Monicault de, Joseph, Charles, Eugène

Biographie


Né le 8 janvier 1810 à Lyon (Rhône). Elève de l’Ecole polytechnique. Selon le rapport que fit Lannoy (voir Lannoy Raignault de, Camille, François), autre élève de la même Ecole et choisi pour établir les droits de chacun des élèves à une récompense honorifique, en fonction de la part prise aux combats de Juillet, et cette part prise en uniforme ou en habits bourgeois, Monicault ne semblait pas avoir participé aux événements de Juillet au point d’être récompensé par une quelconque distinction honorifique. Le 19 avril 1831, le commandant en second de l’Ecole polytechnique rapportait sur lui qu’il faisait partie d’une « liste nominative de ceux des élèves de l’Ecole polytechnique qui, n’ayant pas été désignés par les quatre [Baduel, Bosquet, Solignac et Gavaret, membres de la sous-commission chargée d’examiner les droits à une récompense honorifique pour chacun des élèves encore présents à l’Ecole polytechnique en 1831, N.D.A.] que vous avez entendus dernièrement, m’ont cependant déclaré avoir pris une part plus ou moins active aux événements de juillet 1830. J’ai la conviction qu’un plus grand nombre a concouru à ces événements mais que, par une modestie honorable, ils n’en veulent tirer vanité ni recevoir récompense ou même éloge. Je doute même beaucoup que tous ceux cités d’autre part se rendent, ainsi qu’ils y ont été invités devant la Commission réunie à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement M. de Monicault, qui n’a pas voulu être porté sur cette liste, a cependant rendu d’excellents services et a contribué à sauver, au palais des Tuileries, un grand nombre d’objets précieux ». Selon la chronique de l’époque, il aurait en effet contribué, conjointement avec Chasles, Eugène (voir ce nom), à sauver « l’argenterie et les vases sacrés du château » (Voir la lettre de Beaufils, Pierre, Philippe, qui s’inscrit en faux quant aux vases sacrés). Monicault adressa cependant la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales, pour rapporter la participation qu’il avait prise à la révolution : « Ne m’étant pas trouvé au fort de la mêlée au mois de juillet, je pensais que je ne devais pas vous faire mention de la conduite que j’ai tenue au moment de la révolution, mais plusieurs de mes camarades m’ayant informé que vous désiriez connaître les services que chacun de nous pouvait avoir rendu, j’ai l’honneur de vous envoyer la déclaration ci-jointe. Le 29 juillet, je me trouvai en uniforme aux Tuileries, quelque temps après que l’on s’en était emparé et je tâchai, par mes exhortations à empêcher les désordres qui s’y commettaient. Je parvins, sur les 5 heures seulement, à faire évacuer les divers appartements qui sont compris entre l’horloge et la rue de Rivoli. Pendant ce temps, je cherchai à mettre à l’abri d’un coup de main les trésors qui se trouvaient dans ce palais et je fis transporter, le soir, au poste central de la Bourse, l’argenterie de la duchesse de Berry et les vases précieux que je trouvai. Une quarantaine d’hommes me servirent à exécuter ce transport. Le 30 juillet, je restai à la Bourse, où j’organisai les troupes en compagnies et en divisions ; je fis établir plusieurs postes dans le quartier. Le 31, on m’enjoignit du quartier général de l’Hôtel de ville de me rendre à Saint-Cloud pour m’en emparer. Je partis à l’instant même avec deux cent cinquante hommes et j’y arrivai avec ma troupe en bon ordre ; mais il y avait un instant que Charles X et ses gardes en étaient partis. Je fis entrer mes hommes dans la première cour, j’établis différents postes et je fis évacuer toutes les personnes qui commençaient à dévaster cette habitation. Une fois la tranquillité établie à l’intérieur, je fis plusieurs patrouilles à l’extérieur. Le 1er août, je retournai à Paris avec une partie de ma troupe, je laissai l’autre pour la garde de Saint-Cloud et je revins à l’Hôtel de ville. Je me rendis au Palais-Royal, où l’on eut besoin de moi pour organiser la compagnie d’ouvriers qui devaient former la garde du lieutenant-général. J’y restai plusieurs jours, en établissant les postes nécessaires pour le maintien de l’ordre du quartier. Le 4 août, je fus choisi pour faire le service d’officier d’ordonnance auprès du lieutenant-général. Je partis à 9 heures du soir, à franc étrier, pour Cognères, avec des ordres pour le général Pajol. Je repartis à 2 heures du matin pour Paris, où j’arrivais sur les 5 heures, en annonçant la première nouvelle de la reddition des diamants de la couronne (sic). Je retournai ensuite au Palais-Royal auprès de ma petite troupe. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça à aucune voix pour la croix, une voix pour la médaille et cinq voix pour une mention. Bouché, Adolphe présenta à la Société des réclamants un certificat dans lequel était mentionné le fait qu’il avait monté la garde à la Bourse sous le commandement de Langlier (voir Lenglier) et de Monicault, élèves de l’Ecole polytechnique ; ce certificat était ainsi rédigé, à la date du 30 août 1830 : « Je, soussigné, élève de l’Ecole polytechnique, certifie conforme à la vérité le dernier paragraphe concernant l’expédition de Saint-Cloud, où M. Bouché m’a aidé à rétablir l’ordre, en conservant fidèlement un poste que je lui avais confié. Je certifie de plus qu’il s’est conduit en brave et loyal citoyen au poste de la Bourse, où il est resté pendant trois jours. » Il signa, le 29 avril 1831, le certificat suivant en faveur de Ricot, Antoine, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, élève de l’Ecole polytechnique, certifie avoir vu, aux Tuileries le 29 juillet, M. Ricot et que là il m’a aidé à rétablir l’ordre et à préserver d’un coup de main des vases précieux et l’argenterie de la duchesse de Berry. Je certifie en outre que le 30 juillet il est resté au poste de la Bourse et qu’il a contribué au maintien de la tranquillité dans le quartier. » Il fut, par ordonnance royale, en date du 22 novembre 1831, admis dans l’artillerie de terre, en qualité d’élève sous-lieutenant à l’Ecole d’application de l’artillerie et du génie à Metz. Le Constitutionnel, 5 août 1830 ; Histoire de la révolution des 27, 28 et 29 juillet 1830, Fayot, tome premier, Paris, Hocquart jeune éditeur, 1830, p. 163 ; Les Enfans de Paris ou les Petits Patriotes, scènes de courage, de présence desprit, de magnanimité, de grandeur dâme et de désintéressement de la jeunesse parisienne pendant les journées des 27, 28, 29 juillet 1830, A. de Saintes, chez Nepveu libraire, et Eymery, Fruger et Cie, libraires, Paris, 1831, p. 78 ; Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusquau 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 212 ; Archives de Paris VK3 17, Témoignages, rapports, notes sur les élèves de l’Ecole polytechnique (lettre de Monicault et rapport de Lannoy) ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de la préfecture de police AA 374 in dossier Bouché, Adolphe ; Archives de la préfecture de police AA 411 in dossier Ricot, Antoine ; Journal militaire officiel, n° 45 bis, année 1831, p. 249.

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