Morizé, François, David
Biographie
Né vers 1800 à Paris (ancien) VIe arrondissement. Lieutenant en disponibilité, il était, le 29 juillet, en compagnie de Corduant et du commandant Chartier pour se rendre au Louvre ; ils débouchèrent ensemble par la rue des Prêtres sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois et se trouvèrent alors exposés au feu des Suisses placés sous la colonnade ; à peine arrivé, Corduant fut frappé d’un ou de plusieurs coups mortels, et tomba presque sur le commandant Chartier pour mourir aussitôt. Morizé s’enrôla au régiment des Volontaires de la Charte (voir Buchoz-Hilton). Il comparut, le 24 mars 1831, devant le commissaire du quartier du Louvre, pour attester les conditions dans lesquelles Corduant, Pierre, Augustin, Joseph avait été tué ; il déclara que le 28 juillet dernier au matin Corduant, Pierre, Augustin, Joseph […] s’est présenté chez ledit commandant Chertier pour l’engager à se mettre à la tête des citoyens qui cherchaient à résister aux violences exercées contre eux ; que le commandant se rendit à son invitation ; qu’il perdit de vue le sieur Corduant, vers 3 ou 4 heures de l’après-midi ; il était alors légèrement blessé au nez ; que le lendemain 29, lesdits Chartier et Morizé retrouvèrent ledit Corduant allant au Louvre ; qu’ils débouchèrent ensemble par la rue des Prêtres sur la place Saint-Germain-l’Auxerrois, qu’ils se trouvèrent alors exposés au feu des Suisses placés sous la colonnade ; qu’à peine arrivé ledit Corduant a été frappé d’un ou de plusieurs coups mortels, qu’il est presque tombé sur le commandant Chertier et qu’il est mort aussitôt. » Il adressa, à la fin de l’année 1831 et après la dissolution de ce régiment, une pétition au roi pour lui faire part de la « triste et fâcheuse position » dans laquelle il se trouvait parce que non compris dans les volontaires que l’armée avait incorporés dans ses propres rangs. Après qu’il eut (avec Maugin, Guilleur, Jullerot voir ces noms) demandé à être reçu par le ministre de l’Intérieur, président du Conseil, ce dernier demanda au préfet de la Seine de lui faire parvenir des renseignements sur les motifs de leur demande. Le préfet de la Seine, le 13 décembre 1831, fit la réponse suivante : « Il résulte des renseignements que j’ai recueillis sur les pétitionnaires qu’ils n’appartiennent pas à la garde nationale mais qu’à l’exception de M. Jullerot ils ont fait partie des corps qui s’étaient formés à Paris, après les événements de Juillet, sous le commandement de M. Buchoz-Hilton et sous la dénomination de Régiment des volontaires de la Charte. M. Jullerot était attaché à un autre corps de semblable formation. A l’époque où ces régiments ont été licenciés quelques-uns de leurs officiers ont été employés dans l’armée, avantage que n’ont point obtenu les réclamants, soit à raison de leur âge, soit pour tout pour tout autre motif que le ministère de la Guerre peut seul connaître puisque le licenciement de ce corps a eu lieu par ses ordres et par les soins de l’intendance militaire. Après ce licenciement l’administration a été chargée de la liquidation des dépenses que la formation du corps des Volontaires de la Charte avait occasionnées, […] aujourd’hui la totalité desdites dépenses a été acquittée par la Commission des dommages et la Ville de Paris a reçu le remboursement des dépenses qu’elle avait faites. J’ai lieu de croire, monsieur le Président, que ces renseignements suffiront pour faire apprécier la demande des pétitionnaires, qui paraissent être dans une situation pénible, à laquelle vous pourrez, sans doute, apporter quelque soulagement. » Il s’établit peintre en bâtiments en 1831. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet et un grade d’officier. Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Morizé, François, David s’est présenté chez nous, place de l’Ecole le 29 juillet 1830, dans la matinée, à la tête de soixante ou quatre-vingts hommes armés et qu’il s’est immédiatement dirigé sur le Louvre par le quai de l’Ecole. Nous certifions en outre que nous le vîmes les jours suivantes maintenir le bon ordre et la tranquillité. » Signé, le 15 août 1830 : Joseph, Léon ; Chertier, chef de bataillon ; Fourouge ou Fonrouge. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Morizé, François, David, commandant par intérim le quartier de Picpus, nous fit savoir la position fâcheuse à laquelle était réduite une partie des braves défenseurs de la liberté et que c’est par ses soins que les habitants du quartier Saint-Antoine portèrent audit quartier les vivres et toutes les choses nécessaires à la subsistance de plus de quatre cents personnes, que c’est à son zèle et à sa fermeté qu’on doit qu’aucun excès ne fut commis dans cette occasion, ce en quoi il fut puissamment secondé par son frère. » Signé, le 14 avril 1831 : Dulac, propriétaire, demeurant 5, rue de Picpus ; Leroy, concierge de la illisible (capeluse ?) ; Jouvet, demeurant 22, rue de Picpus ; sœur Elisabeth, demeurant à l’hospice d’Enghien, 8, rue de Picpus ; Elie, sergent-major ; Chertier, chef de bataillon du susdit régiment (?) (voir Chertier, Vivant ?). Le 16 avril 1842, il fit une chute qui l’obligea à rester dix-huit mois à l’hôpital. Ne pouvant plus travailler, réduit « à la plus affreuse misère », il sollicita des secours. Il n’était pas porté sur les listes des décorés ou au travail de la Commission des récompenses nationales. En 1850, la police donna sur son compte les renseignements suivants : « Veuf, sans enfant, peintre-vitrier. […] Ce malheureux ne peut se livrer au travail, par suite d’une blessure qui lui a brisé la jambe gauche, au point de la raccourcir de huit centimètres. Il ne vit qu’avec l’aide des secours qu’il reçoit du bureau de bienfaisance. Les renseignements sont favorables à sa conduite et à sa moralité. Il désire entrer à Bicêtre ou à l’hospice des vieillards. » Morizé demeurait 82, rue Saint-Victor en 1831 ; 4, rue Salleneuve aux Batignolles en 1847 ; 21, rue d’Etienne ou Saint-Etienne, toujours aux Batignolles, un petit cabinet dont le loyer était payé par sa sœur en 1849 ; 4, rue Salleneuve aux Batignolles en 1847 ; 21, rue d’Etienne ou Saint-Etienne, toujours aux Batignolles, un petit cabinet dont le loyer était payé par sa sœur en 1849. Archives nationales F/1dIII/50 in dossier Corduant, Pierre, Augustin, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives nationales F/9/1154 ; Archives de la préfecture de police AA 403.