Morlot, Jean-Baptiste

Biographie


Né vers 1767 à Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne). Homme de peine à l’Imprimerie royale depuis 1816. Il passait place du Tourniquet-Saint-Jean et rue du Monceau, dans la nuit du 27 au 28, avec son arme, quand il fut tué sur le coup d’une balle qui lui traversa le cœur. Sa femme, inquiète de ne pas le voir rentrer, sortit de chez elle vers 5 heures du matin et partit à sa recherche. Aux réponses qu’on donna aux questions qu’elle posait, elle finit par retrouver le corps de son mari, rue du Monceau-Saint-Gervais, en face de la boutique du boulanger. Accablée de chagrin, elle fit transporter le corps à son domicile et l’enterra le même jour au cimetière du Père-Lachaise. Elle s’appelait Lefort, Marie, née le 13 octobre 1773 aux Herbiers (Vendée) (bien le 13 octobre 1773 dans son acte de naissance ; mais le 8 octobre 1773 à Montaigu in Archives nationales F/1dIII/36 et aussi même source le 13 octobre 1773 à Montaigu ; le 8 octobre 1773 in Archives nationales F/1dIII/38 B), fille de Lefort, Fabien et de Perignon, Jeanne, son épouse, sans état. Le dossier des droits que le décès de Morlot, Jean-Baptiste entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le 8 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Arondel, Jean-Baptiste, Julien, marchand de vin, demeurant 19, rue Geoffroy-Lasnier ; Fournier, Jacques, François, Marie, marchand épicier, demeurant 23, rue Geoffroy-Lasnier ; Touvy, Paul, coiffeur, demeurant 18, rue Geoffroy-Lasnier. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Morlot, Jean-Baptiste et savoir « pour l’avoir vu que ledit sieur Morlot a été tué d’un coup de feu le 28 juillet dernier vers les 5 heures du soir et qu’ils l’ont vu à cet instant rapporté chez lui dans son domicile ». La veuve présenta le certificat suivant : « Nous, soussignés, marchands patentés et autres, demeurant à Paris, rue Geoffroy-Lasnier et quartier de l’Hôtel de ville, certifions à tous ceux qu’il appartiendra qu’il est à notre parfaite connaissance que Jean-Baptiste Morlot […] dans la nuit du 27 au 28 juillet, passant place du Tourniquet-Saint-Jean et rue du Monceau, avec son arme, pour défendre sa patrie, a été atteint d’une balle au cœur, dont il est mort sur-le-champ. Que le 28 juillet Marie Lefort, son épouse, âgée de cinquante-sept ans passés, accablée d’inquiétude et de chagrin de ce que son mari n’était pas rentré depuis la veille à 4 heures de l’après-midi, sortit de chez elle à 5 heures du matin et que d’après les renseignements qui lui ont été donnés du fatal événement, ayant trouvé le corps de son mari, rue du Monceau-Saint-Gervais, en face le boulanger, le fit transporter à son domicile, impasse Putigneux et enterrer le même jour 28 juillet au cimetière du Père Lachaise. Que cette perte déplorable réduit sa veuve, mère de famille de deux enfants, d’une conduite à l’abri de reproche, à la position la plus malheureuse, d’autant plus qu’elle est sans état. » Signé, le 10 août 1830 : Roy, boulanger, demeurant 7, rue du Monceau-Saint-Gervais ; Pelle..., marchand bandagiste, demeurant 7, rue du Monceau-Saint-Gervais ; Fournier, épicier, demeurant 23, Geoffroy-Lasnier ; Auvray, menuisier, demeurant 14, rue du Martois ; Touvÿ, coiffeur, demeurant 18, rue Geoffroy-Lasnier ; Berrot, teinturier, demeurant 15, rue Geoffroy-Lasnier ; Arondel, demeurant 19, rue Geoffroy-Lasnier ; Marchal, voiturier, demeurant 17, rue Geoffroy-Lasnier ; veuve Lebarbier, propriétaire, demeurant 3, impasse Putigneux. La veuve fut pensionnée de cinq cents francs et reçut de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Ils avaient eu deux enfants, une fille née vers 1792 et un garçon né vers 1802. La mère de Morlot, la veuve Morlot, née Peltier, Françoise reçut de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le 24 juillet 1840, les restes de Morlot furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Morlot demeurait 3, impasse Putigneux au 3e étage dans la rue Geoffroy-Lasnier depuis 1824 ; sa veuve, toujours 3, impasse Putigneux en 1831. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 85 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 106, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement, p. 108 lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris DM13 1, préfecture de la Seine, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) IXe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, veuves et ascendants ; Archives de la préfecture de police AA 420.

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