Moreau, Pierre, Paul

Biographie


Son fils, Moreau, Auguste, charcutier (mais peut-être plutôt graveur selon un certificat à lui délivré) en 1848, déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur la participation de son père à la révolution de Juillet. Il présenta en effet deux certificats établis au nom de son père. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Les soussignés, décorés de la Croix de Juillet, certifient que le citoyen Pierre, Pol Morau (sic) a pris les armes dans les glorieuses journées de Juillet, qu’il s’est conduit en brave et qu’il a essuyé le feu depuis le commencement de l’attaque du Louvre jusqu’à la fin. » Signé, le 4 septembre 1831 : Vayron (voir Vayron, François, Benjamin), décoré de Juillet, membre du jury du (ancien) XIIe arrondissement, capitaine de voltigeurs au 1er bataillon de la XIIe légion ; Paris (voir Paris, Théodore, Marie, Augustin), décoré de Juillet, membre du jury du (ancien) XIIe arrondissement : Pierrat (voir Pierrat, Emeric, Simon), décoré de Juillet ; Ledoux (voir Ledoux, Jean-Baptiste). Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, membres de l’ancienne Société des droits de l’homme et de la Société pour l’instruction du peuple, certifions que le citoyen Moreau a fait partie de nos deux Sociétés, dont il était un des membres les plus zélés ; qu’il a pris une part active aux affaires de Juin, en assistant à la prise du poste de la place Maubert et à l’attaque du poste du pont de l’Hôtel-Dieu où il ramassa un jeune citoyen tombé frappé d’une balle à ses côtés et que, chargé de cette victime du gouvernement déchu, il traversa le quartier, sans crainte des suites graves qui pouvaient résulter pour lui de son dévouement. » Signé : Bories, membre de la Société des droits de l’homme, frère d’un des quatre sergents de La Rochelle ; Bunetier, membre de la Société des droits de l’homme, demeurant 17, rue d’Arras ; Pierrat (voir Pierrat, Emeric, Simon), décoré de Juillet ; Houassier, membre de la Société des droits de l’homme, demeurant quai de la Tournelle ; Queyras, capitaine de la 2e compagnie du 1er bataillon de la XIIe légion de la garde nationale ; ...ouchard, capitaine en premier des voltigeurs du 1er bataillon de la XIIe légion de la garde nationale, demeurant 35, rue des Noyers, qui ajoutait : « Je soussigné, certifie que le citoyen Moreau m’a présenté le 5 juin 1832, un jeune citoyen, lequel dans la prise du poste du Petit-Pont de l’Hôtel-Dieu avait été frappé d’une balle et que j’ai reçu chez moi pour lui donner les secours qu’exigeait sa position, sur la demande que me fit le citoyen Moreau. » Le docteur Mari... ajoutait l’apostille suivante : « Je, soussigné, docteur de la faculté de médecine de Paris, certifie que le 5 juin 1832 parmi plusieurs blessés qui me furent apportés se trouvait un jeune enfant de douze ans environ qui était frappé en pleine poitrine d’un coup de feu. Cet enfant me fut présenté par le citoyen Moreau, que je connais depuis l’enfance. » Auguste Moreau était né le 20 mars 1820 à Thierville (Eure). Sans travail et sans ressources depuis un an, il sollicitait une place de garde forestier. Il ajoutait le certificat suivant à sa demande : « Nous tous, soussignés, prions le citoyen ministre des travaux publics d’avoir égard et d’accepter la modeste demande que lui adresse le citoyen Auguste Moreau. La belle conduite tenue par lui les 23 et 24 février dernier nous engagent tous à lui délivrer le certificat qui, nous en sommes certains, sera pris en considération par M. le ministre […]. » Signé, le 5 avril 1848 : Pujade ou Puyado, chirurgien militaire au Gros Caillou, demeurant 134, rue Saint-Dominique, qui ajoutait qu’il avait été à même de le voir au Palais-National [comprendre Palais-Royal, N.D.A.], où son courage et son dévouement ne s’étaient jamais démentis ; Sixe fils ; Malcuit, demeurant 15, rue du Faubourg-Saint-Martin ; Maréchal, ancien sous-officier ; Delahaef, ingénieur civil, blessé du 23 et 24 février dernier, qui ajoutait : « Moi, Delahaef, affirme avoir vu le sieur Auguste Moreau au moment où nous forcions le poste Bonne-Nouvelle et je déclare qu’il a fait comme tous les bons citoyens son devoir ; il est heureux de ne pas être blessé, la Providence veillait sur lui. » Le maire du (ancien) Ve arrondissement ajouta une apostille favorable à ce certificat. Les délégués des ouvriers imprimeurs en taille douce, Fanet Bourdot et Girot, attestèrent, par un certificat en date du 23 mars 1848, que Moreau avait « toujours fait antérieurement et actuellement partie de nos sociétés et qu’il nous a constamment aidés dans leur organisation pour l’intérêt général des travailleurs ». Moreau, Auguste fut recommandé par la Commission pour une place de garde forestier. Moreau, Auguste était marié et père de deux enfants en 1848. Il demeurait 23, rue Sainte-Appolline en 1848. Archives de la préfecture de police AA 403.

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