Morel, Etienne, Charles
Biographie
Né vers 1807 à Paris, fils de Morel, Louis, Barthélemy et de Chavois, Marie, Jeanne, Adélaïde, son épouse. Marinier. Il fut tué d’un coup de feu, le 29 juillet vers 14 heures rue de Rohan (mais de cinq coups de feu dans la rue de Rohan in Archives de Paris DM13 1), alors qu’il faisait partie d’un groupe de combattants commandé par Peigné. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de l’arrondissement de Sceaux. Le 14 mars 1831, devant le juge de paix du canton de Charenton, comparurent : Peigné, Théodore (voir Peigné, Jean, Théodore ; mais il semble signer Pegnié), né vers 1800, demeurant à Bercy quai n° 36 ; Périard, Jean-Claude, né vers 1808, marchand de bois, demeurant 37, port de Bercy ; Roussey, Claude, Antide, né vers 1800, garçon de chantier, demeurant 37, port de la Rapé à Bercy. Ils attestèrent, pour y avoir été présents, que Morel, Etienne, Charles « a été tué le 29 juillet 1830 rue de Rohan à 2 heures après-midi auprès dudit sieur Peigné, commandant une réunion de vingt hommes, l’un des témoins certifiant en combattant les troupes armées contre les citoyens ». Sa mère, Chavois, Marie, Jeanne, Adélaïde, veuve Morel, née le 16 janvier 1780 (mais le 17 janvier 1780 in Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet et in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831) à Bercy (Seine), blanchisseuse, mère de huit enfants dont il était le soutien, reçut un secours de trois cents francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, quarante-huit francs de secours de la mairie et un bon d’habillement de trente-trois francs et cinquante centimes pour son fils aîné. Le docteur Pichot (voir Pichot, Jacques, François), en date du 14 mars 1831, lui délivra un certificat attestant qu’elle était « atteinte depuis plusieurs années d’un catarrhe pulmonaire qui s’exaspère sous l’influence d’une température froide et humide et met, alors la malade dans l’obligation de garder le lit. Elle est de plus sujette à des douleurs rhumatismales dont le siège est plus ordinairement dans les muscles du bras et de l’épaule droite. Cette double affection met fréquemment la veuve Morel dans l’impossibilité de se livrer au travail, son seul moyen d’existence pour elle et pour sa nombreuse famille, et sa position est d’autant plus nécessiteuse que le fils qu’elle a perdu dans les glorieuses journées de Juillet était son principal appui ». Le maire de la commune de Bercy, en date du 17 mars 1831, lui délivra un certificat attestant que, restée veuve avec huit enfants dont trois étaient encore à sa charge, privée désormais de l’aide de son fils, elle n’avait « plus que son travail pour élever et nourrir sa famille et se trouve dans une situation pénible et nécessiteuse ». Elle fut pensionnée de deux cents francs. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le père, Morel, Louis, Barthélemy, était décédé le 20 décembre 1822, sans doute à Bercy. Le 14 juillet 1839, le nom de la mère est sur une liste, établie par le sous-préfet de Sceaux, et sans doute pour l’attribution de secours à l’occasion des fêtes commémoratives de la révolution, de « décorés de Juillet, ayant pris une part active aux événements de 1830, dont les services, la position malheureuse et la bonne conduite méritent l’intérêt du gouvernement » ; l’observation suivante était inscrite en face de son nom : « Soixante ans, a perdu son fils unique qui a été tué le 29 juillet rue de Rohan. Infirme, malade et dans la plus grande indigence. Elle a deux filles aussi malheureuses qu’elle. » Morel avait pourtant un frère, Pierre, né le 1er juin 1811 à Paris, marinier de l’octroi de Paris, aux appointements de neuf cents francs annuels, en 1848 et qui déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il était porteur de deux certificats « constatant que le 24 février, il a sauvé par son courage, la destruction du pont de Bercy, auquel on voulait mettre le feu, que dans la même journée il s’est fait remarquer par l’énergie qu’il a déployée pour maintenir l’ordre à la direction des Poudres et Salpêtres, ce qui n’a pas été sans danger ». Il sollicitait l’admission avec bourse de son fils, Jean, Antoine, Alfred, né vers 1838, dans un des collèges nationaux de Paris ou de Versailles. Sa demande était apostillée favorablement par le maire du (ancien) VIIIe arrondissement et par le maire et un adjoint du (ancien) IXe arrondissement. Il fut recommandé par la Commission pour un emploi d’inspecteur de la navigation de 2e classe et pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Le 20 août 1852, il retira une pièce qu’il avait confiée à la Commission : un certificat de M. Morillon, docteur en médecine, constatant qu’il avait contribué à préserver de l’incendie le pont de Bercy, pièce visée par le maire, le receveur de l’octroi, le général de division Tug...Lanoye, directeur des Poudres et Salpêtres. Morel, Pierre était marié, père de quatre enfants et avait sa mère à charge en 1848. Il demeurait chez sa mère, 36, rue de Bercy ; sa mère, à la même adresse en 1831 ; son frère Pierre, 69, quai de la Rapée en 1848. Le nom de (E.-C. Morel) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de l’arrondissement de Sceaux lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 113 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 29 ; Archives de Paris DM13 1, état nominatif des personnes domiciliées dans les cantons de Charenton et de Vincennes (arrondissement de Sceaux) qui ont succombé lors des événements de juillet 1830, soit sur la voie publique, soit à leurs domicile, ou dans les hospices de Paris, par suite de leurs blessures (sous le nom de Morel, Charles, Etienne) ; Archives de Paris VK3 37, état des décorés de Juillet, ayant pris une part active aux événements de 1830, dont les services, la position malheureuse et la bonne conduite méritent l’intérêt du gouvernement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIVe arrondissement, arrondissement de Sceaux, ascendants ; Archives de la préfecture de police AA 403 ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 84, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.