Morin, Pierre, François

Biographie


Né le 27 brumaire an VII (10 novembre 1798) à Carouges (Orne), de Morin, Alexis, laboureur, et de Gautier, Madeleine. Faucheur. Il fut tué de plusieurs balles, le 29 juillet sur la vieille route de Neuilly en face de l’enclos des montagnes russes, par des soldats de la garde royale. Le certificat suivant établissait les circonstances du décès : « Nous, soussignés, certifions pour rendre hommage à la vérité que le nommé Morin, Pierre, François, moissonneur, domicilié en la commune de Sainte-Marguerite-de-Carrouges, et fils de veuve Alexis Morin, indigente à l’époque de la journée mémorable du 29 juillet 1830, a perdu la vie par le feu des soldats du 1er régiment de la garde royale, en se battant pour la liberté, en présence du sieur Allain Laurent, (faucheur domicilié à la commune de Vrigny, département de l’Orne, arrondissement d’Argentan) pour qui il travaillait, étant en train de faucher lorsque les troupes effectuaient leur retraite par le bois de Boulogne et c’est à cette place qu’il perdit la vie et plusieurs autres. » Signé : Allain, Laurent ; Petitot (voir ce nom ?), sergent de la garde nationale ; Thuilleaux, garde champêtre. Son décès fut constaté par jugement du 20 octobre 1831. De la même manière, Le 16 septembre 1831, devant le juge de paix de la commune de Neuilly, comparurent : Josset, Charles, propriétaire, demeurant aux Thermes ; Petitot, François (voir ce nom), propriétaire, demeurant aux Thermes ; Allain, Laurent, faucheur, demeurant aux Thermes ; Herbinière, Jacques, François (voir son fils, Herbinière, Jean-Pierre, Marin), marchand des quatre-saisons, demeurant 37, rue du Four-Saint-Honoré. Ils attestèrent avoir connu Morin, Pierre, François et savoir que « ledit Morin a été tué le 29 juillet 1830 sur la vieille route de Neuilly, en face l’entrée de l’enclos des montagnes russes par la fusillade d’un peloton de l’ex-garde royale, au moment où lesdits sieurs Petitot et Allain étaient l’un dans le cabaret en face duquel Morin a été tué et l’autre derrière un arbre de la route, au pied duquel ledit Morin est tombé percé de plusieurs balles ». Il était célibataire et laissait une mère, Gautier, Françoise, Madeleine, née le 9 août 1773 (bien le 9 août 1773 dans son acte de baptême ; mais par erreur le 10 août 1773 dans son acte de mariage) à Carrouges, veuve Morin, sans fortune, dont il était l’unique soutien. Le maire de Sainte-Marguerite-de-Carrouges, lui délivra un certificat, en date du 4 mai 1831, comme quoi elle ne possédait « qu’une très médiocre fortune, bien insuffisante pour la faire exister et que son fils était le seul appui de sa vieillesse ». Elle n’apparaît pas sur la liste des pensionnés ; elle est pourtant in Tableau général et alphabétique des pensions pour une pension de deux cents francs. Le 19 avril 1831, la préfecture lui demandait ses pièces pour valider l’ouverture de ses droits à une pension. Il lui fut cependant accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Dans une lettre adressée par la Commission des réclamations de Juillet, présidée par Benard de Courtigis (voir ce nom) et établie 10, rue Neuve-Bourg-Labbé, au ministre de l’Intérieur et président du Conseil, la mère était citée en exemple comme quelqu’un dont les droits avaient été méconnus : « Morin, veuve Magdelaine (sic), mère de Pierre, François Morin. Mort le 29 juillet 1830, en combattant contre les troupes royales. Sont joints à l’appui un acte de mariage, acte de décès, certificat d’indigence augmentée par la perte de son soutien, lettre de M. le préfet d’Alençon (Orne). » Une apostille de la Commission des récompenses nationales, en marge de la lettre de la Commission des réclamations, faisait observer qu’il n’existait aucune trace de la demande de la mère. Les parents s’étaient mariés le 25 pluviôse an VI à Carrouges ; sur l’acte de mariage, Morin, Henry, Alexis est indiqué comme le fils de feu Morin, Henri, serrurier, et de feue Gautier, Marie son épouse. Morin, Alexis devait décéder le 2 février 1819 à Carrouges. Gautier, Madeleine, Françoise (sic) est indiquée comme la fille de feu Gautier, Louis et de Chauvière, Madeleine. Il demeurait à Neuilly au quartier des Ternes ; sa mère, à Sainte-Marguerite-de-Carrouges en 1831. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 112 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 61 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (30 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Papu, Nicolas, François ; Archives nationales F/1dIII/82 Commission des réclamations de Juillet, extrait de quelques dossiers pris sur le travail général de la Commission des réclamations et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIIe arrondissement, arrondissement de Saint-Denis, ascendants ; Archives de la préfecture de police AA 403.

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