Moluçon, Pierre
Biographie
Né le 6 juillet 1798 à Nevers (Nièvre). Teinturier. Il fut blessé. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement mais il était bien inscrit aussi sur le registre des blessés de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 27 janvier 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28, au désarmement du poste de la Grève, a attaqué le premier le détachement du 3e de la garde et a tué un soldat de son coup de pistolet, qui était l’homme de droite ; ce fut vers 11 heures. Au désarmement du poste de la place Maubert à 1 heure. A la rue de la Mortellerie, armé d’un fusil. Avec le général Gerard et les élèves de l’Ecole polytechnique revenu au Louvre pour l’entrée. Entré des premiers au musée, a suivi la galerie des tableaux jusqu’aux Tuileries, où il est entré par cet endroit. A escorté la caisse de Charles X jusqu’à l’Hôtel de ville. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 27 janvier 1831, à aucune voix pour la croix, quatre voix pour la médaille et trois voix pour une mention. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En décembre 1830, il fut nommé, sur proposition de la Commission des récompenses nationales, garde municipal, affecté à la 4e compagnie du 1er bataillon, caserné rue de Tournon. En 1832, il était sergent à la 2e compagnie du 2e bataillon du 40e régiment de ligne, compagnie de la Courtille à Paris. Il épousa Quiff, Marie, Eugénie, le 3 décembre 1835 à la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement de Paris. En 1836, père de deux enfants, teinturier sans ouvrage depuis cinq semaines, sa femme blanchisseuse, il sollicita des secours. La police donna comme renseignement sur le couple qu’ils avaient bonne réputation et qu’ils vivaient dans l’aisance. En 1837, les mêmes sources rapportaient : « Sa position ne paraît pas gênée. […] On fait l’éloge de sa conduite. » Il reçut un secours de quarante francs en 1838. En avril 1839, il reçut, dans les rangs de l’ordre, deux blessures, rue Transnonain et rue Beaubourg. Il reçut deux secours de vingt francs en 1839, un secours de quarante francs en 1841. En 1842, la police rapportait qu’il n’était « point dans une position heureuse. On dit du bien de lui » ; il reçut, pour cette année, un secours de vingt-cinq francs et un autre de quarante francs. En 1843, père de quatre enfants, sa femme enceinte, il sollicita de nouveau des secours et obtint vingt-cinq francs, quarante francs en 1844, et la même somme en 1846. De nouveau vingt-cinq francs et quarante francs en 1847, et quarante francs le 20 juin 1848. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, afin d’obtenir une place de garde-jardin, adressant, le 20 mars 1848, la lettre suivante à la Commission : « […] Ex-sous-officier au 40e de ligne, décoré de Juillet et blessé sans pension, […] a servi sa patrie avec honneur pendant neuf ans et a eu cinq ans le grade de sous-officier. Ayant été blessé en juillet et en avril [1834, N.D.A.], il était à la rue Beaubourg et à la rue Transnonain, ayant toujours été honnête citoyen […]. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions avoir vu le citoyen Moluçon, Pierre dans la rue Beaubourg et y combattre le 13 avril 1834. » Signé, le 4 juillet 1848 : Delange, demeurant 7, rue du Petit-Crucifix ; illisible (Vey ?), demeurant 20, rue de la Calandre ; Husson. Il fut recommandé par la Commission pour une place de surveillant dans une des propriétés nationales. Il était père de quatre enfants, et sa femme malade en 1848. Il mourut du choléra, en 1850, laissant « une veuve et trois enfants, dans une misère affreuse ». Sa veuve toucha deux secours de quarante francs en 1850, à titre de veuve d’un médaillé de Juillet, un secours de soixante francs (mais cinquante francs in Archives de la préfecture de police AA 369, minutes 194-199) en 1851, un secours de cinquante francs en 1852. Il demeurait 2, rue des Anglais en 1831 : 20, rue de Bercy-Saint-Antoine en 1836 ; 3, rue Traversière-Saint-Antoine, un loyer de trois cents francs par an, en 1837 ; 14 bis, même rue en 1842 ; 29, rue Galande de 1843 à 1848 ; la veuve, 92, rue de Lourcine en 1849-1850 ; 101, rue de Lourcine en 1850 ; 1, rue des Lyonnais en 1851 ; 3, rue des Lyonnais en 1852-1854. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la médaille de Juillet du (ancien) VIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 27 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 27 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/67 (sous le nom de Collin, Pierre dit Moluçon) ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 84, idem Proposition d’accorder à cent quarante décorés, blessés et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine des secours s’élevant à la somme de 6.980 francs, minutes 94 à 99, idem Allocation de secours à 59 décorés, blessés, veuves ou orphelin de Juillet 1830, s’élevant ensemble à la somme de 2.770 francs imputable sur le chapitre 25 bis du budget de l’Intérieur, exercice 1850, courrier en date du 31 octobre 1850, minute 136-138, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 403. Il y a bien deux fois Moluçon, Pierre dans les listes des médaillés, est-ce une erreur dans les listes ?