Mongin, Léger, François

Biographie


Né le 6 messidor an III (mais le 7 messidor an III in Archives nationales F/1dIII/37 et in Archives nationales F/1dIII/38 A) (24 juin 1795) à Paris. Ancien caporal au 45e de ligne, compromis dans la conspiration des sergents de La Rochelle, devenu tourneur. Il fut blessé au bras et à la jambe gauche. Il adressa à la Commission des récompenses nationales le récit suivant de sa participation aux combats : « Le mardi 27, je fus vers 4 heures après-midi, dans la rue Saint-Honoré, près le Palais-Royal. Là, je me trouvai dans une foule assez nombreuse mais sans armes. Repoussé par la gendarmerie, je reçus sur les 6 heures un coup de crosse de fusil au bas des reins. A ce moment, près de moi, un particulier fut abattu à coups de sabre par un gendarme à cheval. Le mercredi 28, je me rendis à 7 heures du matin près du Palais-Royal. La foule vers 9 heures devint beaucoup plus nombreuse que la veille mais encore sans armes. La garde royale nous poursuivit jusqu’au boulevard. Ce jour, je parvins à m’armer d’un fusil et d’un sabre. Le lendemain 29, je me rendis entre 7 et 8 heures vers le Louvre, où je me suis battu jusqu’à 11 heures, après avoir usé vingt-deux cartouches dont je m’étais pourvu. Je fus blessé d’un coup de sabre au bras gauche par un Suisse non loin de la grande porte, qui descendait du palais avec d’autres des siens qui fuyaient. Ma blessure ne m’ayant pas abattu, je revins au Palais-Royal avec mes armes. Me trouvant à une grille du jardin, qui était fermée, avec beaucoup d’autres qui voulaient l’enfoncer pour pénétrer dans l’intérieur, à ce moment, je reçus une balle à la jambe gauche, qui me mit hors de combat. Je me mis en route pour me retourner chez moi, en marchant très péniblement. Je fus rencontré par un monsieur, qui m’offrit de me panser mes blessures. En m’aidant à marcher, il m’emmena chez lui, rue du Monceau-Saint-Gervais, n° 10, où il me pansa et m’a soigné jusqu’à parfaite guérison, sans rétribution. Ce médecin, M. Gindre, médecin, demeurant maintenant rue Saint-Apolline, n° 4. En rentrant chez moi, ma femme enceinte de quatre mois eut une telle frayeur en me voyant en cet état qu’elle fit une fausse couche trois jours après, dont j’ai preuve et j’observe que je suis père de deux enfants en bas âge. Mon certificat et mes cicatrices attestent la vérité du contenu de la présente. » Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Ancien sous-officier au 45e régiment, fut compris dans la conspiration de La Rochelle. Le 27, il fit partie des rassemblements du Palais-Royal et de la rue Saint-Honoré, où il reçut un coup de crosse. Le 28, a fait partie des mêmes rassemblements et parvint à s’armer vers la fin du jour. Le 29, à l’attaque du Louvre, fut blessé d’un coup de sabre au bras gauche par un Suisse qui fuyait. Malgré cette blessure, il fut encore combattre au Palais-Royal, où il fut blessé d’un coup de feu à la jambe gauche, qui le mit hors de combat. Il est père de deux enfants et sa femme était enceinte lors des événements. Il fit la campagne de Rambouillet. A La Trappe, un coup de feu tiré à travers la voiture dans laquelle il était lui a brûlé la figure. » Sa femme enceinte et père de deux enfants, il reçut (sous le nom de Mongin, François) un secours de quatre-vingts francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un secours de vingt-cinq francs, le 13 août, un secours de cinquante francs, le 9 septembre, à la mairie du (ancien) VIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement (par exemple sur la couverture de son dossier in Archives nationales F/1dIII/67) et aussi du (ancien) XIIe arrondissement. Il reçut un secours de cinquante francs, le 6 avril 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 28 décembre 1830, à sept voix pour la croix, aucune voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il fut admis, dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés, par décision du jury médical de la Commission des récompenses nationales, en date du 25 juillet 1831 et reçut une indemnité de six cents francs sur deux ans. Il reçut (sous le seul nom de Mongin), à ce même titre, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il fut incorporé dans la 2e compagnie du 1er bataillon de la garde municipale de Paris et caserné rue de Tournon. En 1841, sa femme était malade et ne pouvait travailler, lui-même était sergent à la 3e compagnie des sous-officiers vétérans, ouvrier tabletier et père de cinq enfants. « On dit du bien de lui dans son quartier et les renseignements obtenus sur l’ensemble de sa conduite ne laissent rien à désirer. Il ne s’occupe aucunement de politique », rapportait la police. Il reçut un secours de vingt-cinq francs et un autre de quarante francs en 1841, un secours de vingt-cinq francs en 1842, de la même somme en 1843, un de quarante francs et un autre de vingt-cinq francs en 1844, des mêmes sommes en 1845, de vingt-cinq francs en 1846, de quarante francs et de vingt-cinq francs en 1847. En 1849, il était en garnison à Melun. Il reçut un secours de soixante francs en 1849, à titre de décoré de la Croix de Juillet, de cinquante francs en 1850, à titre de décoré de la Croix de Juillet, deux secours de cinquante francs en 1851. En 1852, il faisait toujours partie de la 3e compagnie des sous-officiers vétérans et était caserné à Bar-le-Duc. Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, et un autre de la même somme en 1854, au titre de décoré de la Croix de Juillet. En 1857, pensionné de cinq cent soixante-six francs, plus un franc par jour, il était homme de peine. « Cet ancien militaire a de beaux états de service et sa conduite morale et politique ne donne lieu à aucune remarque défavorable », rapportait toujours la police. Il reçut un secours de cinquante francs en 1852 et de nouveau cinquante francs en 1854, au titre de décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait 7, rue de Ménilmontant en 1830 ; à la caserne de la rue de Tournon en 1831 ; 29, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève en 1841 ; caserné à Melun et sa femme et ses fils 22, rue Poliveau-Saint-Marcel de 1843 à 1847 ; 2, rue des Singes, quartier des Blancs-Manteaux de 1849 à 1852 ; 8, rue des Pilliers-aux-Potiers-d’Etain, chez M. Lambert, en 1851 ; 10, rue des Pilliers-aux-Potiers-d’Etain, chez M. Lambert, en 1852 ; à Bar-le-Duc en 1852 ; 1, rue Coquillière et 14, rue de Normandie en 1854. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 67 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 89 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, III, Enregistrement des bons délivrés par MM. les membres de la Commission des blessés, contenant autorisation de délivrer des secours aux veuves, orphelins et blessés, sur le fonds de dix mille francs reçu à cet effet de la préfecture par M. Caius, maire du (ancien) VIe arrondissement et sur les souscriptions déposées entre les mains de M. Grondard, trésorier (sous le nom de Mongin, François), idem même référence VII Répartition des fonds de la souscription nationale ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le nom de Mongin, François, Léger) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 Commission des récompenses nationales, jury médical et dossier Décorations (sous le nom de Mongin, François, Léger) ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 28 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, propositions honorifiques du 20 janvier 1831, idem un feuillet intitulé Individus qui se sont présentés sans dossier ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/67 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIIe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, projet d’accorder à 289 décorés, médaillés, blessés, combattants de Juillet et veuves, etc., rapport approuvé le 26 avril 1849, minute 21 et suivantes, idem minute 26 et suivantes, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem Proposition, en date du 18 juin 1850, d’accorder à 194 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant à la somme de 10.390 francs, minutes 110-116 (sous le nom de Mongin, François, Léger), idem, Proposition, en date du 6 mai 1851, d’accorder à 153 décorés, médaillés, veuves, combattants et orphelins de Juillet 1830, des secours s’élevant à la somme de 8.025 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 181-184 (sous le nom de Mongin, François, Léger), idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209 (sous le nom de Mongin, François, Léger), idem Proposition d’accorder à 91 décorés et veuves de blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 4.970 francs minutes 243-246, en date du 20 novembre 1852 (sous le nom de Mongin, François, Léger),.

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