Monnier ou Monyer, Louis

Biographie


Né vers 1792 à Rennes (Ille-et-Vilaine). Ancien militaire de l’Empire, concierge aux écuries du roi. Il fut tué pendant l’assaut par le peuple, le 29 juillet (mais mourut après son transfert à lhospice Beaujon in Archives de Paris VK3 26 et in Archives de Paris DM13 1). Des témoignages contradictoires établirent différemment les circonstances de sa mort. Selon le commissaire de police du quartier des Champs-Elysées, « au moment de l’attaque des écuries de Ponthieu, Monnier était monté sur le mur de face du faubourg du Roule. De là, il a tiré plusieurs coups de fusil sur les assaillants. Il est ensuite descendu de ce mur et s’est porté dans le corps de bâtiments des pages et s’est placé à la fenêtre du premier, son fusil dans les mains, attendant que le peuple pénétrât. C’est dans cette position qu’il a été tué par un homme qui était en haut de la maison en face, qui l’examinait et qui l’a ajusté. Telle est l’exacte vérité ». D’autres témoignages rapportèrent que Monnier était d’opinion libérale voire même exagérée et qu’il ne s’agissait que d’un accident. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le 28 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ier arrondissement, comparurent : Roussel, Henry, François, Michel (voir ce nom), né vers 1800, serrurier, demeurant 12, rue Montaigne ; Leclerq, François, Frédéric, né vers 1791, marchand de vin, demeurant 26, rue du Faubourg-du-Roule ; Devicque, Denis, Jean, né vers 1781, fabricant cordier, demeurant 36, rue du Faubourg-du-Roule ; Baussire, Antoine, né vers 1797, pâtissier, demeurant 40, rue du Faubourg-du-Roule. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Monnier « et savoir qu’il a été atteint d’un coup de feu qui lui a traversé le côté gauche de la poitrine, le 29 juillet dernier lors de l’attaque des écuries de l’ex-roi Charles X et qu’ayant été transporté immédiatement à l’hospice Beaujon il y est mort quelques minutes après, laissant une veuve et trois enfants en bas âge et sans fortune ». Le 11 juillet 1831, le commissaire de police chargé du quartier des Champs-Elysées fit le rapport suivant, relativement à éclairer la Commission des récompenses nationales sur les circonstances dans lesquelles Monnier avait été tué : « […] Le sieur Laurent, Pierre, Denis, graveur, demeurant rue des Boucheries-Saint-Germain n° 52, déclare : “Je demeurais lors des affaires de juillet dernier rue de Courcelles n° 2 bis. J’ai entendu parler à cette époque de la mort d’un sieur Monnier, concierge aux écuries de l’ex-roi ; je demandai comment il avait été tué ; on me répondit que c’était en regardant par une croisée, pour voir ce qui se passait dans la rue. Je n’ai rien vu, uniquement je ne puis dire si Monnier s’est battu contre le peuple, je dois dire qu’il n’a même pas été question de ce dernier fait en ce moment.” Le sieur Caylat, Louis, Bertrand, sous-officier vétéran à la 3e compagnie caserné au Jardin des plantes déclare : “Le sieur Monnier, concierge des écuries de l’ex-roi était mon gendre. Lors des affaires de Juillet, j’étais logé dans une maison allée des Veuves. Le 29 juillet, on vint me prévenir que mon gendre venait d’être tué dans la maison ; je m’y rendis aussitôt mais il venait d’être transporté à l’hôpital Beaujon, où il était décédé par suite d’une balle qui lui avait traversé le corps. J’appris qu’il avait été tué en montant l’escalier qui conduisait au logement du sieur Brisot, où il se rendait probablement pour retourner chez lui. Bien que mon gendre fût employé dans une maison royale, je puis affirmer que ses opinions étaient très libérales.” Le sieur Baptifolier, Pierre, artiste vétérinaire, demeurant rue du Colisée, n° 11, déclare : “J’ai connu parfaitement le sieur Monnier, concierge aux écuries de l’ex-roi, je n’ai jamais entendu dire que du bien de cet homme. Lorsque j’ai appris sa mort, je n’en ai pas connu précisément les détails mais j’ai toujours pensé qu’il avait été tué accidentellement et était incapable de se battre avec des hommes de l’opinion desquels il était toujours.” Le sieur Devicque, Jean, fabricant cordier, demeurant rue du Faubourg-du-Roule n° 36, déclare : “J’ai longtemps connu le sieur Monnier, qui était concierge aux écuries de l’ex-roi ; cet homme professait des opinions très libérales ; quant aux causes qui ont précédé sa mort je la crois accidentelle et jamais à ma connaissance, bien que très voisins, je n’ai entendu dire qu’il eût tiré sur le peuple.” Loberat, Antoine, épicier, demeurant rue du Faubourg-du-Roule n° 34, déclare : “Voisin et établi en face les écuries de l’ex-roi, je n’ai jamais entendu dire que le sieur Monnier, qui était concierge de ces écuries, eût tiré sur le peuple. J’ai personnellement connu le sieur Monnier et je dois à la vérité de dire que ses opinions politiques, bien qu’employé dans une maison royale, étaient extrêmement libérales.” Le sieur Roussel, Henry, François, Michel, propriétaire, demeurant rue Montaigne n° 12, déclare : “J’ai connu pendant plus de quinze ans le sieur Monnier, qui était concierge aux écuries de l’ex-roi, place qu’il avait obtenue à sa sortie du service militaire. J’ai été à même d’apprécier ses sentiments politiques et je dois à la vérité de dire qu’ils étaient entièrement libéraux. Le 29 juillet dernier, j’était à la tête des citoyens du quartier, sous les armes pour protéger l’ordre public ; je me suis rendu aux écuries peu d’instants après la mort de Monnier ; j’ai appris que cet événement était tout à fait accidentel et qu’il avait été tué en se rendant chez son chef, le sieur Brizon, qui le faisait demander. Il résulte de mes investigations à cet égard que le sieur Monnier était sans armes et conséquemment n’a pu tirer sur le peuple, comme le bruit en a couru.” Varennes, Georges, Joseph, employé aux hospices, demeurant rue de Miromesnil n° 9, déclare : “J’ai connu bien avant la révolution de Juillet le sieur Monnier qui était concierge aux écuries de l’ex-roi. J’ai toujours reconnu chez Monnier des sentiments politiques tout à fait libéraux et même exagérés en examinant la position dans laquelle il se trouvait alors. Quant à la cause de sa mort, je crois pouvoir affirmer qu’elle est tout à fait accidentelle car jamais il n’a été à ma connaissance qu’il eût tiré sur le peuple.” Vu toutes les déclarations d’autre part, nous commissaire de police susdit et soussigné, nous sommes transportés aux écuries de l’ex-roi dans l’endroit où le sieur Monnier a été tué. Monté dans un escalier et arrivé au illisible étage avons remarqué à un mètre au-dessus de la septième marche, avant d’arriver sur le palier, un trou déterminé probablement par une balle, qui paraît avoir été dirigée de haut en bas d’un bâtiment en face. Sur le palier, à gauche, et non loin du trou que nous venons de signaler, se trouve une porte qui est celle de l’appartement occupé lors des événements de Juillet par le sieur Brizon. Nous croyons devoir conclure que c’est en voulant entrer dans cet appartement que le sieur Monnier a été tué et que le coup qu’il a reçu a dû le frapper dans la partie droite du corps, ainsi qu’il nous a semblé d’après la position du trou de la balle […]. » Le 13 août 1831, le commissaire de police du quartier du Roule fit le rapport suivant sur le décès de Monnier : « […] Ayant appelé les personnes ci-après nommées, qui nous ont fait les déclarations suivantes. Le sieur Dufour, Sébastien, âgé de trente-cinq ans, rentier, domicilié rue du Faubourg-du-Roule n° 50 : “Mon appartement est situé au premier étage et les quatre croisées qui l’éclairent sur la rue font face aux écuries de l’ex-roi. Le jeudi 29 juillet dans la matinée, étant à l’une de mes dites croisées, j’ai vu positivement un individu que je vous signalerai et que j’ai su depuis être le nommé Monnyer, paraître lui deuxième sur la plateforme de la chapelle desdites écuries sur la rue, armé d’une carabine. Après avoir jeté les yeux de côté et d’autre, il s’est retiré sans avoir fait de décharge. Cet homme paraissait dans un état extrême d’exaltation. Aussitôt que, l’affaire terminée, on a connu le décès de ce Monyer j’ai entendu dire autour de moi Monyer a été tué les armes à la main. Je ne saurais préciser les personnes qui ont tenu ce propos.” […]. Le sieur Leclerc, François, Frédéric, marchand de vin, demeurant 26, rue du Faubourg-du-Roule : “Le jeudi 29 à 4 heures du matin, Monyer est venu boire la goutte chez moi. Il était très affaissé et gâté par la boisson. Je lui en ai fait l’observation et il m’a répondu en balbutiant qu’il avait passé la nuit avec des officiers de la garde royale, d’anciens camarades, qu’on avait bu et qu’il allait suivre le conseil que je lui donnais d’aller se coucher. Il s’est donc retiré. Entre 9 et 10 heures de la même matinée, j’ai revu ledit Monyer dans la grande cour où se trouvait aussi la garde royale. Il causait avec M. Brisou, gouverneur des pages, et avait un mouchoir rouge autour du corps. Après l’événement, la domestique dudit Monyer est venue chez moi et m’a raconté, en pleurant, que son maître était tranquillement couché lorsque le sieur Brisou l’avait envoyé chercher ; elle n’a pas ajouté pourquoi, dans quelle intention.” Le sieur Gautier, Maximilien, âgé de trente-huit ans, serrurier-mécanicien, domicilié rue du Faubourg-du-Roule n° 28. “Le jeudi 29, au moment de l’attaque des écuries et tout au commencement j’ai vu d’une croisée au 3e étage sur ladite rue faisant face aux dites écuries le nommé Monyer, armé d’une mousquetière, faire feu sur les patriotes de dessus la plateforme de la chapelle, où il était posté avec un soldat suisse et plusieurs autres personnes.” Vaneque, Aimé, âgé de vingt-huit ans, compagnon maçon, domicilié même maison. “J’ai vu le jeudi 29 vers 10 heures et demie ou 11 heures le nommé Monyer, que je connaissais qu’indirectement traverser la grande cour des écuries, porteur d’une carabine ; quelque temps après, je l’ai aussi vu porteur d’une carabine paraître sur la plateforme de la chapelle mais je ne l’ai pas vu faire feu. Il paraissait extrêmement animé.” Le sieur Thomas, Edme (voir ce nom), âgé de cinquante-quatre ans, maçon, domicilié rue du Faubourg-du-Roule n° 37. “C’est moi qui, le 29 juillet, commandait les jeunes gens qui ont attaqué les écuries de l’ex-roi. Je me trouvais en embuscade sous la toiture de la maison n° 30, faisant le coup de feu lorsque j’ai vu très distinctement Monyer, de moi bien connu, étant sur la plateforme de la chapelle armé d’un fusil, tirer sur le peuple. C’est sur cette terrasse qu’il a dû évidemment être atteint par une de nos balles.” Jules Foulon, âgé de dix-sept ans et demi, étalier chez le sieur Simon, son oncle marchand boucher, rue du Faubourg-du-Roule n° 32, y demeurant. “Le jeudi 29, j’ai vu M. Monyer se promenant, armé d’une carabine, dans la cour des écuries ; je ne l’ai pas vu tirer.” » Il laissait une veuve, Caylat, Catherine, née le 9 thermidor an VIII à Nancy (Meurthe), et trois enfants, tous nés à Paris, Jeanne, Marie, Françoise, le 18 septembre 1824, Angélique, Louise, le 14 octobre 1825, Victor, Henry, Denis, le 25 décembre 1827. La veuve reçut un secours de cent francs le 25 août, un secours de cent francs le 2 septembre, un secours de quarante francs le 28 septembre, mais n’eut aucun droit à faire valoir une pension « le sieur Monnier s’étant battu contre les citoyens et en ayant tué cinq », ou encore selon la décision de la Commission des récompenses nationales : « Rejetée, le sieur Monnier étant dans les rangs de la garde royale, d’où il combattait contre la population. » ; La veuve sollicita une place de lingère dans la maison de la reine. Monnier demeurait 29, rue du Faubourg-du-Roule ; sa veuve, 23, rue du Faubourg-du-Roule en 1831 ; 21, rue du Panthéon en 1832. Archives de Paris DM13 1, préfecture du département de la Seine, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) Ier arrondissement ; Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 1, (ancien) Ier arrondissement, état des morts et des blessés dans les journées de juillet 1830 (liste des tués et morts à la suite de blessures) (on retrouve une liste similaire aussi dans Archives de Paris VD6 121 n° 2 liasse 4, état des individus domiciliés dans le [ancien] Ier arrondissement tués ou morts des suites de blessures), idem liasse 4 une liste de deux pages en date du 31 juillet 1830 et signée Laroche et aussi hôpital Beaujon, état des blessés reçus depuis le 27 juillet dernier jusqu’au 16 août 1830 ([ancien] Ier arrondissement ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, état des personnes domiciliés dans le premier arrondissement tuées ou mortes des suites de blessure et état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 28 un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Caylat ; Archives nationales F/1dIII/67. Attention il y a bien un Monnier, Louis et un Monnier, Jean-Louis.

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