Moison, Pierre, Jean-Baptiste

Biographie


Né vers 1797 à Nozay (Seine-et-Oise). Marchand boucher. Il s’illustra rue de Miromesnil, rue Verte et aux écuries du roi. Il donnait le descriptif suivant de la conduite qu’il avait tenue : « Le 26, s’est trouvé à l’attaque du ministère des Finances, où il a reçu un coup de crosse de fusil à la cuisse en combattant un garde royal, ce qui lui occasionna une forte contusion. Le 28, revêtu de l’habit de garde national, il se transporta en armes à la mairie du (ancien) Ier arrondissement et se joignit à ses camarades. Ils y furent cernés par des forces supérieures, désarmés et faits prisonniers. Il parvint à s’échapper. Le 29, il fut un des premiers à l’attaque de la caserne de la rue Verte, où il fit rendre un poste de gardes royaux, commandé par un capitaine et un lieutenant. Il marcha ensuite à la tête de vingt ou trente hommes déterminés, à l’attaque de la caserne de la Pépinière. Ils eurent une affaire avec un détachement de gardes royaux, qu’ils forcèrent à la retraite sur les Champs-Elysées. Arrivé à l’avenue de Marigny, il participa à la prise d’une pièce de canon. Ledit jour à l’attaque des écuries du roi, faubourg du Roule, défendues par les Suisses, il sauva la vie à deux pages. Il est un des premiers qui a ouvert et conservé le poste de l’Elysée-Bourbon, où il a resté dix jours de garde. » Il adressa, en novembre 1830, une lettre au général Lafayette afin d’obtenir la décoration de la Légion d’honneur. Sa demande était revêtue de plusieurs apostilles. La première apostille, ainsi rédigée : « M. Moison jouit dans le quartier qu’il habite d’une excellente réputation. Tous les faits qu’il avance m’ont été certifiés par les personnes les plus dignes de foi. Je pense donc que M. Moison mérite à tous égards la décoration votée par la Chambre des députés le 12 de ce mois et je prends la liberté en ma qualité de son ancien capitaine de le recommander très instamment à l’intérêt et à la justice de M. le général en chef des gardes nationaux. » Signé, le 15 novembre 1830 : baron de Brea. La deuxième apostille, ainsi rédigée : « C’est avec un vrai plaisir que j’ai l’honneur de recommander à l’intérêt de M. le général en chef la demande de M. Moison, dont la belle conduite dans les glorieuses journées de Juillet m’est parfaitement bien connue. » Signé : comte de Bouillé, » La troisième apostille, ainsi rédigée : « M. Moison est un des grenadiers les plus estimés de la 3e compagnie. Les détails contenus en marge de sa pétition sont de notoriété publique et je le verrai avec plaisir obtenir sa demande. » Signé : marquis de Marmier, colonel de la Ire légion, député. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement mais il ne réussit pas à y faire valoir ses droits. Il attesta, pour en avoir été le témoin, la lettre suivante qu’avait écrite Bontemps, Clément, pour faire valoir ses propres droits à la décoration : « Dans la journée du 29 juillet, il n’a cessé de combattre contre la garde royale, depuis 8 heures du matin jusqu’à 3 heures de l’après-midi ; qu’il a puissamment contribué au désarmement de la caserne de la rue Verte, en forçant la porte de ladite caserne ; lui troisième qu’après avoir fait promettre au chef de bataillon qui la commandait de ne plus se servir de ses armes, lui a fait remettre son épée et fait escorter jusqu’à son logement. Et qu’à la tête d’environ cinquante citoyens il a combattu et repoussé la garde royale dans les rues de Miromesnil, Verte, et place Beauveau et l’a forcée de battre en retraite par les Champs-Elysées. Pendant ce temps, un autre détachement de la garde venait par la rue du Faubourg-Saint-Honoré pour porter main forte à la caserne a été également repoussé par son détachement, qu’il avait fait embusquer au coin de la rue de Duras et du marché d’Aguesseau et après une forte fusillade la garde royale a été obligée de se sauver par l’avenue de Marigny, poursuivie la baïonnette aux reins. Et qu’enfin à la tête de son détachement, en chargeant contre l’artillerie en retraite dans l’avenue de Neuilly Champs-Elysées, il s’est emparé d’une pièce de canon qui a été conduite et déposée chez M. le général Lafayette. » Il retira les pièces qu’il avait confiées à la Commission, le 11 mai 1831. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ier arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la croix. On trouve plusieurs apostilles sur sa demande. Renauldet (voir Renauldet, Jacques, René), certifiait l’avoir vu le 28 en uniforme de garde nationale à la mairie du (ancien) Ier arrondissement et le 29 à la prise de la caserne de la rue Verte. La deuxième apostille était ainsi rédigée : « Je certifie que le sieur Moison a combattu à mes côtés le 29 juillet 1830 dans les rues de Miromesnil, rue Verte, place Beauvau et dans les Champs-Elysées, et était à la prise d’une pièce de canon. » Signé : Bontemps (voir Bontemps, Clément). La troisième apostille était ainsi rédigée : « Je certifie l’écriture ci-dessus. Lorsque j’obtiens la reddition du quartier de la rue Verte, le susdit Moison était près de moi et s’est conduit comme un vrai Français. » Signé : Fillias (voir Fillias, Pierre, François). La quatrième apostille était ainsi rédigée : « Je certifie que le nommé Moison a combattu le 29 juillet à mes côtés et en ma présence a sauvé deux pages illisible. » Signé : Dubois (voir Dubois, René), demeurant 8, rue du Marché dans le faubourg Saint-Honoré. Abadie, sergent de grenadiers, le présentait comme un des plus zélés grenadiers de sa compagnie, en habit de garde national dès l’ouverture du poste de garde national de l’Elysée le 29 juillet. Eugenet, ou Eugénet, ou Eugênet attestait que Moison avait sauvé la vie à deux pages aux écuries d’Artois, alors qu’il combattait comme lui. Le commissaire de police du quartier du Roule, Bruzelin, en légalisant les signatures, se plaisait « à certifier particulièrement le dévouement tout patriotique dont a fait preuve le sieur Moison ». Dans une lettre adressée par la Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, son cas était cité en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus, précisant ainsi sa participation aux combats et les preuves qui avaient été fournies : « En marge de la demande qu’il adresse à M. le général de Lafayette, pour la décoration de la Légion d’honneur. On trouve les apostilles ci-après. “Le 27, s’est trouvé à l’attaque du ministère des Finances, où il a reçu un coup de crosse de fusil à la cuisse, en combattant un garde royal, ce qui lui occasionna une forte contusion. Le 28, revêtu de l’habit de garde national, il se transporta en armes à la mairie du (ancien) Ier arrondissement et se joignit à ses camarades. Ils y furent cernés par des forces supérieures, désarmés et faits prisonniers. Il parvint à s’échapper. Le 29, il fut un des premiers à l’attaque de la caserne de la rue Verte, où il fit rendre un poste de la garde royale, commandé par un capitaine et un lieutenant. Il marcha ensuite à la tête de vingt à trente hommes déterminés à l’attaque de la caserne de la Pépinière. Ils eurent une affaire avec un détachement de gardes royaux, qu’ils forcèrent à la retraite sur les Champs-Elysées. Arrivé à l’avenue de Marigny, il participa à la prise d’une pièce de canon, faubourg du Roule, défendue par des Suisses. Il sauva la vie à deux pages. Il est un des premiers qui a ouvert et conservé le poste de l’Elysée-Bourbon, où il a resté deux jours de garde. M. Moison jouit dans le quartier qu’il habite d’une excellente réputation. Tous les faits qu’il avance m’ont été certifiés par les personnes les plus dignes de foi. Je pense donc que M. Moison mérite à tous égards la décoration par la Chambre des députés le 19 de ce mois. Je prends la liberté, en ma qualité de son ancien capitaine, de le recommander très instamment à l’intérêt et à la justice de M. le général en chef de la garde nationale. Paris le 15 novembre 1830 : signé B. de Brea.” “C’est avec un vrai plaisir que j’ai l’honneur de recommander à l’intérêt de M. le général en chef la demande de M. Moison, dont la belle conduite dans les glorieuses journées de Juillet m’est parfaitement bien connue. Signé : comte de Bouillé, Paris, le 18 novembre 1830.” “M. Moison est un des grenadiers les plus estimés de la 3e compagnie. Les détails contenus en marge de sa pétition sont de notoriété publique et je le verrai avec plaisir obtenir sa demande. Signé le colonel de la Ire légion, député, le marquis de Marmier.” Six autres apostilles en marge d’une demande que le réclamant adresse à la Commission des récompenses nationales viennent renforcer, s’il est possible, l’intérêt que la conduite du sieur Moison commande. Toutes les signatures dignes de foi et légalisées. L’obligation de dire Na rien obtenu n’entraîne-t-elle pas l’indignation ? » Il était indiqué sur les fiches de la Commission des réclamants comme étant dans une position aisée. Moison était grenadier au 3e bataillon de la Ire légion de la garde nationale en 1830-1831. Il demeurait 15, rue de Miromesnil en 1830-1831. Archives de Paris VK3 41 in dossier Bontemps, Clément ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations ; Archives de la préfecture de police AA 403.

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