotum et dont le volume égale presque celui de la tête d’un enfant. Cette tumeur vient, d’après le rapport de Moglia, de ce que, dans la nuit du 23 au 24 février dernier, s’étant joint aux combattants, il a fait une chute sur l’abdomen. » Signé, le 18 mai 1848 : Hélie, médecin, demeurant 32, rue Sainte-Marguerite. Le second : « Je, soussigné, Bédu, médecin de la faculté de Paris, domicilié rue Lenoir n° 18, certifie que M. Moglia est porteur d’une tumeur énorme dans le scrotum, qu’il dit être le résultat d’un accident qui lui est arrivé en février dernier en combattant. Cette tumeur est des plus considérables et exige au plus tôt des traitements actifs, sans quoi il deviendrait impropre au travail. » Signé, le 28 juillet 1848 : Bédu, médecin, demeurant 18, rue Lenoir. En mai 1848, le ministère de l’Intérieur rapportait sur son compte : « Réclame une indemnité à raison des sacrifices qu’il aurait faits à la cause révolutionnaire, soit en juillet 1830, époque à laquelle il dit avoir dépensé 8.000 francs, soit en février dernier, où il prétend avoir dépensé 4.000 francs et avoir été blessé d’un coup de feu. […] Le citoyen Moglia (Antoine), natif de Parme, habite depuis vingt-neuf ans Paris, où il exerce la profession de joueur d’orgue ambulant. On assure qu’il a dépensé de l’argent pour exciter ses compatriotes à prendre les armes dans les journées de Février. Le 24 février, il a reçu une contusion au côté gauche qui l’a retenu pendant quatre jours au lit. En 1830, il aurait aussi dépensé une assez forte somme pour exciter également ses compatriotes à prendre les armes lors de la révolution de Juillet. On estime le montant de ces diverses sommes à 2.000 francs. Il vit avec une grande parcimonie et loge dans un pauvre garni au loyer mensuel de cinq francs. Cependant on assure qu’il a su faire des économies, qu’il place tous les quatre ou cinq ans à Parme, où réside toujours sa femme. » Il fut proposé par la Commission des récompenses nationales pour recevoir un secours. En 1851, une note de police établissait sur son compte : « Joueur d’orgue ambulant, qui jouit d’une assez bonne réputation dans son quartier, qu’il habite depuis de longues années ; il se dit peu heureux et ne s’occupe pas de politique. » Et en 1852 : « On a recueilli de très bons renseignements sur lui près de Mme Brunet, dont il est le locataire depuis trois ans, rue Sainte-Marguerite, 36 (maison garnie). Il est médaillé de Juillet, pour avoir été blessé à la main droite en 1830. » Il reçut, à titre de blessé de Juillet, un secours de quarante francs en 1852, et un secours de quarante francs en 1853. Son dossier est annoté : ni médaillé de Juillet ni compris sur les listes officielles des blessés à cette époque. Il demeurait chez Mme Parisot, 31, rue Sainte-Marguerite-Saint-Antoine en 1836 ; 9, rue Lenoir en 1836 ; en garni 10 bis, rue d’Aligre de 1836 à 1839 ; en garni, 46, rue Sainte-Marguerite-Saint-Antoine en 1839-1851 ; chez M. Parisot, 31, rue Sainte-Marguerite-Saint-Antoine en 1842-1845 (in Archives nationales F/9/1158) ; 34, rue Sainte-Marguerite-Saint-Antoine en 1850 ; 36, rue Sainte-Marguerite-Saint-Antoine en 1852 ; 60, boulevard de Charonne en 1858. Archives nationales F/1dIII/67 ; Archives nationales F/9/1158, dommages de Juillet, Seine (1831-1849 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif de décorés, médaillés, blessés ou combattants de juillet 1830 et veuves de décorés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, courrier en date du 6 décembre 1850, minute 142-147), idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852.

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