Monier, Mathieu
Biographie
Né le 24 mars 1799 à Beaumont (Haute-Loire). Charbonnier. Il combattit les 27 et 28 juillet avant de recevoir des coups de crosse de fusil dans la poitrine, rue Saint-Antoine au coin de celle de Jouy (mais rue Geoffroy-Lasnier in Archives de Paris VK3 35), le 28. Sa femme malade, il reçut un secours de soixante-quinze francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut (sous le nom de Monnier, Mathieu) un total de deux cent soixante-huit francs et cinquante centimes de secours auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Ce premier certificat médical constatait les conséquences des coups qu’il avait reçus : « Je, soussigné, Bialé, chirurgien de la faculté de médecine de Paris, rue Mouffetard n° 103, certifie que le nommé Mathieu Monier, âgé de trente ans, demeurant rue Mouffetard n° 197, est tombé malade d’un catarrhe pulmonaire aigu à la suite des fatigues et de coups reçus sur la poitrine pendant les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier. Sur les soins de l’art que je lui ai donnés depuis l’époque précitée jusqu’à ce jour, je lui ai délivré le présent certificat pour rendre hommage à la vérité. » Signé, le 13 septembre 1830 : Bialé, chirurgien, demeurant 103, rue Mouffetard. Il fut soigné à l’hôpital de La Pitié. Il mourut le 22 avril 1831, sans avoir quitté le lit depuis juillet. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le certificat médical suivant tenta d’éclaircir les circonstances de son décès : « Je, soussigné, Bialé, chirurgien, rue Mouffetard n° 103, certifie que dans les premiers jours du mois d’août 1830 avoir donné les soins de l’art au sieur Mathieu Monier pour des coups reçus sur la partie antérieure de la poitrine dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier. Par suite desdits coups et de l’échauffement que le susnommé éprouva pendant ces journées il en résulta une hémoptysie assez abondante, qui durant quelques jours. Par suite il en résulta une toux avec expectoration abondante, qui le conduisit à une phtisie pulmonaire, à la suite de ladite maladie le susnommé a succombé le 22 avril dernier. » Signé, le 20 juin 1831 : Bialé, chirurgien, demeurant 103, rue Mouffetard. Le 11 juin 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Piault, Marie, Pierre, Toussaint (voir ce nom), marchand de vin, né vers 1782, demeurant 126, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Mourette, Pierre, Denis (voir ce nom), né vers 1800, cordonnier, demeurant 2, rue Neuve-de-Bretagne ; Hérard-Devilliers, Marie, Aimé, Denis, fabricant de lampes, demeurant 6, rue des Filles-du-Calvaire. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Monier, Mathieu et « savoir qu’il a combattu dans les journées des 27 et 28 juillet dernier, qu’il a été blessé le 28 de coups de crosse de fusil dans poitrine, rue Saint-Antoine au coin de la rue de Jouy, qu’il n’a pas quitté le lit depuis ses blessures et qu’il a succombé le 22 avril dernier ». La Commission des récompenses nationales rejeta, en date du 14 juillet 1831 et dans ces termes, la demande de pension présentée par la veuve : « Après avoir pris connaissance de plusieurs certificats du chirurgien Bialé et d’un acte de décès extrait des registres de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et constatant que le sieur Monier est mort le 22 avril 1831, il ne nous a pas paru établi que la phtisie à laquelle le sieur Monier a succombé dût être considérée comme une suite des coups reçus dans les journées de juillet 1830. » La veuve se nommait Lamy, Adélaïde, Jeanne, née le 25 mai 1809 à Paris. Il demeurait 197, rue Mouffetard en 1830 (199, rue Mouffetard in Archives nationales F/1dIII/37, in Archives de Paris VK3 35 et sur un certificat aux Archives nationales et sur les listes du Constitutionnel) ; 103, même rue en janvier 1831, puis 199, puis 39, rue d’Orléans-Saint-Marcel en 1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Archives de Paris VK3 35, liste des blessés du (ancien) XIIe arrondissement qui se sont présentés devant le jury d’habillement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/67.