Morin, Victor
Biographie
Né vers 1810 à Paris. Tapissier. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il fut médaillé de Juillet auprès de la mairie du Xe arrondissement (sous quel nom dans les journaux ? il est pourtant bien répertorié à la mairie du Xe arrondissement, f° 11 n° 141.). Sa médaille fut délivrée à son père le 24 juin 1831 et son brevet le 29 août de la même année. En 1831, il était sergent au 65e de ligne, caserné à Arras (Pas-de-Calais). Il sollicita, en 1852 et pour la première fois, des secours. Les renseignements de police rapportèrent sur son compte : « […] Attaché depuis 1849 à l’administration de la préfecture de police, en qualité d’inspecteur des maisons garnies et chargé comme tel de l’exploration de l’une des plus importantes sections de Paris, celle du Palais-Royal. Son traitement annuel est de mille trois cents francs et c’est son unique ressource. Veuf depuis douze ans, il est resté avec cinq enfants dont un seul, sa fille aînée qui est mariée, n’est plus à sa charge. Le sieur Morin a été établi tapissier et a fait de mauvaises affaires. Il aurait encore, à ce qu’il paraît, quelques petites dettes à éteindre. C’est du reste un brave homme, tout dévoué à l’administration. » Et en 1855 : « Habite depuis quinze jours rue Mademoiselle, n° 18, à Vaugirard, avec son père, qui a l’air d’un petit rentier. Le sieur Morin occupe un logement de deux cents francs par an. Il est âgé de quarante-cinq ans ; il a été marié, il avait cinq enfants ; il avait deux fils sous les drapeaux, un vient de mourir du choléra en Crimée, et un autre est amputé d’un bras ; il a trois filles, l’aînée est giletière et gagne soixante-quinze centimes par jour, une, qui est fleuriste, gagne un franc par jour, et la plus jeune est en apprentissage. Le sieur Morin est inspecteur en garni attaché à la préfecture de police, aux appointements de mille cinq cents francs par an. Cet homme est décoré de juillet 1830. Tout chez lui annonce une personne aisée, il a le confortable, il n’a pas besoin de secours. » Il reçut un secours de soixante francs en 1852 et en 1853. En conséquence du dernier rapport de police, le secours de quarante francs, dont le versement était préparé à son intention, fut ajourné. Il demeurait 24, rue du Cherche-Midi en 1830 ; 6, rue de Conti, chez son père en 1831 ; 4, rue des Prêtres-Saint-Séverin en 1852 ; 332, rue Saint-Honoré en 1854 ; 18, rue Mademoiselle à Vaugirard en 1855 et 1856. Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à quarante-quatre décorés et veuves de blessés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 2.375 francs, minutes 254-256, en date du 11 décembre 1852.