Moreau, Jean, Claude, Gabriel (sans doute Claude, Jean, Gabriel)

Biographie


Né en 1800 à Paris. Tourneur en bois. Il fut blessé le 28 juillet place de Grève. Il reçut un secours de cinquante-cinq francs en août et un autre de cinquante-cinq francs (sous le prénom de Claude, Jean) en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIIe arrondissement. Il reçut (sous le nom de Moreau, Claude, Jean, Gabriel), après la révolution, un total de cent quinze francs de secours auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il reçut cent vingt-cinq francs en 1831. Il fut admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. En 1840, venant de sortir de l’hôpital, père de quatre enfants en bas âge, sans travaux lui et sa femme, il sollicita des secours. En 1841, la police recueillit sur son compte les renseignements suivants : « Il est tourneur en bois mais très souvent sans ouvrage. Il se trouve dans une affreuse misère, sans meuble ni effet ; il loge dans une espèce d’écurie sur le boulevard de Strasbourg, n° 7, maison de la dame Saint-Denis. Néanmoins on n’a recueilli que de très bons renseignements sur sa conduite et sa moralité. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs et un autre de quarante francs en 1841, en 1842, un secours de vingt-cinq francs en 1843, un secours de quarante francs en 1844, en 1845, un secours de vingt-cinq francs en 1846, un secours de quarante francs en 1847. En novembre 1848, il était sans travail depuis trois mois, avait deux enfants à charge plus un autre sous les drapeaux à la 5e compagnie de zouaves. Il reçut un secours de quarante francs en 1849, à titre de blessé de Juillet. En 1852, il gagnait trois francs trois jours par semaine et les mêmes sources de police ajoutaient : « Il se trouve dans une position des plus précaires. On ne recueille que de bons renseignements sur la conduite morale et politique de cet individu. » Il reçut un secours de quarante francs en 1852. En 1854, il était entré à l’hôpital de la Pitié pour hydropisie. Il reçut quarante francs de secours chaque année de 1852 à 1855. Il mourut en 1854. Les renseignements recueillis par la police sur sa veuve étaient ainsi formulés : « Cette femme est âgée de cinquante-huit ans, elle est restée veuve avec trois filles, dont l’aînée est mariée, la seconde vit en concubinage avec un nommé Torry, marchand des quatre-saisons ; la plus jeune, qui est seule à la charge de sa mère et demeure avec elle, est âgée de vingt et un ans, elle est brunisseuse. Elle est accouchée, il y a trois jours, d’une petite fille, le père de l’enfant, qui n’était que son amant est tombé au sort et fait partie du 89e de ligne. La veuve Moreau est fleuriste. Elle fait des boutons de rose. Ce travail lui rapporte un franc cinquante par jour. Depuis trois mois, elle habite rue des Pannoyaux, n° 90 à Belleville, où elle occupe une chambre de quatre-vingts francs par an. Elle restait précédemment rue de Tourtille, 22 ; elle a laissé dans cette maison de très bons souvenirs. Cette femme n’a aucune infirmité qui l’empêche de travailler. Elle a une bonne santé. Elle n’a d’autres ressources que son travail. Son intérieur annonce la misère. Sa plus jeune fille, ayant fait des couches chez elle, l’a encore mise dans une plus grande gêne. L’époque du mariage de la veuve Moreau remonte en 1828 ; il a été célébré à la mairie du Ve arrondissement. Dans sa maison et dans son quartier, la veuve Moreau est tout à fait inconnue. » Moreau demeurait 9, rue Sainte-Marguerite en 1830 ; 38, rue Sainte-Marguerite en 1830-1831 (mais 29, rue Sainte-Marguerite in Archives de Paris VD3 1-2) ; 41, rue de la Roquette, chez M. Lavantureux puis 16, bd des Couronnes en 1840 ; 7, bd de Strasbourg en 1841 ; 6 bis, rue de Lorillon en garni, en 1848-1849 ; 15, rue Sainte-Marguerite-Saint-Antoine en 1851-1852 ; 9, rue de Beaujolais en 1853 ; 22, rue Tourtille, la maison du boucher et du charbonnier à Belleville, en 1854 ; la veuve 90, rue des Panoyaux de 1854 à 1856. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 35 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 39 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 79 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 1re classe, non classés par le jury médical, avec une indemnité de cent vingt francs) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209, idem Proposition d’accorder à 128 décorés, médaillés, veuves, ascendants, orphelins et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant à 6.895 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, en date du 19 avril 1852, minutes 217-220.

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