Monceaux, Louis

Biographie


Né le 6 octobre 1791 à Noyen-sur-Sarthe (Sarthe), fils de Monceaux, Pierre et de Leroy, Anne, son épouse. Tisserand. Il fut blessé d’un coup de sabre reçu au genou à la prise du Louvre, le 29 juillet. Sur le dossier, un mot écrit au crayon est ainsi rédigé par un membre de la Commission des récompenses nationales : « M. Monceaux est un homme digne d’intérêt. Il est sorti de chez lui le 28 juillet avec un fusil et il a constamment combattu les 28 et 29. Blessé au genou, d’un coup de sabre, il a été retenu assez longtemps au lit. Cet homme avait une place de porteur de journaux au Globe, il en a été privé par suite de ses blessures parce qu’il ne pouvait pas faire le service. Il a une femme malade et qui ne peut pas beaucoup travailler. Ce sont des braves gens, forts aimés des locataires de la maison dans laquelle ils sont portiers. Il serait peut-être bien de faire accorder une place à Monceaux. Il demande un emploi aux barrières. » Il reçut quatre-vingt-dix francs en septembre sur les listes du Constitutionnel. Il mourut, le 14 octobre 1830, d’une gastro-entérite et d’une affection de poitrine. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Le 10 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIe arrondissement, comparurent : Vergnon, Pierre, propriétaire, demeurant 7, quai de la Cité ; Demont, Alphonse, négociant, demeurant 7, quai de la Cité ; Cazaubon, Simon, Prudence (voir ce nom), capitaine d’infanterie, demeurant 7, quai de la Cité. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Monceaux, Louis et savoir « que dans la journée du 29 juillet dernier il est sorti de chez lui pour aller se battre et qu’étant rentré entre 5 et 6 heures du soir, il leur a dit qu’il s’était battu aux Tuileries et avait été blessé ; qu’en effet il leur a montré une blessure faite par une épée et qu’elle lui avait traversé la partie extérieure de la cuisse ; qu’il avait également au pied de la même cuisse une seconde blessure qu’ils ont vue et qui paraissait provenir de la même arme ; qu’il est resté chez lui plusieurs jours sans sortir ni pouvoir vaquer à ses travaux ; qu’il les a repris quelque temps après mais avec beaucoup de difficultés et d’une manière très imparfaite ; qu’enfin il est retombé malade dans les premiers jours du mois d’octobre ; qu’il est décédé le 14 du même mois, sans qu’ils puissent assurer quelle est la cause de son décès ». La Commission des récompenses nationales rejeta la demande de pension présentée par la veuve, Guibert, Louise, Catherine, Marguerite, née le 20 septembre 1790 (bien le 20 septembre 1790 dans son acte de naissance et dans son acte de mariage ; mais le 20 novembre 1790 in Archives nationales F/1dIII/36) aussi à Noyen, portière. Une lettre – peut-être calomnieuse – adressée à un membre de la Commission des récompenses nationales dénonçait la veuve de Monceaux comme ayant usurpé pour son mari les titres de blessé et de combattant : « Elle a déclaré que son mari était mort des blessures qu’il avait reçues au mois de juillet dernier, ce qui est très faux puisqu’il n’est sorti de chez lui que le 29, lorsque nous étions maîtres des Tuileries, où il s’est rendu et est descendu dans les caves et s’y est enivré. Il en a même rapporté deux bouteilles de vin de champagne. L’état d’ivresse dans lequel il se trouvait l’ayant obligé de se mettre au lit, ce ne fut que le lendemain qu’il s’avisa de dire qu’il avait été blessé ; mais cette blessure n’était autre chose qu’une légère entaille à la cuisse, provenant d’un coup de bouteille cassée, qu’il aurait reçu, sans doute dans une querelle dans le genre de celles qui s’élèvent ordinairement entre des personnes ivres. Mais cet accident n’est certainement pas la cause de sa mort. La vérité est qu’il est tombé malade d’une fluxion de poitrine, le 4 octobre dernier, et en est mort le 15 du même mois. Madame Monceaux s’est vantée qu’on était venu aux enquêtes, que l’on avait bien répondu pour elle. Eh bien monsieur, je vous déclare que les personnes qui ont témoigné pour elle ont été trompées ou ont parlé contre leur conscience. On ne doit pas avoir plus de confiance dans le certificat qu’elle a présenté ; elle ne l’a obtenu que par ses instances et ses pleurs de monsieur Gotté, pharmacien rue Montorgueil près la halle au poisson. Elle a déclaré aussi que c’était M. Gotté qui avait soigné son mari pendant sa maladie, ce qui n’est pas plus vrai que le reste puisque monsieur Gotté ne sut la mort de M. Monceaux que lorsqu’il vit sa veuve en deuil, à laquelle il dit que si elle ne réussissait auprès de vous, il lui ferait une pétition pour présenter au roi. Le médecin qui a soigné son mari est monsieur Montaseau, quai Saint-Michel, n° 1. Je vous informerai également, monsieur, que la veuve Monceaux a reçu trois cents francs à la mort de son mari d’une société de secours dont il était membre et dont monsieur Montaseau est le médecin. » La veuve citait deux témoins de la conduite de son mari, Mousse, greffier à la Cour des comptes, et Chatet, employé à l’assurance royale contre l’incendie, demeurant tous deux 7, quai de la Cité. Elle avait reçu vingt francs auprès de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Les époux Monceaux s’étaient mariés le 19 février 1813 à Noyen-sur-Sarthe ; sur l’acte de mariage, Monceaux, Louis est indiqué comme le fils de feu Monceaux, Pierre et de Leroy, Anne, Guibert, Louise, Catherine, Marguerite est indiquée comme la fille de Guibert, Louis, domestique meunier, et de Dalivoux, Marguerite, son épouse. Monceaux demeurait 7, quai de la Cité en 1830 ; sa veuve, même adresse en 1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées depuis le 10 mars jusques et y compris le 31 mai 1831 aux veuves du (ancien) IXe arrondissement de Paris ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées, état des (206) citoyens qui quoique non blessés dans les journées de Juillet ont prétendu au bénéfice des articles 5 et 6 de la loi du 13 décembre ; Archives nationales F/1dIII/67.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Un instant ...

Serveur occupé, tentative de reconnexion dans secondes.

Veuillez recharger la page.

Session mise en pause par le serveur.

Veuillez recharger la page.