Moiron, Louis
Biographie
Né vers 1795 à Lucy-le-Bois (Yonne). Cordonnier. Il s’illustra dans le faubourg du Temple et fut blessé de deux coups de feu reçus dans la jambe gauche. Père de deux enfants, sa femme enceinte et malade depuis quatorze mois, ayant à sa charge sa mère âgée de cinquante-cinq ans et accablée d’infirmités, il reçut un secours de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un secours de quarante francs, le 17 août 1830, un secours de vingt francs, le 14 septembre, à la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il reçut un secours de cinquante francs, le 15 octobre 1830, un secours de cinquante francs, le 15 novembre 1830, un secours de cinquante francs, le 15 décembre 1830, un secours de cinquante francs, le 15 janvier 1831, un secours, définitif, de cinquante francs, le 17 février 1831, auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il reçut, en tant que blessé mais non décoré, un secours de cinquante francs, sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir un secours. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Moiron, Louis, âgé de trente-quatre ans, rue des Fontaines n° 9, a pris les armes le 28 juillet 1830, s’est transporté à la caserne barrière du Temple, est entré dans ladite. Un jeune homme étant là pour le même motif lui dit, en lui montrant un cabinet fermé : “Voilà l’endroit où l’on met les troupes de ligne en prison.” Ledit Moiron avait une barre de fer, qui lui servit à dégager la porte dudit cabinet et la fait tomber. Il y avait dans ce cabinet des fusils, des sabres, que l’on distribua à chacun. Le sieur Moiron alla tout près de la barrière, couche en joue un officier, le démonte. L’officier tombe mais un de ses pieds s’engage dans l’étrier. Moiron lui tire un deuxième coup de fusil, le tue et voit son cheval s’enfuir au galop du côté de la barrière en dehors. Ledit Moiron aperçoit un garde royal qui tire un coup de fusil sur une femme qui regardait par la fenêtre. Moiron tire un coup de fusil au garde royal et le voit tomber mais Moiron dans sa traversée à la Courtille a reçu deux balles à la jambe gauche, dont la peau est enlevée à deux places. Ledit Moiron allant à Saint-Jacques, rencontre un garde royal, qui veut lui prendre son fusil et la lutte s’engage. Mais Moiron tient toujours son fusil et enfonce son fleuret dans le bas-ventre du garde royal et lui le lui fait sortir à l’épaule gauche et lui donne le coup de grâce par le sabre qu’il lui avait arraché. De cette lutte, il lui est resté deux blessures à la main gauche, qui l’ont forcé de rester huit jours sans travailler. Un bourgeois se trouvant là lui demande son fusil. Il le lui accorde, se sentant affaibli par les blessures de sa main et de sa jambe gauche. Il s’est transporté chez lui avec beaucoup de fatigues et de souffrance. Nous attestons en outre connaître le sieur Moiron comme galant homme […]. Nous sommes certain de tout le détail ci-dessus. » Signé, le 17 août 1830 : Boisleau, demeurant dans le quartier Saint-Martin-des-Champs ; Gauthier, demeurant dans le quartier Saint-Martin-des-Champs ; Dubois ; Crompack, demeurant dans le quartier Saint-Martin-des-Champs ; Noël. Suivait l’apostille suivante : « J’atteste que le sieur Moiron, Louis est venu à l’ambulance du Temple, se plaignant de douleurs dans la jambe gauche et ayant sur la partie intérieure de ce membre une légère écorchure. » Signé, le 27 août 1830 : Lemaistre, Florian (voir ce nom), demeurant 3, rue Neuve-Saint-Laurent. Il était indiqué sur les fiches de la Commission comme sans fortune. Il ne savait pas signer. Il demeurait 9, rue des Fontaines, chez Lassagne propriétaire, en 1830 ; 28, rue du Vert-Bois en 1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 75 ; Archives de Paris AP VD6 356 n° 5, (ancien) VIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, compte général des recettes et dépenses depuis le 7 octobre 1830 jusqu’au 31 octobre 1831 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier, idem V-VI Renseignements sur diverses victimes des 27, 28 et 29 juillet 1830, tuées ou blessées, V Compte général des dépenses de la Commission des récompenses nationales du 7 octobre 1830 au 31 octobre 1831 (secours accordés par la Commission des récompenses nationales aux blessés qui n’ont été classés dans aucune catégorie, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale, inscription des indemnités définitives, idem états nominatifs des blessés admis à la répartition des fonds de la souscription nationale, 2e classe et 1re classe, idem Répartition des fonds de la souscription nationale, Etat nominatif des blessés qui, étant décorés de la croix ou de la médaille, ont reçu, à l’occasion de l’anniversaire de Juillet un secours de cinquante francs et un habillement bourgeois ou un uniforme de garde national, et de ceux qui, n’étant point décorés, n’ont participé qu’au secours de cinquante francs ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 403.