Mordillat, Jean-Baptiste
Biographie
Né le 12 mai 1809 à Bar-le-Duc (Meuse). Ouvrier tailleur de limes. Il combattit à l’Hôtel de ville, au Louvre et aux Tuileries. Un certificat, signé par de très nombreux gardes nationaux et voisins, attestait qu’il avait « concouru de tous ses efforts à la défense de nos libertés nationales, en s’exposant aux plus grands dangers ». Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Sa médaille lui fut délivrée le 29 juin, et son brevet le 11 août 1831. Ne sachant signer, il fit simplement une croix en présence de deux témoins qui certifièrent le bien connaître : Louis, Ernest, Timothée Moulin, tapissier, demeurant 22, rue du Petit-Thouars (voir ce nom), et Marie, Napoléon Vigreux, ferblantier, demeurant 10, rue Bailleul. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1840, père de trois enfants en bas âge, manquant fréquemment d’ouvrage, il était dans la « position la plus malheureuse, manquant des choses les plus nécessaires à la vie ». La police donna sur son compte les renseignements suivants : « Lorsqu’il ne manque pas d’ouvrage, il gagne trois francs par jour, mais depuis déjà assez longtemps il ne fait que des demi-journées. Sa position n’est donc pas heureuse. Bonne réputation sous tous les rapports sauf sous celui de la sobriété. » Il reçut un secours de quarante francs en 1841, et de vingt-cinq francs en 1842. En 1843, il était père de quatre enfants âgés de un à douze ans, et sa femme presque continuellement malade ; il reçut vingt-cinq francs de secours. En 1844, journalier, il reçut un secours de quarante francs, de vingt-cinq francs en 1845, de la même somme en 1846. En 1847, « dans une affreuse misère », il reçut un secours de vingt-cinq francs, de quarante francs le 20 juin 1848. En 1849, il avait tous ses effets au mont-de-piété, les renseignements de police le dirent « représenté très favorablement » et il obtint un secours de soixante francs, de cinquante francs en 1850, à titre de médaillé de Juillet, de soixante francs en 1851. En 1852 les mêmes sources administratives précisaient : « Sa conduite est bonne et il paraît digne de la bienveillance du gouvernement. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1852, au titre de médaillé de Juillet. En 1857, il « était assez bien représenté au point de vue moral et politique ». Le 9 octobre 1858, il fut prévenu que les secours qui lui étaient distribués étaient définitivement terminés. Il fut condamné à cinq jours de prison, le 28 juin 1834, pour coups ; à six jours de prison le 7 janvier 1851 pour injures aux agents ; à seize francs d’amende le 17 juillet 1855 pour outrage public à la pudeur. Il demeurait 24, rue Saint-Germain-l’Auxerrois en 1830 ; 17, rue Saint-Germain-l’Auxerrois en 1831 ; 46, rue de la Roquette et 28, rue Louis-Philippe en 1840 ; 42, rue de la Roquette de 1842 à 1849 (mais 41, rue de la Roquette in Archives de la préfecture de police AA 369, minute 73) ; 35 et 37 même rue en 1850 ; 6, impasse Saint-Sébastien en 1851-1854 ; 7, rue Saint-Nicolas-du-Chardonneret, un loyer de trois cent vingt francs, de 1855 à 1858 ; 51, rue de la Roquette en 1861. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 113 décorés, médaillés, blessés ou combattants de Juillet et veuves de Juillet, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant ensemble à la somme de 6495 francs, budget de l’Intérieur, exercice 1849, minute 63-65, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852.