Monin, Alexandre

Biographie


Vérificateur en bâtiment. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Xe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que M. Monin, toiseur-vérificateur, rue Malar n° 6 (Gros Caillou), s’est montré partout où il y avait du danger dans les journées des 28 et 29 juillet 1830, notamment à la prise de la caserne de Babylone, où il est entré un des premiers après être resté constamment depuis le commencement de l’affaire jusqu’à la fin près de la pièce de canon à l’entrée de la rue Traverse à découvert et faisant feu sur les Suisses. » Signé le 1er août 1830 : Prevost (voir Prevost, Marie), serrurier, demeurant 30, rue de Varennes, « blessé et maintenant décoré de Juillet » était-il précisé au crayon à papier ; Daubin (voir Daubin, Jean-Baptiste), sergent à la 1re compagnie du 1er bataillon de la Xe légion de la garde nationale. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que le sieur Monin était près de moi quand je fus blessé rue Traverse, à la prise de la caserne de Babylone, à côté de la pièce de canon. » Signé : Poinsard (voir Poinsard, Charles), demeurant 29, rue de Bourgogne, « blessé et maintenant décoré de Juillet » était-il précisé au crayon à papier. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « J’ai vu M. Monin à la caserne de Babylone se distinguer d’une manière digne du plus grand éloge. Il a prouvé qu’il se rappelait d’avoir servi avec honneur sous nos anciennes couleurs et il a rendu de grands services pendant et après l’action aux blessés. » Signé : Matis (voir Matis, Jean, Sébastien), demeurant 9, rue Traverse. Le quatrième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions à tous qu’il appartiendra que M. Monin, garde national urbain, rue Malar n° 6, était de garde avec nous au poste de l’hôpital militaire du Gros Caillou le 6 du courant, où se trouvait aussi de la garde nationale mobile et que son fusil lui a été volé au râtelier d’armes et qu’il avait le fusil d’un sous-officier suisse, qu’il a tué à la caserne de Babylone. » Signé, le 10 août 1830 : Lesueur, caporal provisoire ; illisible, marchand de vins, demeurant 62, rue Saint-Dominique ; Soniard illisible, sergent-major des grenadiers ; Montigny, directeur de l’hôpital du Gros Caillou, qui attestait de plus que Monin avait « protégé l’entrée à l’hôpital, avec autant de zèle que d’humanité, de plusieurs blessés ». Il signa la lettre envoyée, le 20 mai 1832, par Matis (voir Matis, Jean, Sébastien), délégué par les réclamants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement (voir Benard de Courtigis pour la Commission des réclamants), au ministre de l’Intérieur. Cette lettre reprenait certaines des réclamations que formulèrent des combattants de Juillet sur les répartitions qui furent faites des décorations, pensions et secours après la révolution. Elle présentait aussi les signataires, à la différence de beaucoup d’autres réclamants, comme des soutiens indéfectibles au trône de Louis-Philippe. Cette lettre était ainsi rédigée (la rédaction hasardeuse est respectée, N.D.A.) : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ont l’honneur de vous exposer que n’ayant point reçu de réponse à leur mémoire adressé unanimement par les membres de la Chambre des députés à M. le ministre de l’Intérieur (votre prédécesseur) (voir Benard de Courtigis sur l’envoi de la pétition de la Commission des réclamants à la Chambre des députés et son adoption à l’unanimité par celle-ci, N.D.A.), qui avait pour objet le mérite de leur réclamation appuyée par le droit qu’ils ont dans la loi sur les récompenses nationales, protestent avec le sentiment de l’indignation contre l’infâme conduite des intrigants, qui se précipitent dans toutes les révolutions où ils ne trouvent leur avenir que dans le meurtre et le pillage. Ils ne doutent pas que les ennemis de l’ordre et de la paix sont les causes immédiates du silence de l’autorité, qui s’est trouvée offensée que dans le travail qui lui a été présenté les noms de quelques-uns de ces vagabonds s’y trouvent insérés, comme ayant bravement combattu dans les trois jours. Les vrais combattants de Juillet éprouvent le besoin, monsieur le ministre, de repousser de leurs rangs ces perturbateurs et, par cette épuration, il ne sera présenté à l’autorité que les noms des combattants du (ancien) Xe arrondissement dont l’homogénéité de leurs principes et leurs opinions seront une garantie de leur dévouement pour le roi des Français. En conséquence, nous avons nommé et nommons M. Matis, rue Traverse n° 9, faubourg Saint-Germain, notre commissaire, afin de suivre devant l’autorité le mérite de nos réclamations, son attachement invariable au gouvernement et ses louables opinions étant bien connues, c’est à ces titres qu’il a toute notre confiance et qu’il mérite celle du gouvernement, que nous le prions de ne recevoir au bas de la présente que les signatures des combattants qui professent les opinions susmentionnées, comme étant à même par ses investigations pleines de jugement et de sagacité de pouvoir séparer l’ivraie du bon grain. D’après cette épuration, nous vous supplions, M. le ministre, de vouloir bien ordonner que tous les dossiers des signataires de la présente soient déposés entre les mains de M. le maire du (ancien) Xe arrondissement, où un commissaire nommé par le gouvernement appréciera tous les services que nous avons rendus qui ont été méconnus par la Commission des récompenses nationales, soit par erreur ou par omission. Ce préjudice a augmenté l’infortune des gens qui méritaient des secours viagers et l’affliction des autres de ce que la loi avait reconnu des catégories, dont on a fait un déplorable abus, les décorés de la médaille qui demandent la croix justifient par leurs dossiers qu’ils ont été plus longtemps exposés au feu de l’ennemi et blessés plus gravement dans la même affaire que ceux qui ont obtenu la croix. Nous demeurons dans la conviction la plus profonde, monsieur le ministre, que la Croix de Juillet ne peut être honorable que lorsqu’elle sera portée par le roi des Français et que son éclat ne peut être durable que lorsqu’elle sera donnée par son auguste main, qui daignera recevoir nos serments de fidélité, de courage et de dévouement qui entoureront le trône impérissable. » L’apostille suivante était placée au début de la lettre : « Les combattants de Juillet du (ancien) Xe arrondissement, interprètes fidèles de leurs compagnons d’armes des autres arrondissements, qui comme eux combattirent franchement pour la Charte et le principe constitutionnel, désirent ardemment que Louis-Philippe, roi des Français qu’ils ont porté de leurs vœux sur le trône national, veuille bien daigner accepter l’ordre de la Croix de Juillet, qui ne peut avoir de mérite et d’éclat que sur la poitrine de l’auguste personne de Sa Majesté. » En 1832, il était garde national au 2e bataillon de la Xe légion. Il demeurait 6, rue Malar au Gros Caillou en 1831 ; 18, rue de Varennes en 1832. Archives nationales F/1dIII/82, lettre en date du 20 mai 1832 envoyée par Matis (sous le seul nom de Monin) ; Archives de la préfecture de police AA 403.

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