Moiton, Hubert, Alexis, (parfois par erreur Moitou, Hubert, Alexis)
Biographie
Né le 28 décembre 1810 à Paris, fils naturel de Moiton, Alexis, cocher, et de Froideveau, Lucie, cuisinière. Serrurier. Il fut blessé d’un coup de feu reçu à la hanche gauche à l’attaque de l’Hôtel de ville. Il fut admis le 30 juillet à l’hôpital Beaujon. Il reçut un secours de quatre-vingts francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel (mais aucun secours in Archives de Paris VD6 121 n° 2 liasse 7 secours aux combattants). Il fut soigné à la Maison de convalescence de Saint-Cloud, dont il sortit le 18 octobre 1830 ; sa fiche contenait comme observation qu’il avait à sa charge sa mère, âgée de cinquante ans et ajoutait : « Sans instruction. Bonne conduite. Demande un emploi au Muséum. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut un secours de vingt-cinq francs le 3 août, un secours de dix francs le 14 août, un secours de vingt francs le 25 août, un secours de trente-cinq francs le 8 septembre, un secours de vingt-cinq francs le 27 septembre (mais un total de trois cent soixante-dix francs in Archives de Paris VK3 28) jusqu’au 12 octobre puis un secours de cent vingt francs à partir du 12 octobre 1830, un secours de quatre-vingt-dix francs en novembre, un secours de soixante francs en janvier 1831, un secours de quarante francs en février, un secours de soixante francs en mars, un secours de soixante francs en avril, un secours de soixante francs en mai, un secours de vingt-cinq francs en juin 1831 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, et un secours de cent quinze francs de la part de la Commission de secours (à une date indéterminée). Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Moiton sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). La nature de ses blessures était ainsi décrite, le 11 décembre 1830, par le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales : « A été atteinte dans les journées de Juillet d’une blessure par arme à feu de la partie antérieure vers la partie postérieure de la hanche gauche avec atteinte forte à l’os des îles, blessure non encore cicatrisée mais qui ne semble pas devoir entraîner d’incapacité durable dans les mouvements. Est dans le cas des blessures qui ont entraîné une incapacité temporaire (pendant deux ans) et doit être rangé dans la 2e classe. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés et reçut une indemnité versée sur un an (mais c’est sans doute faux puisqu’il est et dans le Bulletin des lois et dans la liste de la commission de souscription et sur les listes de la mairie sur les 2e catégories et aussi in Archives nationales F/1dIII/38 A et F/1dIII/82), donc mettre six cents francs sur deux ans. Il reçut à titre de blessé de la 2e catégorie de la 2e classe (aussi à titre de cas exceptionnel, il est indiqué deux fois sur la même page et il est dans Archives de Paris VK3 26) une indemnité définitive de six cents francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830 ; il reçut (sous le seul nom de Moiton) une autre indemnité, à titre de cas exceptionnel, de la part de la même Commission. Au moment de décerner les décorations, une contestation s’engagea entre certains décorés de Juillet et l’administration ; celle-ci en effet imposa une prestation de serment de fidélité au roi, à la charte et aux lois, qui n’avait pas été prévue initialement. Certains décorés protestèrent contre une telle mesure, plusieurs refusèrent d’aller retirer la décoration, d’autres au contraire la soutinrent. Parmi eux, Moiton, qui signa la Déclaration des citoyens du (ancien) Ier arrondissement, désignés pour la décoration de Juillet, en date du 12 mai 1831 et rédigée comme suit : « Le serment exigé par l’ordonnance du 30 avril dernier est devenu l’objet d’une polémique affligeante, dont le résultat a été de faire naître des doutes pénibles sur les véritables intentions des braves désignés pour la décoration de Juillet. Etre fidèle au roi des Français, garder obéissance à la charte sont des obligations communes à tous les citoyens, s’en affranchir serait un crime : telle est l’opinion des soussignés, qui considèrent comme un devoir de faire la déclaration suivante. L’amour de la patrie, le besoin de résister à l’oppression nous a spontanément fait prendre les armes, ainsi qu’à une foule de généreux citoyens, qui sans illisible et sans s’être concertés ont tous concouru au même but pendant les trois mémorables journées de Juillet. La hache du bourreau nous menaçait tous également ; si nous eussions succombé, elle se fut appesantie sur nos têtes, il fallait vaincre ou mourir. La cause sacrée de la patrie a triomphé mais en plein jour, au brûlant soleil de Juillet, sans avoir jamais conspiré dans l’ombre. Charles X et ses ministres ont été les seuls conspirateurs. Le roi citoyen veut aujourd’hui nous remettre lui-même le signe d’honneur que la nation nous a décerné comme récompense nationale. Nous le recevrons avec reconnaissance des mains royales du chef de l’Etat et nous lui prêterons serment ainsi qu’à la charte. Mais nous ne voudrions pas porter cette honorable décoration si elle devait jamais être considérée comme un signe de ralliement contre l’ordre constitutionnel. Les combattants de Juillet veulent avant tout l’ordre, la paix publique, la liberté et non la licence, la prospérité de la France et la consolidation de toutes nos institutions nationales. Ils se font gloire d’être la légion sacrée de notre jeune royauté et ils en seront toujours les premiers défenseurs parce qu’ils sont convaincus qu’en France maintenant le roi ne veut que ce que veut la loi et que la charte jurée ne cessera jamais d’être une vérité. » (La liste des décorés de la Croix de Juillet du [ancien] Ier arrondissement qui la signèrent était composée de : Godey, Jean-Baptiste ; Truck, Charles, Ferdinand ; Magistel, Antoine, Jean, Louis, Nicolas, Etienne ; Lecocq, Louis, Octave, Amédée ; Guimbal, Guillaume ; Montdidier, François ; Gavier, Louis, Charles ; Boyé, Henri ; Fréchon, Hippolyte, Jean ; Moiton, Alexis ; Blandin, Joseph ; Girard, Jean, Narcisse ; Danse, Charles, Olivier ; Balmet, René ; Lepagnol, Charles, Théodore ; Micheau, George, François ; Poutrait, François, Claude ; Tissandier, Joseph ; Bottet, François, Alexandre ; Viger, Henri, François, Paul ; Bador, Jean, Antoine ; Mocquant, François, Joseph ; Destains, Victor ; Fillias, Pierre, François). Il prêta son serment de décoré de Juillet, le 27 juin 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 27 juin 1831, et son brevet le 16 août de la même année. En 1831, à l’occasion du premier anniversaire des journées de Juillet, il reçut de la Commission de souscription nationale, en tant que blessé et décoré, une indemnité de cinquante francs et un habillement complet. En 1833, il demanda, infructueusement, à entrer aux Invalides, n’étant pas pensionné et sa blessure s’étant rouverte. Il reçut un secours de cent cinquante francs en 1834. En 1835, les renseignements de police pris sur son compte le dirent célibataire, ouvrier cordonnier et tenant une « conduite régulière » ; il reçut, pour cette année, un secours de trente francs. En 1839, il sollicita un faible emploi. Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification de cinq francs et trente centimes, en juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. En 1843, il était limonadier rue de Valois au Palais-Royal mais « tombé dans la plus complète misère par suite d’insuccès dans son commerce, de telle sorte que le propriétaire de la maison qu’il occupe vient de faire saisir et vendre le reste de ses meubles ». Il reçut vingt-cinq francs de secours. En 1852, les mêmes sources de police rapportaient sur son compte : « Malheureux ouvrier serrurier, qui manque de travail depuis plus de six mois. Il demeure rue Roquépine, n° 8, où il est logé par commisération chez sa sœur, qui elle-même ne paraît pas heureuse. C’est un ancien militaire qui a servi dans le 4e régiment de hussards et qui a été réformé par suite d’infirmités. Sans ressources particulières et n’ayant personne de sa famille, qui puisse le secourir, il a contracté quelques dettes. Il ne s’occupe nullement de politique, jouit d’une bonne réputation morale et mérite toute la bienveillance de l’administration. » Il reçut soixante francs de secours en 1852, à tire de décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait 2, rue du Marché-d’Aguesseau, 2, rue du Faubourg-Saint-Honoré en 1830-1831 ; 9, rue de la Pépinière en 1833 ; 39, rue Saint-Nicolas-d’Antin en 1834 ; 12, rue du Rocher, impasse d’Argenteuil en 1835 ; 58, rue des Boucheries en 1837 ; 158, rue Saint-Dominique dans le faubourg Saint-Germain en 1838 ; 9, rue de Beaume dans le faubourg Saint-Germain trois mois en 1839 ; 8, rue Roquépine, en 1851-1852. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 68 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du Ier arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives et liste nominative des cas exceptionnels, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 67 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, liste des blessés indemnitaires, liste des blessés indemnitaires de la 1re classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, où son nom est naturellement rayé, idem liste des blessés indemnitaires de la 2e classe, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1830, idem Etat des sommes payées depuis le 1er septembre jusqu’au 31 octobre 1831 aux blessés de Juillet de la 2e classe, idem Etat des secours accordés pour les mois de septembre et octobre 1831 aux blessés, veuves, orphelins, ascendants sur le fonds de 3 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 31 août 1830, idem Etat des secours accordés pour le mois de septembre 1831 aux blessés, veuves, orphelins, ascendants sur les fonds de 2 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 1er août 1830, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois d’août aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 5 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 29 juin 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois de juillet aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 4 500 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 11 juin 1831, idem Etat nominatif des paiements faits à la mairie du (ancien) Ier arrondissement aux ascendants, veuves, blessés, orphelins, sous-lieutenants depuis le 1er juin jusqu’au 31 août 1831 ; Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 2, (ancien) Ier arrondissement, état des dépenses du 31 juillet au 31 août inclus 1830, idem décompte des paiements faits par la mairie depuis le 1er août 1830 jusqu’au 30 août 1831 aux blessés de Juillet pensionnés par la Commission des récompenses nationales, liasse 3, état des sommes données aux blessés (non soldés), idem liasse 4 (deux documents à son nom de Moiton, Alexis) et une liste de deux pages en date du 31 juillet 1830 et signée Laroche et aussi même référence et même liasse 4, hôpital Beaujon, état des blessés reçus depuis le 27 juillet dernier jusqu’au 16 août 1830 ([ancien] Ier arrondissement, idem liasse 7 liste des secours aux blessés, idem liasse 8 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 ; Archives de Paris VK3 10 ; Archives de Paris VK3 18, Préfecture du département de la Seine, Commission de la souscription nationale, allocations accordées par décision spéciale à des personnes domiciliées dans le (ancien) Ier arrondissement, idem Etat nominatif des blessés de la 2e classe qui ont reçu à la mairie dudit arrondissement sur les fonds de la Souscription nationale, l’indemnité une fois payée qui leur a été attribuée par la Commission, idem (ancien) Ier arrondissement, Ville de Paris, liste des individus blessés, décorés ou médaillés auxquels l’indemnité et l’habillement ou l’indemnité seulement ont été accordés ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (où il est indiqué par erreur comme mort le 25 août à l’hôpital Beaujon) et Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) Ier arrondissement de Paris, état nominatif des cas exceptionnels dont les bulletins individuels ont été remis le 6 décembre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment (il semble signer Moitot), idem même référence Décorations de Juillet (1837) Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont demandé à recevoir l’indemnité accordée par M. le préfet de la Seine à l’occasion du septième anniversaire de Juillet ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien), idem même référence un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates, idem même référence registre de la Souscription nationale, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe, idem même référence un registre de blessés admis à l’indemnité de trois cents francs pendant deux ans ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement (sous le nom de Moiton, Hubert, Alexis) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement (plutôt au nom de Moiton, Alexis mais c’est très mal écrit mais de toute façon le seul prénom c’est Alexis) ; Archives nationales F/1dIII/45 in dossier Blondel ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Goury ; Archives nationales F/1dIII/58 in dossier Heudes ; Archives nationales F/1dIII/67 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ier arrondissement, blessés de 2e classe (sous le nom de Moiton, Hubert, Alexis) et cas exceptionnels (sous le seul nom de Moiton) ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209, idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220 (sous le nom de Moiton, Hubert, Alexis).