Morhery, Adolphe, Robin
Biographie
Né le 12 prairial an XIII (1er mai 1805) à Loudéac (Côtes-du-Nord) (sous le nom de Robin-Morhéry, Adolphe, Louis, Marie, Napoléon). Etudiant en médecine, puis médecin. Carbonaro, sous la Restauration, ce fut lui qui avec Marrast (Voir Marrast, Armand), conduisit le cortège des funérailles du député Manuel, en août 1827. Il fit partie du comité supérieur de l’Association de janvier 1830, société républicaine créée au début de l’année 1830, par Fabre, Auguste (voir ce nom), Danton, Jean-François (voir ce nom), Divel, Amand, Adolphe (voir ce nom), Sempoil (voir ce nom) ; le commandement en fut confié à Lafayette (voir ce nom), le commandement en second, à Fabre, Auguste (voir ce nom). Elle fut créée pour répondre à un coup d’Etat dont on prévoyait que les libertés étaient menacées et pour préparer les mesures de défense qu’on déploierait contre ce même coup d’Etat quand il éclaterait. Il écrivit au sujet de l’Association de janvier 1830 dans Réponse aux outrages et aux calomnies dirigées contre moi : « Au commencement de janvier 1830, prévoyant le coup d’Etat dont la liberté était menacée, et voulant organiser des moyens de défense contre les mesures sanglantes que préparait le pouvoir, quelques patriotes, parmi lesquels je citerai MM. Danton) (voir Danton, Jean-François), Sempoil (voir ce nom), Divel (voir Divel, Amand, Adolphe), Guérin (nom à retrouver), tous combattants de juillet, arrêtèrent en commun avec moi le projet de former une association ayant pour but de faire tourner au profit du peuple les tentatives qu’on pourrait oser contre lui. Nous fîmes à ce sujet des ouvertures à plusieurs généraux qui nous donnèrent de belles promesses, mais ne voulurent jamais rien entreprendre. Enfin M. Danton (voir Danton, Jean-François) nous proposa d’en parler à l’auteur de la Guerre nationale, qu’il connaissait particulièrement, M. Auguste Fabre, et il avait un titre bien glorieux encore, celui de frère du grand écrivain, de l’illustre patriote dont la France déplorera longtemps la perte, de Victorin Fabre. Nous acceptâmes. M. Danton lui fit part de nos desseins. On convint qu’il commanderait en second l’association, et qu’il nous mettrait en rapport avec le général Lafayette que nous choisîmes pour commandant en chef. MM. Danton, Sempoil et moi, promoteurs de cette société patriotique, en formions le comité supérieur. Seuls nous avions des rapports directs avec les deux commandants. En très peu de temps nos ventes se répandirent parmi les citoyens de toutes les classes, députés, militaires, ouvriers et étudiants. Je pourrais donner les noms d’un grand nombre de pompiers qui livrèrent leurs armes à leurs coassociés au moment du combat de juillet ; mais je crains d’être taxé d’indiscrétion ; et pour le même motif je passe sous silence le nom de plusieurs députés et d’un grand nombre de militaires. Qu’il me suffise pour le moment d’appeler en témoignage quelques-uns de mes compatriotes qui tous, moins les absents, ont pris une part active à notre révolution. Tels sont MM. Emile Lebreton (voir ce nom), Guilhem (voir ce nom), fils du député, et le brave Kersausie (voir Kersausie, Guillard de, Joachim, René, Théophile) qui, à la première nouvelle des ordonnances, insurgea le 4e régiment de hussards dans lequel il était capitaine. Faut-il ajouter à ces patriotes MM. Le Calvé (voir ce nom), de Saint-Brieuc, qui s’est si bien montré en juillet ; Martin (voir ce nom), Genest (voir ce nom), Boullé (voir Boulay, Séverin, Constant) de Saint-Malo ; Richard (voir ce nom), Bertrand (voir Bertrand, François), décoré de juillet ; Jules Bernard (voir ce nom), fils du député ; son père (voir Bernard de Rennes, Louis, Désiré), maintenant conseiller en Cassation ; son oncle (voir ce nom), ex-préfet des Hautes-Alpes, et le malheureux Papu (voir Papu, Nicolas, François), de Rennes qui remplaça dans ma vente mon compatriote Sébilot (voir Sébillot, Pierre), maintenant médecin à Matignon ; enfin Mestivier (voir ce nom), Chauveau (voir ce nom), Henri, de Lavalle (voir ce nom) ; Potier (voir ce nom), de la Mayenne ; Barnio (voir ce nom, fiche à faire), de Pongibaud (voir Barnicaud, Jourdain, Antoine) ; Vimal (voir ce nom), de Clermont, tous les deux décorés de juillet ; Roger (voir ce nom), de la Vendée ; Bouvier (voir ce nom), du Jura et tant d’autres enfin qu’il serait trop long de nommer et qui se sont consacrés au triomphe de notre révolution. » Après avoir prit part aux combats de juillet, il rentra pour sn pays natal pour les vacances, puis se rendit à Strasbourg pour y soutenir sa thèse de médecine. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il signa, le 5 août 1830, le certificat suivant en faveur de Boulay, Séverin, Constant : « Nous, soussignés, attestons que M. Boulay, Séverin, Constant a combattu pour la cause de la liberté dans les journées des 27, 28 et 29 juillet dernier et qu’il a par son dévouement et sa bravoure bien mérité de la patrie et de ses concitoyens. » Il fut à l’initiative avec Sambuc, 29 décembre 1830, d’un projet d’Association des écoles de Droit, de médecine et Polytechnique afin d’entretenir parmi les étudiants « la concorde, la fraternité et l’uniformité de principes » Il prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir la retirer, le 20 avril 1832, dans la mairie de la ville de Loudéac ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il apostilla en le recommandant « d’une manière spéciale à l’attention de M. le président des récompenses nationales », le 18 juin 1848 et comme présentant du peuple pour les Côtes-du-Nord, la demande présentée par Vivier, Jean-Baptiste devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, afin d’obtenir un secours. Il est l’auteur de Réponse aux outrages et aux calomnies dirigés contre moi par M. Bigrel et consorts, chez Auffray, 1832. Il mourut le 21 décembre 1864 à Paris. Il demeurait 15, carrefour de l’Odéon, chez Mme Pivain, en juillet 1830 ; 21, rue Monsieur-le-Prince à la fin de 1830. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, Etat des citoyens décorés de la Croix de Juillet, dont la décoration n’a pas encore été retirée, prestations de serment et autorisations de retirer des brevets, reçus de brevets, correspondance générale, demandes de décorations et médailles ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/46 in dossier Boulay, Séverin, Constant ; Archives de la préfecture de police AA 417 in dossier Vivier, Jean-Baptiste ; La Révolution de 1830, et le véritable parti républicain, Volumes 1 et 2 de Auguste Fabre chez Thoisnier-Desplaces 1833 ; Histoire politique des écoles et des étudiants depuis le Moyen Age jusqu’à 1850, Watripon, Paris, chez Michel et Joubert, 1850, tome I, p. 128-129, 135.