Morisson, François, Marie
Biographie
Né à Paris. Il fit ses études secondaires classiques à Pont-à-Mousson puis ses études de médecine à la faculté de Paris, où il fut reçu docteur, le 20 février 1817. Il fut l’auteur d’Essai sur l’hématurie ou Pissement de sang, en février 1827. Il sollicita d’abord un emploi puis, finalement, la Croix de Juillet en 1831, auprès du roi et, dans une autre lettre, auprès du général Lafayette. Il expliquait dans sa lettre au roi qu’il existait « à la commission des certificats qui attestent que sur le champ de bataille comme à domicile, à toute heure du jour et de la nuit », il avait prodigué ses soins aux victimes des combats. Dans sa lettre au général Lafayette, qui fut transmise à la Commission des récompenses nationales, il expliquait le retard (toute date est absente du dossier) avec lequel il faisait sa demande de décoration par sa demande initiale d’un emploi, demande dont il s’était désisté pour la seule décoration. Il donnait les indications suivantes sur sa participation aux combats : « […] Le 27 juillet au soir, ayant appris les événements de Paris, je m’y dirigeai. Chemin faisant, je rencontrai le sieur Cornu, qui me pria de me transporter sur-le-champ chez son père, qui venait de recevoir un coup de sabre sur la tête. J’y fus, je lui prodiguai mes soins. Il était 10 heures du soir. Je revins chez moi, pensant que s’il survenait de nouveaux blessés je serai à leur disposition. Le lendemain 28, je fus au faubourg Saint-Antoine, où je pansai quelques blessés, me mêlant alternativement avec les combattants. J’y restai jusqu’à une heure fort avancée dans la nuit. Le 29 dès le matin, je partis par le faubourg Saint-Antoine ; il ne s’y passait plus rien. Arrivé à la rue Antoine (Morisson reprend ici la tradition républicaine qui consistant à supprimer le mot saint des lieux qui en comportaient, N.D.A.), on s’y battait vigoureusement. J’essuyai plusieurs charges de mousqueterie. Parvenu dans un passage, je donnai des soins à un grand nombre de concitoyens blessés très grièvement. Une dame que je reconnus pourra témoigner de ma présence dans cette affaire. Quand la garde eut battu en retraite, je fus à la caserne des Célestins. On s’y battait encore. La caserne se rendit bientôt. J’entrai dans la cour. Quatre gardes royaux étaient blessés. Je les pansai et les sauvai de la fureur d’un homme qui frappait à tort et à travers avec un sabre, voulait, disait-il, les massacrer, sous le prétexte que, la veille, ils avaient tué son père. Je les fis monter sur une voiture, et un homme les conduisit à l’hôpital. Ici se trouvaient plusieurs ouvriers d’une fabrique de cristal, qui pourront également constater les faits que j’avance. Je dois dire que sans ma fermeté et ma force physique ces quatre malheureux étaient égorgés. Je quittai la caserne des Célestins sur les 9 heures du matin et je me dirigeai au Louvre par la rue Antoine, l’Hôtel de ville et les quais. A l’Hôtel de ville, je rencontrai le sieur Guillermain, négociant à Bercy et qui ne se refusera pas à certifier de ma présence. Arrivé au Louvre, je donnai des soins à un grand nombre de blessés, tout en m’opposant au feu des Suisses. Enfin, il était 1 heure après-midi, accablé de fatigue et de besoins, je revins chez moi pour réparer mes forces et retourner où le danger m’appelait. Il en fut autrement. A peine arrivé qu’il fallut me transporter chez M. Soulage, adjoint au maire de Bercy afin de panser un de ses parents qui venait de recevoir une balle dans le côté gauche. Après je donnai des soins successivement aux sieurs Abeil (voir Abeil, Jean, Raimond), employé aux postes, Chavoin (voir Chavoin, Nicolas) et quelques autres qui n’avaient que de légères blessures. Je ressortis de chez moi à 3 heures. Je fus à la barrière Picpus et conjointement avec MM. Benjamin Dolléans (voir Dolléans, Jacques, Benjamin), Mahuet, employé de l’octroi et deux gardes nationaux, nous nous opposâmes à ce qu’une foule de peuple armé mît le feu aux barrières Picpus, Reuilly, Charenton, Bercy et Rapée, qui effectivement ont été conservées […]. » Il lui fut répondu par une circulaire indiquant que les travaux de la Commission des récompenses nationales étaient terminés et qu’aucune suite ne pouvait être faite à sa demande. Il signa, le 11 avril 1834, le certificat de décès de Philipon, François (voir ce nom), lui aussi combattant de Juillet et habitant de Bercy. Il demeurait 46, grande rue à Bercy en 1831 ; à Bercy en 1833 ; 45, grande rue à Bercy en 1838 ; 1, rue du Commerce à Bercy en 1843 ; place de l’Eglise à Bercy en 1854. Nouvelle bibliothèque médicale, Journal de médecine et de chirurgie pratiques, 1827, tome premier, au bureau du journal 137, rue du Temple, 1827, p. 487 ; Archives de Paris VD4 11 pièce 3161 Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes qui ont fait enregistrer leurs titres aux secrétariats de la préfecture de la Seine et des deux sous-préfectures du département de la Seine, jusqu’au 31 mai 1833, idem pièce 3164 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1838, idem pièce 3166 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1843, idem pièce 3173 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1854 ; Archives de Paris VK3 48 ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives nationales F/1dIII/71 in dossier Philipon, François.