Moreau, Julien

Biographie


Né le 18 février 1789 à Paris. Ancien militaire de l’Empire, devenu ouvrier graveur sur cristaux. Sans travail depuis la révolution, il sollicita un secours pécuniaire. Son dossier est apostillé de l’observation suivante : « S’est bien battu ; lui faire délivrer un secours définitif. » Il reçut effectivement un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Il fut un des décorés de Juillet qui signèrent, en septembre 1831, la pétition envoyée par Arrachart, Louis, Jules, Benoît, pour recouvrer les droits à la décoration, dont il avait été privée par une malveillance de Delanoy, commissaire à la Commission des récompenses nationales, et qui l’accusait d’intempérance. Cette pétition était ainsi rédigée : « […] S’est particulièrement distingué aux mémorables journées, où il fut blessé. […] Le jury a reconnu que par son patriotisme et son courage à combattre il a mérité la médaille ; mais, lui imputant calomnieusement l’habitude de se livrer à un usage immodéré de la boisson, a déclaré n’y avoir lieu à la lui accorder. Pour justifier que cette dernière circonstance est contraire à la vérité, tous les décorés du (ancien) IVe arrondissement et autres attestent ici que l’exposant a droit au signe des braves, l’ayant vu combattre et ayant été blessé, et qu’il n’a pas l’habitude qu’on lui reproche. Daignez, M. le ministre interposer votre autorité et faire opérer au dossier la radiation d’un fait injurieux et préjudiciable, qui n’y a été porté qu’à la suite d’une altercation entre le réclamant et M. Delanoy, alors commissaire à la Commission des récompenses nationales. Cet acte de justice de votre part n’échappera pas plus à la connaissance du roi qu’à l’opinion publique. » Sa médaille lui fut délivrée le 30 juin, et son brevet le 17 août 1831. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1830, il était veuf et père d’une fille. En 1835, « étant sans travaux depuis longtemps, ayant le malheur d’avoir son épouse continuellement malade », il sollicita un secours. Le préfet de police donna sur son compte les renseignements suivants : « Ouvrier tailleur de cristaux, il manque souvent d’ouvrage et sa position ne paraît pas heureuse. Sa conduite est régulière ; il n’a point d’enfant. » Il reçut un secours de cinquante francs. En 1836, « presque toujours […] sans ouvrage », relevant d’une fluxion de poitrine, il sollicita des secours. La police recueillit sur son compte les renseignements suivants : « Il a fait récemment une maladie de quatre mois et il se trouve en ce moment dans une position gênée. On fait l’éloge de sa conduite et de sa moralité. » Il obtint à nouveau cinquante francs. En juillet 1836, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut une gratification de cinq francs, à titre de décoré non pensionné. En 1838, les mêmes sources indiquaient qu’il avait « bonne réputation » ; il reçut un secours de quarante francs. En 1839, sa femme, ouvrière en linge, était malade, son père âgé de soixante-seize ans à charge, sans travail, « se trouvant depuis longtemps sans occupation, sa position [devenait] chaque jour plus embarrassante ». Il reçut un secours de trente francs et un autre de vingt-cinq francs en 1840, un secours de quarante francs en 1841. En 1842, les mêmes sources administratives précisaient à son sujet : « Gagne fort peu et se trouve souvent sans emploi. Sa femme fut blessée à la fête donnée au Champ de Mars en l’honneur du duc d’Orléans et ne peut travailler. Moreau est bien représenté. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs et un autre de quarante francs en 1842, et un secours de quarante francs en 1843. En 1844, empêché de pouvoir travailler à cause d’une paralysie de son bras droit, « dans une position très pénible », il sollicita un nouveau secours et obtint quarante francs, puis la même somme en 1846, et en 1847. En novembre 1848, « sans la moindre occupation », il sollicita des secours et toucha quarante francs. En 1849, il était « bien représenté » et dans une « position nécessiteuse » ; il reçut un secours de soixante francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1850, un secours de soixante francs en 1851, un secours de cinquante francs en 1852, chaque fois à titre de médaillé de Juillet. En 1853, sa femme très longtemps malade et lui-même sans travail, il sollicita des secours. En 1855 : « Il est marié. Cet homme est à l’hôtel impérial des Invalides. Il travaille chez lui de l’état de tailleur de cristaux. Il gagne par jour deux francs cinquante à trois francs. Sa femme de son côté gagne un franc. Cet homme apporte tous les jours de l’hôtel des vivres. Il vient le matin et passe toute la journée à travailler. Dans sa chambre, il n’y a pas de luxe mais il y a de l’aisance. Cet homme est à l’abri du besoin. Il peut lui et sa femme vivre très confortablement sans aucun secours. […] Dans le quartier qu’il habite il est inconnu, ne devant rien à son propriétaire. » Il demeurait 7, rue de la Sonnerie en 1830-1831 (mais 5, rue de la Sonnerie in Archives nationales F/1dIII/35 A mais bien une autre fois 7, rue de la Sonnerie dans la même source… ; 5, rue de la Sonnerie in Archives nationales F/1dIII/38 A) ; 178, rue Saint-Dominique en 1833-1836 (mais 138, rue Saint-Dominique en 1836 in Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1836) ; 4, rue Amélie au Gros Caillou en 1838-1839 ; 167, rue de l’Université de 1842 à 1844 ; 8, rue Thiphaine à Grenelle de 1849 à 1853 (mais 10, rue Thiphaine en 1851-1852 in Archives de la préfecture de police AA 369, minutes 194-199 et minutes 238-242) ; 35, rue de Sèvres, une chambre de quatre-vingts francs par an en 1855. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, année 1836, état de répartition de la somme de trois cent dix-huit francs entre MM. les décorés de Juillet domiciliés sur le (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/42 in dossier Arrachart, Louis, Jules, Benoît ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/9/1156 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 113 décorés, médaillés, blessés ou combattants de Juillet et veuves de Juillet, domiciliés dans le département de la Seine, des secours s’élevant ensemble à la somme de 6495 francs, budget de l’Intérieur, exercice 1849, minute 63-65, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852. Il y a in Archives de la préfecture de police AA 392 in dossier Houdin, Charles, François, un Julien Moreau, demeurant dans le quartier des Invalides, militaire invalide, qui signa, le 13 septembre 1831, le certificat suivant en faveur de Houdin, Charles, François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, Louis, Victor Gaspard (voir Gaspard, Louis, Victor), Julien Moreau, Alexandre, Augustin Letheux (voir Letheux, Alexandre, Augustin), tous trois militaires invalides, certifions que nous avons vu et reconnu, dans les trois immortelles journées de la grande semaine de juillet 1830, le sieur Charles, François Houdin, cordonnier, rue du Faubourg-Montmartre n° 52, armé, faisant partie des braves défenseurs de la liberté, tant à la Grève quau Louvre et dans différents endroits dans lesquels il a été blessé dun coup de sabre à la tête, en présence de Louis, Victor Gaspard, où les bons citoyens se sont distingués pour la défense de la charte et des libertés publiques […]. »

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