Morey, Pierre
Biographie
Né le 11 novembre 1774 à Chassaigne, en Côte-d’Or. Il participa pendant dix ans aux guerres de l’Empire, en servant comme ouvrier dans le train d’artillerie de l’armée et dans un régiment de hussards. En 1816, les armées françaises vaincues, il s’était retiré à Dijon et avait vu, non sans rancœur, les armées étrangères envahir le pays, l’occuper et aider les Bourbons à retrouver leur trône. Ce fut à cette époque qu’il fut deux fois compromis dans des affaires criminelles : le meurtre d’un soldat autrichien puis un projet d’attentat contre la famille royale, mais sans que, finalement, dans aucune de ces deux affaires, on retînt quoi que ce fût contre lui. Il fut arrêté – non sans opposer beaucoup de résistance, comme se plaignit la police –, à Paris, le 5 avril 1816, sur la dénonciation de deux individus, comme prévenu de projets d’assassinat contre la famille royale. Il dit avoir été arrêté « par deux misérables, le nommé Mouchet, auquel j’ai donné plus de deux cent cinquante francs pour vivre, et un nommé Ganneton, qui a été commissaire de police, faubourg Saint-Denis ». Il réussit à prouver la fausseté des accusations portées par les deux indicateurs mais n’en fut pas quitte pour autant. La justice savait que si elle l’avait arrêté dans la capitale, c’était qu’il s’y réfugiait, ayant réussi à s’enfuir de Dijon où le tribunal de la ville avait délivré contre lui un mandat d’amener pour le meurtre d’un soldat autrichien. Le 16 mai, il était transféré à Dijon, pour y répondre de son crime. Il expliqua les circonstances au cours desquelles il avait tué le militaire: il avait vu deux soldats autrichiens malmener et attirer avec eux une fille pour la violer en pleine rue, s’était jeté sur l’arme de l’un d’eux, avait sommé l’autre de tirer son épée et, après quelques passes d’armes, lui avait plongé son épée dans le corps. Les altercations entre soldats occupants et Français étaient fréquentes, dans ces années d’occupation ; les premiers suscitaient souvent l’exaspération des occupés, qui s’accommodaient mal de la présence, dans leur pays, de troupes étrangères. Dans les bals, les cafés, les jeux de quilles, quand on côtoyait les envahisseurs, le ton montait quelquefois et des bagarres s’ensuivaient. A la susceptibilité bien compréhensible des très nombreux soldats de la Grande Armée, maintenant démobilisés et retournés à leur état antérieur de paysan ou d’ouvrier, s’ajoutaient, souvent, les attitudes provocantes des occupants, les réquisitions qu’ils opéraient, la manière désinvolte avec laquelle ils traitaient les filles ou cherchaient à s’amuser avec elles, les multiples brigandages, rapines et activités de contrebande dont ils se rendaient coupables et dont témoignent le grand nombre d’informations judiciaires ouvertes contre eux. Tous ces ressentiments à l’égard des troupes occupantes jouèrent certainement en faveur de Morey puisque, traduit devant la cour d’assises de la Côte-d’Or, il fut acquitté par le jury comme n’ayant donné la mort que dans le cas de légitime défense. Une tentative de viol n’était pas, à cette époque, une chose si grave qu’elle excusât qu’on tuât son auteur, surtout si celui-ci était un représentant de l’autorité occupante, mais le jury populaire, devant lequel comparut l’accusé, dut, sans doute, pour l’acquitter, mettre en avant l’honneur national et le patriotisme dont Morey s’était trouvé être le défenseur.
Morey, sous la Restauration, se fit particulièrement remarquer pour ses idées politiques, qu’un rapport de police décrivait comme un mélange de napoléonisme et de républicanisme et surtout « d’une exagération rare ». Le procureur général, lors d’une demande de passeport que Morey fit, parlait de lui ainsi : « Cet homme s’est signalé, dans ces derniers temps, par les opinions les plus exaspérées contre le gouvernement royal. Habitant un faubourg de cette ville, il ne négligeait aucun moyen pour inspirer ses sentiments à la basse classe du peuple. On l’a vu, au moment de l’arrivée de l’usurpateur en France, arborer l’un des premiers les signes de la rébellion. Pendant le cours de l’usurpateur et lors de l’approche du duc d’Angoulême de la ville de Lyon, Morey excita des furieux qui partageaient ses opinions à se porter en avant pour arrêter le cours des armes du Prince. Cet homme, en un mot, est un des sujets les plus dangereux. »
En 1817, Morey quittait Dijon, à cause de l’hostilité des autorités et des notables qui lui rendait impossible le séjour dans la ville, et s’installait à Paris. Sans doute la conduite de sa femme y fut aussi pour quelque chose. Alors qu’il est dit, dans le rapport d’instruction, qu’ « on lui reproche d’avoir abandonné sa femme et ses enfants à Dijon pour venir à Paris », la vérité est peut-être que pendant les deux incarcérations successives de son mari, sa femme l’avait délaissé pour d’autres. « J’ai été obligé de me séparer de ma femme parce qu’elle était indigne de mon estime et qu’elle avait porté le déshonneur dans ma maison », lui fait dire l’abbé Grivel, dans ses mémoires. A Paris, Il continua d’exercer sa profession de sellier-bourrelier et habitait 33, rue Saint-Victor (mais 23, rue Saint-Victor en 1830 in Archives de Paris, VD6 672 n° 1 et in Archives de Paris VK3 34) avec sa concubine, la dame Mouchet, qui, aux yeux du voisinage, passait pour sa femme. Quand il avait quelques loisirs, il s’exerçait au tir ; particulièrement habile au maniement des armes à feu, il était connu jusque dans les environs de Paris pour ses succès comme tireur de prix. Il participa à la révolution de 1830. Un rapport de la mairie et le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales relataient ainsi sa participation aux combats : « Le 27, il fit partie des rassemblements de la rue Saint-Honoré, qui combattirent avec des pierres contre les gendarmes. Le 28, il combattit au quai de la Cité, se transporta à la poudrière pour se procurer des munitions, dont il manquait. Il combattit au pont d’Austerlitz et fit partie du détachement commandé par M. Maês (voir ce nom) jusqu’à la préfecture de police. Le 29, au désarmement des casernes, ensuite à Babylone, où il se rangea sous les murs de la caserne pour tirer contre les Suisses qui paraissaient aux croisées. Il entra par la porte de la buanderie pendant qu’on brûlait la porte de l’entrée principale. Le soir, fit partie du détachement qui se rendit à Bicêtre et fit enfin la campagne de Rambouillet. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 15 décembre 1830, à sept voix pour la croix, aucune voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. A noter qu’une note au crayon à papier (qui peut avoir été ajoutée après 1835 ou par malveillance, Morey avait de nombreux ennemis dans la Commission et pourtant de vrais amis comme Vayron ; en tout cas ce genre d’apostille est fréquent dans le registre et chaque fois démentie) est ainsi rédigée mais une grande partie illisible : « … mensongère… plusieurs fois.. sa moralité est équivoque. Ajourné [ce qui n’est pas le cas, il s’agirait donc d’un acte malveillant, N.D.A.] » Si la loi du 13 décembre 1830 instaura les récompenses de Juillet, une ordonnance, en date du 30 avril 1831, voulut changer les règles de la distribution et stipuler, entre autres, que la Croix de Juillet porterait gravée la légende Donné par le roi des Français, que la couleur du ruban serait bleue avec des lisérés rouges et que les citoyens décorés de la Croix de Juillet prêteraient serment de fidélité au roi des Français, et d’obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. Cette nouvelle ordonnance souleva des protestations chez les décorés de Juillet. Ces derniers trouvaient en effet cocasse de prêter serment à un roi qui, lui, n’avait pas combattu sur les barricades ! Et le journal la Révolution de demander : « Que parlez-vous donc de serment à des gens qui vous ont fait ce que vous êtes, et qui seraient plutôt en droit de vous demander compte de vos promesses...? » Alexandre Dumas, quant à lui, dans ses Mémoires, ajoutait la précision suivante : « Le droit acquis à la place de Grève, au Louvre et à la caserne de Babylone, est antérieur à tous autres droits : on ne peut, sans tomber dans l’absurde, supposer la décoration donnée par un roi qui n’existait point à cette époque, et pour la personne duquel, nous l’avouons hautement, nous ne nous battions point alors. » Une réunion eut lieu, à ce sujet, le 6 mai 1831, dans la salle de la Grande Chaumière, passage du Saumon, qui réunit un millier de décorés. Elle fut présidée par Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), avocat et qui représentait le (ancien) VIIe arrondissement. Avec au bureau : Lamoure (voir Lamoure, Auguste), représentant le (ancien) Ier arrondissement ; Arago (voir Arago, Etienne, Vincent), représentant le (ancien) IIe arrondissement ; Trélat (voir Trélat, Ulysse), représentant le (ancien) IIIe arrondissement ; Moussette (voir Moussette, Paul, Benoît), représentant le (ancien) IVe arrondissement ; Higonet (voir Higonet, Guillaume, Philippe, Joseph), représentant le (ancien) Ve arrondissement ; Bastide (voir Bastide, Jules), représentant le (ancien) VIe arrondissement ; Garnier-Pagès (voir Garnier dit Pagès, Etienne, Joseph, Louis), représentant le (ancien) VIIe arrondissement ; Villeret (voir Villeret, Antoine, Médéric ), représentant le (ancien) VIIIe arrondissement ; Gréau (voir Gréau, Anne, Louis), représentant le (ancien) IXe arrondissement ; Cavaignac (voir Cavaignac, Godefroy, Jacques, Eléonore), représentant le (ancien) Xe arrondissement ; Raspail (voir Raspail, François, Vincent), représentant le (ancien) XIe arrondissement ; Bavoux (voir Bavoux, François, Nicolas), représentant le (ancien) XIIe arrondissement ; Geibel (voir Geibel, Antoine, Benoit), représentant le (ancien) XIIIe arrondissement (arrondissement de Saint-Denis) ; Dumas (voir Dumas, Alexandre), représentant le (ancien) XIVe arrondissement (arrondissement de Sceaux). Voici comment Le Constitutionnel, du 7 mai 1831, rapporta le déroulement de cette réunion : « Les citoyens désignés pour la décoration de Juillet avaient été invités à se rendre aujourd’hui à la Grande-Chaumière, passage du Saumon, pour délibérer sur plusieurs questions relatives aux dispositions de l’ordonnance du 30 avril, qui détermine la couleur du ruban, décide que ces mots donné par le roi seront inscrits sur la décoration et prescrit un serment aux citoyens désignés. La réunion était très nombreuse. Un projet de résolution a été mis aux voix, article par article, et adopté sans discussion et sans réclamation. Voici l’acte proposé à l’approbation de l’assemblée : “Considérant que le serment en France ne peut être demandé que par une loi ; que nul article de la loi du 13 décembre 1830, qui a institué la décoration de Juillet, ne prescrit de serment ; que reconnaître au gouvernement le droit d’imposer une condition quelconque en dehors de la loi du 13 décembre 1830 ce serait lui reconnaître celui de modifier arbitrairement cette loi, et par conséquence de refuser les décorations acquises ou d’en distribuer de nouvelles sans le concours de la Commission ; que le roi, comme représentant de la nation, peut remettre aux décorés de Juillet, qui alors la recevraient de sa main, l’étoile qu’ils doivent porter mais que rien de l’autorise à la donner en son nom ; que ces mots donné par le roi, changeraient la nature de la récompense, qui cesserait d’être une récompense nationale, pour devenir une faveur royale ; que les faits à raison desquels la décoration a été instituée sont antérieurs à l’existence même du gouvernement du roi ; que le seul serment à exiger, en ce cas, serait celui de fidélité aux principes qui ont mis les armes à la main et valu la décoration nationale. Par ces motifs, les citoyens présents à la délibération s’engagent à ne pas se soumettre à la condition du serment, qu’ils considèrent comme illégale. Ils s’engagent, en outre, à porter immédiatement, après la décision prise par l’assemblée, la décoration spéciale, telle qu’elle a été fabriquée sur le modèle donné par la Commission.” La commission qui avait rédigé cette déclaration étant d’avis qu’il ne convenait pas à des citoyens, surtout à des citoyens de Juillet, d’attacher de l’importance à la couleur d’un ruban, le premier article a été adopté à la presque unanimité. Sur la question de l’inscription Donné par le roi, il a été clairement expliqué qu’il ne pouvait être dans la pensée d’aucun des patriotes de Juillet de refuser la décoration de la main du roi, et que la résolution n’était proposée que dans l’intérêt des principes et de la loi. La troisième question, celle du serment, a été résolue pour des motifs semblables. L’ordre le plus parfait a été observé dans cette délibération. Parmi cette élite des patriotes de Juillet, plusieurs portaient des marques glorieuses de leur courage. On a distingué avec intérêt un vieux citoyen (voir Decombis, Antoine) blessé une première fois, le 14 juillet 1789, devant la Bastille, et blessé de nouveau, le 28 juillet 1830, devant l’Hôtel de ville. Il avait obtenu la médaille commémorative de la victoire du 14 juillet 1789. Toute l’assemblée s’est empressée de rendre honneur à ce vétéran de la liberté. La séance levée, plusieurs des assistants se sont empressés de se séparer du ruban bleu bordé de rouge. Une quête a été faite au profit des détenus politiques. » Il fut, curieusement serait-on tenté de dire s’il n’était pas le seul dans ce cas, l’un des signataires (voir la liste des signataires à Fribourg, François) de la pétition suivante, qui protestait contre les différentes contestations qui repoussaient les délais de remise des décorations : « Sire, les combattants de Juillet s’attendent depuis longtemps à voir briller sur leur poitrine un signe de liberté et d’honneur. La Commission des récompenses nationales avait arrêté le modèle des décorations et même le ruban, il était rouge avec deux raies noires. Elle avait voulu sans doute, par un signe perpétuel de deuil, rappeler le souvenir de nos braves camarades qui ont succombé dans la glorieuse lutte de la liberté contre le despotisme. Cette décision a reçu son exécution, la croix et le ruban ont été fabriqués et, la Commission ayant terminé son travail, rien ne s’oppose à ce que les décorations soient distribuées dans les premiers jours de mai et que cette distribution soit l’épisode le plus glorieux de la fête de Votre Majesté. Mais, Sire, il n’en n’est pas ainsi : on croit aujourd’hui devoir ôter de la décoration les mots qui la caractérisent, la date de nos immortelles journées, changer la couleur du ruban et prolonger ainsi indéfiniment l’exécution des promesses sacrées. Les blessés et tous les combattants de Juillet sont persuadés, Sire, que vous ignorez ces misérables tracasseries et que jamais vous n’avez eu l’intention de déprécier une récompense acquise au prix de leur sang et d’empoisonner ainsi la joie qu’ils éprouvent de recevoir de votre main un signe si glorieux. Ils vous supplient, Sire, de donner des ordres pour que rien ne soit changé aux dispositions arrêtées par la Commission et déjà exécutées et de fixer le jour le plus prochain pour cette distribution. Ils sont, Sire, de Votre Majesté, les très fidèles sujets. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. De la conduite de Morey pendant les révoltes de juin 1832 et d’avril 1834, on ne connaît que sa participation attestée à l’aide et aux secours qu’il apporta à un sous-officier blessé, qu’il conduisit lui-même à l’hôpital de la Pitié. Un rapport de police, laconique, nous apprend pourtant « […] qu’aux événements de juin et d’avril, il aurait été le chef d’une réaction dangereuses pour les propriétés, si les révoltés avaient triomphé ».
C’est parce qu’il habitait une rue voisine du moulin de Croulebarbe que Morey fit la connaissance de Fieschi. Tous les deux amateur de pistolets et de fusils, ils en vinrent à se fréquenter, et Morey accepta, plusieurs fois, l’invitation de Fieschi à venir chez lui tirer à la cible. Ils furent intimes, et le républicanisme de Morey devait, sans doute, s’accommoder des outrances tantôt napoléonistes, tantôt républicaines que Fieschi proférait et dont il n’est pas sûr que Morey fît grand cas ou les respectât ; mais c’était l’époque où, dans le quartier de Croulebarbe, Fieschi était connu sous le nom du « républicain », du petit républicain » ou du vétéran républicain », et le moulin désigné sous celui de « la république de Croulebarbe ». Morey, quant à lui, affirmait les mauvaises dispositions dans lesquelles il était à l’égard du roi : « Souvent il manifesta, en présence de Fieschi, les vœux les plus atroces : tantôt il aurait voulu tenir le roi au bout de son fusil à cent cinquante pas, sûr qu’il était de ne pas le manquer ; tantôt il regrettait que sa position de fortune ne lui permît pas de louer la maison la plus voisine du Corps législatif : il l’aurait minée, disait-il, pour la faire sauter au moment où le roi serait venu ouvrir la session. » Morey, selon qu’il fut découvert par la police, appartenait à la Société des Droits de l’Homme, dans laquelle il remplissait les fonctions de commissaire de quartier ; il était donc susceptible d’activités clandestines.
Si les deux hommes semblaient vivre en bon voisinage, cela n’empêchait pas, cependant, Fieschi de dénoncer les rares confidences que lui faisait Morey. Ainsi, quand, montrant la maison que faisait construire Lavocat, Morey dit à Fieschi : « Voyez-vous cette maison, elle est bâtie par les ministres, avec l’argent qu’ils ont donné à monsieur Lavocat pour les avoir sauvés ; mais gare à ce monsieur Lavocat, s’il tombe jamais au bout de mon canon, je ne le manquerai pas ! » ce dernier rapporta-t-il à son protecteur les menaces du républicain.
Plus tard, en novembre 1834, quand pour Fieschi tout allait si mal, il trouva refuge chez Morey. Sans qu’on sache en quelle estime réciproque se tenaient les deux hommes, on peut penser que, de la part de Morey, il ne s’agissait là que d’un mouvement d’entraide. La situation difficile dans laquelle était Fieschi avait dû émouvoir d’autant plus le vieux républicain qu’il le croyait poursuivi pour délit politique. Pendant deux mois, Morey offrit l’hospitalité à Fieschi et celui-ci le regarda, selon ses propres termes, comme un véritable bienfaiteur; non seulement Morey le recueillit mais encore il lui fit partager sa table et même lui donna quelques vêtements pour remplacer les siens, trop usés. Quant à Fieschi, il ne fut nullement maître de son choix, et lorsque, plus tard, le président du tribunal lui demanda comment il avait pu accepter l’hospitalité de quelqu’un qui avait des desseins aussi coupables envers son protecteur, il expliquera : « Songez que j’étais alors poursuivi, je ne savais où reposer ma tête ; je crois que j’aurais été me jeter dans la fosse de l’ours Martin, du Jardin des Plantes ; à plus forte raison, j’ai pu aller chez Morey. »
C’est alors qu’il était hébergé chez lui que Fieschi eut l’idée de sa machine infernale. Morey fut séduit par le mécanisme et conçut, le premier, l’idée de la faire servir à un attentat contre le roi. A l’insu de Fieschi, il montra à Pepin le dessin que celui-ci lui avait confié. Puis Morey retourna voir Fieschi et lui dit que s’il voulait se décider à construire une machine sur ce plan, Pepin ferait volontiers la dépense nécessaire. Il mit en relation Fieschi et Pepin. Morey, tout en continuant d’aider Fieschi à se cacher, participa activement aux préparatifs. Sur la recommandation de Morey, son neveu Renaudin, fit entrer Fieschi dans la fabrique de papiers peints de Lesage, sous le nom de Bescher et avec un livret que lui, Morey lui procura. En se faisant passer pour l’oncle de Fieschi, Morey alla visiter avec lui le logement que ce dernier avait arrêté, en approuva le choix et se porta garant, au moment de la location. A diverses reprises, il servit d’intermédiaire pour remettre l’argent qui permettait de payer soit les arrhes du marché des canons de fusils, soit d’acquitter le prix de la malle utilisée pour transporter ces canons, soit enfin de subvenir aux besoins personnels de Fieschi. Morey prit aussi part à l’expérience du Père-Lachaise, dont le but était de reconnaître et d’éprouver le meilleur moyen de mettre le feu à la machine. Il fournit à Fieschi les balles, les chevrotines et la poudre qui servirent à charger les canons ; il aida à charger les canons. Morey, enfin, promit de prendre soin de Nina Lassave, procura un passeport pour assurer la fuite de Fieschi et tenta de faire disparaître tous les indices susceptibles de mettre la justice sur les traces de Fieschi, après l’attentat.
Arrêté après l’attentat, Fieschi, après avoir longtemps gardé le silence, en vint, bientôt, à porter contre Morey la plus grave des accusations : celle de l’avoir trahi et de l’avoir exposé dans un attentat conçu pour qu’il y pérît. Car quelque chose tourmentait sans cesse Fieschi : comment se faisait-il qu’il eût été blessé et de manière si grave au moment de l’explosion de la machine ? Comment se faisait-il que tout se fût passé aussi mal, alors que la mise au point avait été faite par des hommes qui connaissaient bien leur affaire et dont l’habitude qu’ils avaient du maniement des armes rendait toute erreur presque impossible ? Fieschi trouva l’explication, de l’accident dans les préméditations de son complice : « Il s’agit de savoir pourquoi j’ai soupçonné la trahison de Morey à mon égard ; [...] J’ai donné à Morey les balles pour charger les fusils ; elles étaient plus grandes que les calibres ; il fallait les forcer pour les faire entrer dans les canons, il fallait pour cela les frapper avec un maillet. Mais quand même elles auraient été plus petites que les calibres, rien n’est plus facile que de charger une arme de manière à la faire crever. Morey a fait un tour de chasseur : étant un des premiers tireurs de France, il connaît l’effet des armes à feu comme je le connais moi-même. Il suffit de ménager, en chargeant une arme, un espace vide entre la poudre et les balles, on est sûr alors que, par la compression de l’air, les canons crèveront. Il sera facile aux gens de l’art de s’assurer que tous les fusils n’étaient pas chargés au même point, voilà pourquoi plusieurs ont crevé de manière à faire sauter les débris de la culasse en face de moi, et à me laisser mort sur le coup. [...] J’affirme que Morey a chargé les canons de manière à me faire rester sur la place. » Les experts nommés par le tribunal allèrent dans le même sens que Fieschi et assenèrent la même terrible accusation contre celui qui avait préparé les canons : « La personne qui les avait chargés connaissait peu les armes à feu ou elle les a chargés à dessein de faire éclater les canons. Il y en a eu quatre ou cinq canons crevés. On avait laissé un espace vide entre la poudre et la charge ; il était impossible que ces canons ne crevassent pas. [...] Les projectiles étaient à un pouce de la culasse; ils tenaient tellement qu’on ne pouvait les faire avancer ni reculer. »
Morey, comme Pepin, dénia toute participation au complot et protesta de son innocence avec la même obstination. Mais, là aussi, déclarations et investigations s’accumulèrent, lourdes d’accusations, et contre lesquelles Morey avait les plus grandes peines à se débattre. Quand on lui rappelait les paroles qu’il avait tenues à Fieschi, que s’il avait Louis-Philippe au bout de son fusil, il ne le manquerait pas, il répondait : « C’est une pure invention pour mettre les gens dans la peine et Fieschi est un vrai coquin d’aller chercher des choses comme cela. » Lorsqu’on lui demandait s’il se souvenait d’avoir parlé à Fieschi du projet qui eût consisté à louer la maison la plus voisine de la Chambre des députés, à la miner et à la faire sauter, lors de la présence du roi, le jour de l’ouverture des Chambres, il rétorquait : « Est-il possible, Grand Dieu, d’inventer des choses pareilles. Tout cela c’est un tissu de mensonges. » Et encore : « Je suis tout à fait innocent de ce que Fieschi a fait et si je meurs, je mourrai innocent, je ne crains pas de le dire. » Interrogé sur ce qu’il savait des préparatifs de l’attentat, il se récriait : « Je n’avais aucune connaissance dans toutes ces affaires-là. » Ou encore : « Je ne sais rien. Je vous dis la vérité, la mort n’est rien pour moi ; le seul regret que j’aurai ce sera de laisser des dettes. » Questionné sur la responsabilité des républicains dans le déroulement du complot, il assurait : « Je ne peux dire ce que je ne sais pas. Je sais que Fieschi est un misérable qui a voulu me perdre, et voilà tout. » Plus tard, devant les premiers résultats de l’enquête et alors que l’instruction recueillait contre lui, et avec précision, des charges qu’elle lui présentait comme écrasantes, il garda la même attitude. Ce fut, d’abord, la déposition de Nina, qu’on vérifia et dans laquelle elle affirmait qu’après avoir déjeuné avec lui à la barrière de Montreuil, Morey avait jeté au coin d’un mur, un sac de balles qu’il avait dans sa poche. Le 8 août, un commissaire de police fit effectuer des recherches en présence de Nina Lassave et, à l’endroit indiqué par elle, on découvrit sous des feuilles, sèches et au pied d’une haie, un sac de toile qui contenait une soixantaine de balles et une chevrotine. Une expertise ordonnée par le juge montra alors que les balles étaient exactement du même calibre et de la même nature que celles qu’on avait retrouvées dans les canons de fusil qui n’avaient pas éclaté. A cette époque où chacun coulait soi-même les balles dont il avait besoin, les similitudes n’étaient pas si fréquentes qu’on manquât de les remarquer et de les considérer, lorsqu’elles existaient, comme un témoignage de culpabilité. Morey pourtant refusa de reconnaître, dans la découverte de ces balles, toute espèce de preuve contre lui et, repoussant les faits, accusa Nina Lassave que si on les avait trouvées, « c’est qu’elle les avait, sans doute, portées dans cet endroit. Si j’avais eu des balles, je les aurais jetées dans la rivière en passant, et je ne me serais pas amusé à les porter dans ma poche jusqu’à la barrière ». Autre recherche effectuée avec succès pour confondre le républicain, la police fouilla la fosse septique de la maison qu’occupait Morey, rue Saint-Victor. Elle y trouva le carnet dont Nina avait parlé et qui appartenait à Fieschi. Sur ce carnet, il n’y avait que quelques notes, des renseignements sur les voitures omnibus, des adresses sans noms, des noms sans adresses, les prix de certains de ses objets mobiliers, celui des pièces de bois qu’il avait achetées pour construire la machine, celui de la malle, des sommes relatives au paiement des demi-termes de son loyer ou aux secours qu’il avait reçus de Pepin, et même au milieu de ces comptes et de ces notes, cette phrase qu’il avait écrite : « Le mois de juillet effrayera la France » ; mais la découverte de ce carnet apportait une nouvelle preuve que Nina Lassave n’avait pas menti dans ses déclarations. Elle avait assuré avoir remis le carnet à Morey, après l’ouverture de la malle, et que celui-ci lui avait dit qu’il s’en débarrasserait; et même si Morey se récria que c’était « infâme de dire des choses comme celles-là, parce qu’il est possible que le jour où elle est venue à la maison, elle ait jeté elle-même le carnet dans les latrines », pour les juges, le fait qu’on avait retrouvé le carnet démontrait que Nina, tout au long de son interrogatoire, avait toujours dit la vérité et qu’on pouvait, par conséquent, considérer avec une totale confiance l’ensemble de ses dépositions. Contre toutes les accusations de ses coïnculpés, comme devant les vérifications effectuées par la police et qui, parce qu’elles concordaient, fournissaient autant de charges contre lui, Morey luttait, accusait Nina Lassave de malveillance et faisait remarquer toute l’imprudence et le peu de bon sens qu’il y aurait eu si « après une chose comme celle-là, je fusse allé chercher une enfant pour la lui conter ». Mais il n’arrivait pas à entamer la conviction des magistrats instructeurs, peu enclins à le croire, et qui, sans doute, eurent la partie belle quand, sermonnant, une dernière fois, le vieil ouvrier républicain, ils le pressaient d’avouer : « Malgré tout ce que vous pouvez dire, vous êtes très compromis par des contradictions formelles qui existent entre vos réponses et des dépositions dont la vérité ne peut être révoquée en doute, et des faits qui sont constatés. Réfléchissez bien que, dans une telle situation, vous n’avez d’autre moyen d’obtenir quelque droit à l’indulgence de la justice que la franchise de vos aveux. » Ce à quoi Morey, qui savait tant de choses, se contenta de répondre : « C’est tout réfléchi, car si je savais quelque chose je le dirais. »
Sur sa détention, Maxime Du Camp dit : « Comme sa santé était toujours fort compromise, on l’enleva au régime sévère de la Conciergerie, et on le transporta à Bicêtre, où l’air vif de la colline et l’espace des larges préaux activeraient sa convalescence ; le transfert eu lieu le 1er novembre et ne produisit pas les résultats que l’on avait espérés ; on le conduisit alors à l’hôpital de Notre-Dame-de-la-Pitié, où il entra le 11 du même mois. On put comprendre alors quelle importance les sectaires dispersés dans Paris, attachaient au silence du vieux bourrelier. Sous toutes sortes de prétextes des gens s’introduisaient dans l’hôpital, – l’accès des hôpitaux était alors plus facile qu’aujourd’hui – cherchaient à voir le malade et essayaient de communiquer avec lui. Un rapport dit : “On semble venir pour l’encourager à se taire, ou pour voir s’il ne va pas bientôt mourir.” Sa mort, en effet, eût allégé plus d’une poitrine. Les précautions sévèrement prises déjouaient toutes ces tentatives. Morey, gardé par des inspecteurs du service de la sûreté, était enfermé dans un appartement séparé faisant suite à la salle Saint-Raphaël et qu’occupe aujourd’hui le ventouseur de l’hôpital ; des barrières en bois, des murailles en planches, de solides portes supplémentaires isolaient l’accusé dans une chambre d’où il pouvait apercevoir le toit de la galerie zoologique du muséum d’histoire naturelle. Un rapport de police, en date du 19 novembre 1835 [coté Archives nationales CC 674 dossier Morey pièce 20 N.D.A.], appelle l’attention du préfet sur un complot formé pour enlever Morey ; les employés subalternes du Jardin des Plantes, – “presque tous acquis aux doctrines subversives,” – cherchent le moyen de pénétrer dans La Pitié, d’en emporter Morey et de le tenir caché au Muséum. Une fois là, on ne le trouvera plus, car on a trop d’intérêt à sa mort pour qu’il reparaisse jamais. Le rapport laisse supposer que certains employés du Jardin du roi connaissaient le projet de l’attentat, et ajoute : “On traite Fieschi de lâche et de scélérat, parce qu’il fait des révélations.” Il ne faut pas oublier que la maison de Morey, 23, rue Saint-Victor, n’était pas éloignée du Jardin des Plantes et qu’elle était voisine de celle de Blanqui jeune, qui demeurait rue des Fossés-Saint-Jacques n° 13. De tels rapports motivèrent un redoublement de surveillance, et la consigne qui maintenait Morey au secret fut plus rigoureusement que jamais. »
Morey fut condamné à mort par la Cour des pairs et exécuté le 19 février 1836. Avant son exécution, il restait calme. Grivel raconte : « Il me parla, d’une voix éteinte, de sa surdité, de son oppression, de ses douleurs rhumatismales, de la difficulté qu’il éprouvait pour marcher, et finit par me dire : “J’ai toutes les infirmités à la fois; quand on est dans un pareil état, la mort n’est pas un malheur, c’est plutôt un bienfait.”» Dans Z. Marcas, Balzac fait ainsi parler le héros de son livre : « Le silence et toute sa majesté ne se trouvent que chez le Sauvage. Il n’est pas de criminel qui, pouvant laisser tomber ses secrets avec sa tête dans le panier rouge, n’éprouve le besoin purement social de les dire à quelqu’un. Je me trompe. Nous avons vu l’un des Iroquois du faubourg Saint-Marceau mettant la nature parisienne à la hauteur de la nature sauvage : un homme, un républicain, un conspirateur, un Français, un vieillard a surpassé tout ce que nous connaissons de la fermeté nègre et tout ce que Cooper a prêté aux Peaux-Rouges de dédain et de calme au milieu de leurs défaites. Morey, ce Guatimozin (N.D.A. : dernier prince aztèque, Cuauhtemoc et non Guatimozin fut torturé en 1521 et garda jusqu’à la mort une attitude impassible) de la Montagne, a gardé une attitude inouïe dans les annales de la justice européenne. » Le 20 février 1836 à 6 heures et demie du matin, au cimetière des Hospices, on procéda à l’exhumation du corps des suppliciés Morey et Pepin pour qu’ils fussent réinhumés au cimetière du Montparnasse. Le cercueil de Morey fut déposé dans une fosse temporaire dépendante du carré dit 4e carré, fosse n° 16 ; celui de Pepin au 4e carré fosse n° 15. Le procès-verbal constatait la présence des témoins suivants : Renaudin, Jean-Baptiste, Henri, fabricant de couleurs, demeurant 20, petite rue de Reuilly, neveu de Morey ; Magnier, Prosper, garçon épicier chez Pepin, demeurant 1, rue du Faubourg-Saint-Antoine ; Gambin, Joseph, Théodore, imprimeur, demeurant 37, rue Saint-Merri ; Fremont, Victor, peintre en décors, demeurant 8, rue Lesdiguières ; Calmus, Jean, ébéniste, demeurant 26, rue de Charenton ; Amillac, Auguste, ébéniste, demeurant 2, rue Jean-Beausire ; Dumas, Pierre (voir ce nom), gantier, demeurant 10, rue de Tracy ; Fouignet, Antoine, propriétaire, demeurant 11, rue de l’Ouest ; Grouvelle, Laure, rentière, demeurant 2, rue des Beaux-Arts ; Saint-Aubert, Louis, lithographe, demeurant rue du Four-Saint-Germain ; Bietre, Edmond, Louis, propriétaire, demeurant 161, rue Saint-Dominique ; Moret, Arsène (voir sans doute Moret, Arsène, François ?), serrurier, demeurant 6, rue du Jardin-du-Roi. Il fut inhumé le 20 février 1836 dans une tranchée gratuite du cimetière du Montparnasse ; cette sépulture n’existe plus aujourd’hui. Dans ses Mémoires, Chambolle (voir Chambolle, Michel, Auguste) donnait l’appréciation suivante sur Morey, au procès duquel il eut l’occasion d’assister : « Le vrai, le seul fanatique, était un vieux jacobin, nommé Morey, dont on ne put obtenir aucun aveu, qui ne manifesta aucun repentir, et qui, jetant le même regard de mépris sur ses deux complices, l’un révélateur, l’autre lâche, fit comprendre, par son attitude et par son silence obstiné, la nature indomptable et farouche de ces terroristes de 1793 qui ne reculaient ni devant le meurtre ni devant la mort. » La Gazette du 29 avril 1837, nous apprend qu’en 1835, Morey avait dû abandonner son fonds de commerce afin de désintéresser ses créanciers et que sa famille était dans la misère. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; La Gazette, 29 avril 1837 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VK33 Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, propositions honorifiques du 20 janvier 1831, idem Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 15 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem un feuillet intitulé Individus qui se sont présentés sans dossier ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F 7 6910 n° 7946 ; Le Constitutionnel, 7 mai 1831 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, huitième série, nouvelle édition, Paris chez Lévy frères, 1869, pp. 162-166 ; Archives nationales F/9/1154 Protestations, Archives nationales CC 674 D Morey p. 9, 15, BB 3 d 35, catalogue de la préfecture de police ; Archives de la préfecture de police AA 423 Affaires diverses 1835. Pepin ; Attentat du 28 juillet 1835, Cour des pairs volume 1, Imprimerie royale, Paris, 1835-1836 (dont p. 212) ; Ma prison du Luxembourg, sous le règne de Louis-Philippe, Abbé Grivel, chez A. Vaton, Paris, 1862 ; Retours sur la vie, Appréciations et Confidences sur les hommes de mon temps, Chambolle, Paris, Plon-Nourrit, 1912, p. 114 ; L’Epopée des régicides. Passions et Drames. 1814-1848, Louessard, l’Insomniaque, Paris, 2000.