Moreau, Pierre, Ferdinand
Biographie
Né le 24 juin 1797 à Vanves (Hauts-de-Seine). Maréchal ferrant. Il était porteur du certificat suivant : « Certificat de la conduite courageuse qu’a tenue le sieur Pierre, Ferdinand Moreau, maréchal ferrant, demeurant à Vanves, rue Normande, dans les journées des 26 juillet (soir), 27, 28 et 29, 30 et 31 sous les ordres de M. Vincent, chef du 2e bataillon de la IIIe légion (extra-muros) lequel Moreau par son zèle patriotique à montré les plus grand dévouement pour la cause de la liberté. Le 26 à 7 heures du soir, il apprend qu’il existe à Paris quelques présages d’une révolution. Il part de suite afin de coopérer aux grands événements qui ont suivi cette journée. Le 27, il est retourné à Paris à 5 heures du matin pour suivre les événements de ce jour où il est rentré chez lui à minuit. Le 28, étant reparti à 6 heures du matin, il se rendit place de la Révolution, où il vit une quantité de gardes royaux ; il a suivi leur mouvement jusqu’à l’Hôtel de ville. Là, le feu ayant commencé et se voyant sans arme, il courut chez plusieurs de ses connaissances s’en pouvoir en obtenir. Son courage le porte à désarmer au poste du pont de l’Hôtel-Dieu un soldat du 15e léger. Se trouvant armé, il se rend au nouveau pont d’Arcole, où il s’est battu avec le courage d’un Français. Il est un des sept qui se sont portés en avant jusque de l’autre côté de l’arcade et, là, quatre de ses frères d’armes ont succombé avec honneur. Il s’est retranché derrière le parapet du quai. Un boulet est passé si près de lui qu’il en fut renversé. Ses autres camarades le croyant blessé l’engagèrent à se retirer, il leur répondit Ce n’est rien ! et il resta à son poste. Voyant que le parti de la liberté avait triomphé, il est rentré auprès de sa famille, qui se compose de quatre enfants en bas âge. Le 29, le matin, se disposant à repartir pour Paris, il entend sonner le tocsin et battre la générale. Il se rend sur la place d’armes de Vanves, où il trouve le commandant du bataillon qui l’invite à faire partie des braves qui partaient pour Paris. Son zèle bien connu ne le fit pas balancer un instant. Il se place au premier rang et l’on part. Arrivé à Paris, le bataillon, d’après des avis reçus, se rend à la caserne de Babylone. Là, s’engage une fusillade terrible. On propose de mettre le feu aux portes. Un seau d’essence est apporté ; le susdit Moreau s’en saisit et, malgré le feu nourri des Suisses, il arrose la porte de la rue Plumet de cette essence et y met le feu. Il se retire au poste qui lui était assigné, faisant toujours feu jusqu’à la fin. Le 30, il s’est rendu avec le même bataillon, moins nombreux, à l’état-major général où le commandant reçut l’ordre de se rendre au poste de la barrière d’Enfer pour y attendre les Suisses venant d’Orléans. Il y a passé la journée et la nuit. Le 31, l’ordre est donné de marcher sur Saint-Cloud. Le susdit Moreau ne se lasse pas, il est un des premiers à marcher et à encourager ses frères d’armes de faire cause commune pour le bonheur de la France. On part. Arrivés à Saint-Cloud, plusieurs attaques ont lieu. Il est toujours à son poste. Depuis cette époque, il est resté dans la commune, au sien de sa famille. » Signé : Guignard illisible ; Jamin (voir Jamin, François, Onésime) blessé ; Rondel, sous-lieutenant de la garde nationale ; Joly ; Lelièvre (voir Lelièvre, Antoine ?) ; Chevallier, capitaine ; Pichon (voir Pichon, Jean-Pierre), blessé ; Haulard ; Leblanc, membre de la Légion d’honneur. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux. Il prêta son serment le 25 mai 1831 et reçut sa croix le 28 juin 1831 à la sous-préfecture de Sceaux ; le serment était ainsi rédigé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la sous-préfecture de Sceaux, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il est sur une liste de décorés parmi lesquels le préfet de la Seine devait choisir quarante-huit décorés, pour composer la délégation de décorés qui devaient assister, le 27 juillet 1831, aux cérémonies commémoratives de la révolution, qui eurent lieu à la Bastille puis au Panthéon. Il signa, le 7 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Lambert, Joseph, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, habitants de la commune de Vanves, certifions que le sieur Lambert, Joseph, tambour de la garde nationale, a, le 29 juillet, battu la générale pour exciter les braves à voler au secours de Paris ; qu’il a fait partie de ceux qui se sont distingués par leur courage à la prise de la caserne Babylone et qu’il n’est rentré qu’après avoir vu fuit les ennemis de la liberté. Nous attestons aussi que ledit Lambert a, le même jour 29, arraché l’emblème de la tyrannie pour y substituer les couleurs nationales malgré les représentations de quelques hommes timides. » Il signa, le 8 juin 1831, le certificat suivant en faveur de Sorin, Jean-Marie, Germain, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions qu’il est à notre connaissance que le nommé Jean, Marie, Germain Sorin, carrier de son état, âgé de trente-huit ans, né à Paris au Gros-Caillou, rue de la Vierge, le 7 avril 1793, maintenant domicilié commune de Vanves, a fait partie des citoyens qui se sont dirigés sur Paris à l’époque des mémorables journées de Juillet, qu’il s’y est comporté de manière à mériter que la patrie reconnaissante le classe au nombre de ses zélés défenseurs. » Son nom était compris dans une liste de cinq personnes (les autres étant : Peuvrier, Jean-Baptiste ; Jamin, François, Onésime ; Durequ, Jérôme, Victor ; Darras, Louis, Nicolas, Marie ; Pichon, Jean-Pierre) établie en juillet 1839 par le maire de Vanves, de citoyens résidant à Vanves, décorés de juillet 1830 et susceptibles, parce que se trouvant dans une position malheureuse, de bénéficier des récompenses distribuées à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Il était chargé de famille en 1839. Il demeurait rue Normande à Vanves en 1831-1839. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris DM13 1, sous-préfecture de Sceaux, état des sommes payées aux citoyens décorés de la croix ou de la médaille de Juillet, en vertu de la décision du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet de l’arrondissement de Sceaux (sous le nom de Moreau, Pierre) ; Archives de Paris VK3 13, lettre en date du 10 juillet 1839 par le maire de Vanves ; Archives de Paris VK3 37, Décorés de Juillet pour la députation, liste de quarante-huit citoyens qui ont été désignés par le sort pour les cérémonies du Panthéon et de la Bastille, idem état des décorés de Juillet, ayant pris une part active aux événements de 1830, dont les services, la position malheureuse et la bonne conduite méritent l’intérêt du gouvernement, idem état nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet, qui ont retiré leur croix des bureaux de la sous-préfecture de Sceaux après avoir prêté entre les mains du sous-préfet le serment prescrit par l’article 4 de l’ordonnance du roi du 30 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux ; Archives de la préfecture de police AA 396 in dossier Lambert, Joseph ; Archives de la préfecture de police AA 414 in dossier Sorin, Jean-Marie, Germain.