Montrol, François
Biographie
Né le 17 août 1799 à Langres (Marne), fils de Mongin de Montrol, Antoine, ancien capitaine au régiment de Bourbons qui avait fait la guerre de Vendée sous le général Hoche, puis chef d’état-major et adjoint aux adjudants généraux Beurnonville et Bernadotte, et qui mourut inspecteur des forêts en 1834. Publiciste et journaliste, il prépara une édition des Mémoires de Brissot. Son activité de journaliste et de publiciste sous la Restauration est ainsi décrite dans une notice biographique parue dans Biographie des 900 représentants à la Constituante et des 750 représentants à la Législative, session de 1849 : « C’était le temps où la polémique avait ses vivacités chevaleresques, où libéraux et royalistes s’attaquaient dans la presse et en champ clos. C’était le temps où Saint-Aulaire, Saint-Marcellin, David se faisaient tuer en défendant leurs opinions. M. de Montrol, qui avait toute l’ardeur et la foi d’un étudiant allemand, défendit aussi les siennes au prix de son sang. Une fois, il eut pour second M. Athanase Renard, depuis député conservateur ; une autre fois, il eut parmi ses adversaires M. de Laboissière, depuis député républicain. Ce fut à la suite de ces affaires qu’il fut présenté à la Société des amis de la presse par Lafayette et Benjamin Constant. De là datent les liaisons du jeune écrivain avec les hommes éminents du parti libéral. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement (sous le nom de Montrol, Pierre sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). En 1831 il était sous-préfet à Langres. Il démissionna de son poste la même année. Il fut député du centre-droit du 23 avril 1848 au 26 mai 1849. Il mourut le 18 juin 1862 à Paris. Nous empruntons au site de l’Assemblée nationale, sa biographie, extraite du Dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889, de Robert et Cougny, et ainsi rédigée : « Après avoir été soldat, il vint étudier le droit à Paris et se consacra à la presse politique. Il écrivit notamment dans le Constitutionnel, le Courrier Français, le Mercure du XIXe siècle, etc. La vivacité de sa polémique lui attira plusieurs duels, dont il se tira à son honneur. Il fut présenté par La Fayette et B. Constant à la Société des amis de la liberté de la presse, que présidait M. de Broglie, et publia différents ouvrages : Histoire de l’émigration, Histoire de Champagne, les Mémoires de Brissot ; il avait écrit en collaboration avec M. de Montlosier: les Mystères de la vie humaine. Lors de la publication des ordonnances (juillet 1830), il prit une part active à la révolution, reçut la Croix de Juillet et fut nommé sous-préfet dans les Basses-Alpes, puis à Langres où il espérait se créer un fief électoral. Mais il ne put s’entendre avec ses compatriotes, donna sa démission, et revint à Paris, où il fonda, avec Laffitte, Arago, Crémieux, Cormenin, Dupont de l’Eure, la Nouvelle Minerve, puis la Renommée. Entre temps, il publiait l’Introduction au règne de Charles X, une Histoire de la Révolution de 1830, collaborait à la Revue de Paris, à l’Encyclopédie des gens du monde, et publiait différents articles, dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de France et les Bulletins de la Société de Géographie. Dans cette dernière publication, il prit la défense de Dumont d’Urville contre Arago, ce qui lui mérita l’honneur de voir son nom donné par l’illustre marin à une île de l’océan Atlantique. Il fonda avec Lamartine, de Broglie et de Tocqueville, la Société pour l’abolition de l’esclavage, devint rédacteur en chef du Temps, combattit le ministère Thiers et les lois de septembre, et protesta contre la condamnation de Dupoty par la Chambre des pairs. Après avoir échoué à la députation, le 1er août 1846, dans le 3e collège de la Haute-Marne (Chaumont), avec 120 voix contre 168 à l’élu, M. Duval de Fréville, député sortant, il se retira à Bar-sur-Aube, où il composait une Histoire de la contre-révolution, quand éclata la révolution de 1848. Nommé commissaire du gouvernement provisoire dans la Haute-Marne, il fut élu, le 23 avril 1848, représentant de ce département à l’Assemblée constituante, le 1er sur 7, par 51.357 voix (67.200 votants, 78.579 inscrits) ; il fit partie du comité des affaires étrangères, et vota : pour le bannissement de la famille d’Orléans, pour les poursuites contre L. Blanc et Caussidière, pour l’abolition de la peine de mort, contre l’impôt progressif, contre l’incompatibilité des fonctions, contre l’amendement Grévy, pour la sanction de la Constitution par le peuple, pour l’ensemble de la Constitution, pour la proposition Rateau, pour l’interdiction des clubs, contre l’expédition de Rome, contre la demande de mise en accusation du président et des ministres. Il proposa l’organisation d’une presse gouvernementale destinée à instruire et à moraliser le peuple, fit partie de la commission d’émancipation des colonies, défendit avec énergie, le 15 mai, l’inviolabilité de la tribune, et obtint que les accusés d’insurrection condamnés à la déportation seraient seulement envoyés en Algérie. Non réélu à la Législative, il quitta la vie politique et s’occupa de l’achèvement de différents travaux historiques. » Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 29, séance du 11 avril 1831, dans laquelle il est demandé le rétablissement de son prénom en François au lieu de Pierre, qui avait été inscrit initialement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; J.-P. Brissot, Mémoires (1754-1784) publiés avec étude critique et notes par Cl. Perroud, Paris, librairie Alphonse Picard et fils ; Biographie des 900 représentants à la Constituante et des 750 représentants à la Législative, session de 1849, Paris, chez Lecou, 1849, p. 379.