Morlot de Wengy, Alexandre
Biographie
Né le 10 août 1800 à Paris. Rentier. La chronique de l’époque rapportait les faits suivants sur sa participation aux combats : « Sur la rive droite de la Seine, M. de Laborde (voir Delaborde, Alexandre, Louis, Joseph), a été un des premiers à accepter, le 29, un commandement de la garde nationale. Il s’est mis à la tête de la légion du deuxième arrondissement et lui a assigné le manège, rue Cadet, pour rendez-vous. A l’instant, trois compagnies s’y sont formées et ont nommé leurs officiers. L’une d’elles, commandée par le capitaine Servatius (voir Servatius, Mathias), avait en tête, pour soldats, MM. Ferrère-Laffitte (voir ce nom), Eug. Laffitte (voir Laffitte, Charles, Pierre, Eugène), Ad. Laffitte, Morlot (voir Morlot de Wengy, Alexandre), Bainière, agent de change, et Larreguy (voir Larreguy, François), banquier, l’un des collaborateurs du Journal du commerce ; de braves artisans et de simples ouvriers les suivaient. Elle s’est aussitôt rendue à l’entrée du faubourg Montmartre, qu’on lui avait désignée comme position, en attendant de nouveaux ordres. Là, deux ordres différents n’ont pas tardé à arriver à son capitaine, qui en a donné aussitôt lecture à sa compagnie. “Vous le voyez, mes camarades, a dit en finissant M. Servatius, d’un côté on nous ordonne de rester dans notre arrondissement, et de rentrer chez nous en attendant un nouveau rappel ; de l’autre on nous demande du secours sur un point où on se bat ; que voulez-vous faire ?” Le cri unanime au feu a répondu aux paroles du capitaine ; la compagnie a suivi un élève de 1’Ecole polytechnique, qui était chargé de diriger les renforts vers le Théâtre-Français. Elle y est arrivée, au moment où quelques braves venaient de s’emparer vaillamment d’une pièce de canon. Ceux qui l’avaient prise étaient à cheval dessus et traînés en triomphe. Les femmes l’avaient couverte de fleurs. » Il sollicita, dans ces termes, la décoration de la Légion d’honneur, auprès de la Commission des récompenses nationales : « Morlot ne faisait pas partie de la garde nationale lors de son licenciement sous le ministère Villèle. Il fut néanmoins un des premiers à en prendre l’uniforme le 28 juillet. C’est M. Ouy, épicier, rue Godot, n° 29, qui lui prêta tout son équipement de garde national. Cette personne pourra le certifier et dire dans quel état l’habit lui fut rendu puisque M. de Wengy fut obligé de faire une quinzaine de francs de dépense pour le mettre en état. M. Torran illisible, capitaine de la garde nationale (rue du Mont-Blanc, n° 13) commanda le 29 juillet (entre 11 heures et midi) un petit détachement composé de six hommes et dont M. de Wengy faisait partie. Ils se rendirent sur la place Vendôme, avant la prise des Tuileries et fraternisèrent avec deux bataillons du 53e de ligne qu’ils conduisirent dans la cour de M. Laffitte en marchant devant leurs tambours. La conduite de ces deux bataillons détermina celle du 5e régiment de ligne qui se trouvait vis-à-vis le pâté des Italiens qui se joignit à eux pour parcourir tout le faubourg Saint-Denis, ayant toujours à leur tête ce petit détachement de garde nationale, qui s’augmenta en route et dont alors M. Jean-Baptiste Laffitte prit le commandement. M. de Vengy avec son domestique, qu’il avait armé, et M. Deville, caissier de M. Lechat, agent de change, se rendit sur la route de Rambouillet, tout prêt à verser son sang pour une cause qu’il avait embrassée dès le mardi soir (27 juillet) puisqu’il fit feu avec deux pistolets sur un détachement de gendarmes qui chargeaient sur le boulevard, vis-à-vis le café Tortoni. La conduite de M. de Wengy et la part qu’il a prise aux événements de juillet peut être certifiée par les habitants de la rue Godot et notamment par le général Pajol, son voisin, qui lui fit l’honneur de le commissionner comme officier d’ordonnance et qui lui confia plusieurs missions importantes dans lesquelles il courait des dangers. » Sa demande était apostillée par le général Pajol. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. La conduite de Morlot de Wengy fut, le 17 décembre 1830, l’objet du rapport suivant, signé Marly, de la part de cette Commission : « La demande faite par M. Morlot de Wengy, Alexandre, pour obtenir la croix de la Légion d’honneur est basée sur ce qu’il faisait partie des gardes nationaux qui ont entraîné la défection du 53e de ligne […]. Cette défection n’a été opérée que par l’influence et la présence de M. Jean-Baptiste Laffitte sur la place Vendôme […] et c’est lui qui a pu seul offrir aux chefs de corps des garanties suffisantes pour déterminer leur neutralité. Comme il était alors accompagné de quelques gardes nationaux, il conviendrait d’interroger M. Morlot sur ce fait. M. Morlot s’est adjoint à l’état-major du général Pajol, qui dans les trois jours de Juillet n’a pu prendre aux combats qu’individuellement puisqu’il n’était pas encore organisé. L’expédition de Rambouillet est commune à un trop grand nombre de citoyens qui s’étaient déjà signalés pendant les jours précédents pour que ce fait seul puisse faire obtenir à M. Morlot la décoration qu’il sollicite ni la croix spéciale aux trois journées. La médaille est donc à mon avis la seule récompense à laquelle M. Morlot puisse avoir quelque droit. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement (par erreur sous le nom de Morlot de Vengy, sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur celle de in Archives nationales F/1dIII/39). Il reçut sa médaille le 9 juillet 1831, et son brevet le 24 août de la même année (il signe le registre établi par la mairie au nom de Morlot de Wengy, Victor, Robert, faire le changement ?). En 1830, il était grenadier au 3e bataillon de la IIe légion de la garde nationale. Il demeurait 26, rue Godot-de-Moroy en 1830-1831. Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 145-146 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 91 ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 10 septembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement.