Morel, Barthélemy, Michel
Biographie
Né le 14 mai 1806 à Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme). Bachelier ès lettres, étudiant en médecine. Il sollicita, à titre de récompense nationale, la dispense de ses frais universitaires jusqu’au doctorat. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 18 avril 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 28 dans la matinée aux barricades, rue Gît-le-Cœur. Il emprunta le fusil d’un de ses amis ; vers 11 heures, il combattit au quai Notre-Dame jusqu’à 9 heures. Le 29, au désarmement de la caserne Tournon, au dépôt de la garde rue de Lourcine, à la place de l’Odéon sous la conduite de Charras (voir Charras, Jean-Baptiste, Adolphe), à Babylone du premier peloton. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 18 avril 1831, à six voix pour la croix, trois voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il fut exempté, sur proposition de la Commission des récompenses nationales du paiement des frais universitaires pour parvenir au grade de docteur en médecine. Il signa, le 5 juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Cluzel, Julien, Victor, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Je, soussigné, certifie que le citoyen Cluzel, Julien, étudiant en médecine, rue de Seine n° 63, a pris une part très active aux journées de juillet 1830, principalement où je l’ai vu se conduire avec courage à la place de Grève le 28 et, le 29, à la prise de la caserne de Babylone. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, afin d’obtenir une perception ou un bureau de poste aux lettres, et qui nous donne quelques indications biographiques supplémentaires. Dans sa lettre adressée, le 20 mars 1848, à la Commission, on trouve en effet les indications suivantes : « […] Au jugement des anciens ministres [de Charles X en décembre 1830, N.D.A.], avec beaucoup d’étudiants en médecine, mes camarades, tous la carte au chapeau, nous fîmes des patrouilles jusqu’à la fin des troubles et nous fûmes passés en revue non sur la place du Panthéon mais sur la place Saint-Sulpice […]. » Il joignait le certificat suivant à sa demande : « Les soussignés, maire et adjoints provisoires de la commune de Bourg-Lastie (Puy-de-Dôme) certifient à tous ceux qu’il appartiendra que le citoyen Morel, Barthélemy, Michel, né en cette commune le 14 mai 1806, bachelier ès lettres, décoré de la Croix de Juillet ainsi qu’il résulte du brevet qu’il nous a présenté et demeurant en cette commune, est de bonnes vie et mœurs, que ses opinions politiques sont républicaines et qu’en toutes circonstances il les a montrées avec indépendance, sans vouloir accepter aucun emploi du gouvernement déchu ; qu’en le recommandant au gouvernement provisoire pour un emploi quelconque, nous croyons non seulement faire un acte de bienfaisance mais encore un acte de patriotisme. » Signé, le 20 mars 1848 : Desortiaux, maire ; Cohade, L., adjoint ; Colombier, adjoint. Sa demande fut rejetée par la Commission. Il s’était marié en 1826. Il demeurait 24, rue de l’Ecole-de-Médecine en 1831 ; à Bourg-Lastie en 1848. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VK3 17, deux feuillets séparés de décorés de la Croix de Juillet auprès du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 18 avril 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 18 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, ministère de l’Instruction publique, état de demandes de dispenses de droits universitaires aussi état des dispenses de frais d’études et de réception accordées à des étudiants en droit et en médecine sur les propositions de la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 379 in dossier Cluzel, Julien, Victor ; Archives de la préfecture de police AA 403. On trouve dans Archives de Paris VK3 52 in dossier Schwartz, Laurent, Christophe, classé par erreur in Schwartz, Herman, un texte que fit parvenir Schwartz, Laurent, Christophe à la Commission des récompenses nationales, qui donne des indications sur un Moret, Barthélemy, qui est peut-être Morel, Barthélemy, Michel ; intitulé Détail de ce que j’ai vu et fait dans les trois journées de Juillet, il contient les informations suivantes : « […] La chose terminée [la prise de la caserne de Babylone), M. Maes a remis son cheval à son domestique et nous avons été avec Schwartz, Moré Barthélemy (voir Morel, Barthélemy, Michel ?) et M. Maes chercher les pompiers et, en tournant la rue de Bourgogne, nous avons aperçu vingt à trente gendarmes à cheval, qui avaient mis pied à terre, tenant leurs chevaux par la bride mais nous nous sommes mis aussitôt en devoir de nous défendre et M. Maes s’étant aperçu qu’ils étaient désarmés, nous a crié Messieurs ne tirez pas ! Ils se sont arrêtés et M. Maes leur a dit Vous êtes bien imprudents de venir près de la caserne. Si vous vous étiez trouvés, un quart d’heure plus tôt, vous auriez été fusillés. Ils l’ont remercié et ont pris de suite le chemin pour descendre à la caserne rue de Tournon. Nous sommes revenus jusqu’à la place du Panthéon, où l’on a posé un poste à la prison de Montaigu et nous sommes tous rentés chez nous […]. »