Morizot, Eugène, Ildefonse
Biographie
Né le 9 octobre 1809 (mais plusieurs fois le 11 octobre 1809 in Archives nationales F/1dIII/94) à Paris. Fondeur en cuivre. Il fut fortement contusionné à l’œil et à la joue droite, par un coup de poignée de sabre, donné par un gendarme, le 28 juillet, au moment où le poste du Châtelet rendait ses armes. Il n’en continua pas moins à combattre le reste de la journée et le 29 à la prise du Louvre. Il reçut (sous le nom de Morizot, Eugène, Hildephonse) un secours de cinquante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, comme blessé, un total de cent cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Son dossier est apostillé de l’observation suivante : « Demande une petite place pour son père, attendu que lui, qui le soutenait, est soldat de la classe de 1829 ; du reste, le jeune homme s’est parfaitement conduit et mérite toute la bienveillance de la Commission. Lui donner une lettre de recommandation pour ses chefs. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement. Il toucha quarante francs en 1830. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il toucha cinquante francs de gratification, en 1831, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution de Juillet. Sa médaille lui fut délivrée le 6 août, et son brevet le 9 août 1831, par procuration de son père, Jérôme Morizot, demeurant 14, rue de la Licorne, et qui, ne sachant signer, fit simplement une croix en présence de deux témoins qui déclaraient le connaître : Bernard, Honoré, Louis, Marie Cozette, perruquier, demeurant 3, rue Saint-Germain-l’Auxerrois, et Pierre, Jean Souday, marchand de meubles, demeurant 8, rue Saint-Germain-l’Auxerrois. Il partit comme soldat de la classe 1829, et fut nommé sous-officier, sur proposition de la Commission des récompenses nationales, au 9e de ligne in Archives nationales F/1dIII/33, mais ailleurs sergent au 61e régiment d’infanterie de ligne, en garnison au Havre en 1831. Il fit la campagne d’Anvers en 1832, puis servit trois ans en Afrique en 1837, d’où il revint en 1838 et reprit son état de marqueteur. Il épousa le 4 janvier 1841 à Paris, Marissiaux, Adèle, Pauline, née à Reuvrage dans le canton de Saint-Amand (Nord). En 1848, il était ouvrier ébéniste ou marqueteur et participa à la révolution de Février, au cours de laquelle il fut légèrement contusionné aux mains, le 24 février, à la barricade de la rue du Grand-Chantier au coin de la rue Pastourel. Il fut soigné à l’ambulance de la rue des Hospitalières. Il reçut un total de cinq cents francs de secours au titre de cette blessure. En mai 1848, il sollicita, à titre de récompense, une place de contrôleur dans un des théâtres de Paris. Cette même année, selon la police, il manquait souvent d’ouvrage, était dans une position fort nécessiteuse et jouissait d’une bonne réputation. Il reçut un secours de quarante francs le 20 juin 1848. Il fut détenu trois mois en 1848, accusé d’avoir tiré sur la troupe, mais, reconnu innocent, relâché. Toujours selon la police, il était sans ouvrage depuis longtemps et dans une position des plus précaires en 1849. En 1849, « sans travaux depuis le 24 février 1848 », il sollicita un secours. Il reçut un secours de cinquante francs en 1849 (mais quarante francs le 10 décembre 1849 in Archives nationales F/1dIII/94), à titre de médaillé de Juillet. La police donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Marié, sans enfant, est dans la misère par suite du manque d’ouvrage. Bonne conduite et réputation. Nul en politique. » En 1851, il était « dans une position des plus malheureuses, sans ouvrage cet hiver ainsi que sa femme ». Il reçut deux secours de soixante francs en 1851. En 1852, dans « une position voisine de l’indigence dont l’unique cause est le défaut d’ouvrage dont il est privé depuis environ six mois, sans qu’il puisse prévoir le moment où il pourra en avoir et sans qu’il y ait le moins du monde de sa faute », il sollicita un secours. En 1853 (ou vers avril 1852 in Archives nationales F/1dIII/94), il partit pour la Californie travailler dans les mines. Sa femme, restée seule à Paris, sollicita un secours, ne sachant plus comment payer son loyer. La police donna sur elle comme renseignement qu’elle gagnait « à peine de quoi suffire aux besoins de son existence », que les époux Morizot étaient très bien représentés sous tous les rapports et que la femme menait « une conduite très régulière ». Elle reçut deux secours de cinquante francs en 1853, un de quarante francs en 1854. En 1855, les mêmes sources rapportaient : « Elle est âgée de cinquante-six ans. Elle s’est mariée dans le courant de 1843 ; elle n’a pas d’enfant. Son mari est en Californie depuis trois ans. Avant son départ, il était marqueteur. Il tenait une conduite très irrégulière, il se grisait souvent. Depuis qu’il est parti, il n’a écrit que deux fois. Mme Morizot fait des chapeaux mécaniques, où elle gagne un franc soixante-quinze par jour. Elle travaille continuellement. Cette femme ne jouit pas d’une bonne réputation dans son quartier. Elle s’enivre très souvent ; dernièrement elle a été conduite au poste par des sergents de ville dans un état complet d’ivresse. Mme Morizot doit un terme à son propriétaire ; tout chez elle est assez propre. Elle n’a pas besoin de secours, gagnant un franc soixante-quinze par jour. Elle peut subvenir à ses besoins car elle paraît avoir un gain d’un autre côté. Elle a touché l’an dernier quarante francs. » Elle reçut un secours de quarante francs en 1855. Il était garde national. Il demeurait 8, rue Perrin-Gosselin (84, rue Perrin-Gosselin sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3, mais aussi dans sa correspondance in Archives de Paris VD6 278, mais il y a aussi dans la même source un certificat médical au 8, rue Perrin-Gosselin ; peut-être n’y a-t-il pas de n° 84 dans cette rue, ça m’arrangerait… le 84, c’est un écrivain public, le 8 c’est le médecin…, deux fois 8, puisque l’écrivain reprend le 8 aussi, le 84 est donc fautif ; bien 8, rue Perrin-Gosselin in Archives nationales F/1dIII/35 A et in Archives nationales F/1dIII/38 A, in Archives nationales F/1dIII/33) en 1830 ; 3, rue de Paradis au Marais en 1847-1848 ; 7, rue du Ponton-Saint-Gervais en 1849-1850 ; 2, rue des Guillemites en 1849 ; 4, rue de la Verrerie de (mais 14, rue de la Verrerie in Archives nationales F/1dIII/94 et 42, rue de la Verrerie in Archives de la préfecture de police AA 369, minutes 159-163 ; bien 14, rue de la Verrerie in Archives de la préfecture de police AA 369, minutes 208-209 ; 4, rue de la Verrerie en 1853 in Archives de la préfecture de police AA 369, minutes 266-268) 1851 à 1855, un logement de cent dix francs par an. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 72 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives de Paris VD6 281 n° 1, Etat nominatif des militaires décorés de la croix spéciale ou de la médaille, inscrits sur les listes du (ancien) IVe arrondissement de Paris ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Liste des militaires, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, liste générale de présentation et de nomination de sous-officiers (sous le nom de Morisot, Eugène, Ildephonse) ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/1dIII/94 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 10.545 francs pour être répartie entre 210 décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, domiciliés dans le département de la Seine, ladite somme imputable sur le budget du ministère de l’Intérieur, exercice 1849, minute 44 et minute 47, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163, idem Demandes de renseignements sur des décorés, combattants et veuves de Juillet 1830, 14 décembre 1851, minutes 208-209, idem Proposition d’accorder à soixante-deux décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 3.425 francs, minutes 266-268, en date du 10 février 1853 ; Liste nominative des inculpés de juin 1848, Université de Bourgogne.