Montandon, Pierre, Claude
Biographie
Né vers 1786. Ancien grenadier au 44e de ligne ci-devant régiment d’Orléans, comptant quatorze années de service ; en 1812, à l’affaire de Cordoldal en Catalogne, sous les ordres du maréchal Suchet, il était entré le premier dans la redoute et avait fait prisonnier un colonel et deux adjudants, qui furent conduits à l’état-major. « Cette action d’éclat lui valut peu de jours après du général Ober la promesse d’être porté pour la croix de la Légion d’honneur. M. Ficher Deschamps, chef de bataillon, natif de Paris, aujourd’hui colonel, était présent et peut attester la validité de la demande de l’exposant, qui a resté oublié par suite des événements dont il n’a jamais partagé l’opinion. » Le 11 novembre 1830, il sollicita la décoration qui lui avait été promise, précisant : « […] Il ajoute les éloges qu’il a reçus sur sa conduite dans les mémorables journées de juillet, comme caporal du poste de la barrière d’Ivry, il a garanti la poudrière et a sauvé soixante-sept caisses de poudre et en a fourni à l’Ecole polytechnique et à l’Hôtel de ville la quantité que réclamaient les besoins pour se défendre contre les Suisses et la garde royale. Il porta lui-même, dès le 27, deux cents livres de balles et de la poudre aux défenseurs de la liberté à la porte du faubourg Saint-Antoine et s’est battu pendant les trois journées. Père de famille, n’ayant aucune pension malgré ses services et une blessure qu’il a reçue à l’affaire de Fleurus le 16 juin 1815, sa position est celle d’un vieux militaire qui a versé son sang pour la patrie et qui n’a reçu aucune récompense. Il ne lui reste pas même les secours d’un fils, que le sort vient d’appeler au service et qui, par le conseil de son père, servira bien son roi et son pays. Ses autres enfants sont morts. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. On trouve cette apostille sur son dossier : « Ce militaire ne compte pas assez de service pour concourir à la Guerre. Sa conduite pendant les derniers événements et son grade dans la garde nationale de la banlieue peuvent suppléer à cette insuffisance. Renvoi à M. le ministre de l’Intérieur. » Il signa, le 23 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Demousseaux, Jean, Félix Aimé, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que M. Desmousseaux, Jean-Baptiste (sic), demeurant au hameau des Deux-Moulins, commune d’Ivry-sur-Seine, s’est conduit, dans les mémorables journées de juillet 1830, de manière à pouvoir faire valoir ses titres à la décoration accordée par le roi, et notamment qu’il a contribué de tout son pouvoir et de sa personne à empêcher la dilapidation de la poudre à la poudrière de la Salpêtrière, le 27 juillet (sic). » Archives de Paris VK3 48 ; Archives de la préfecture de police AA 384 in dossier Demousseaux, Jean, Félix Aimé.