Mort, François

Biographie


Né le 2 avril 1793 à Sèvres (Seine). Entré au service à l’âge de dix-huit ans, dans le 6e régiment de voltigeurs de la garde impériale, devenu sergent instructeur dans la garde impériale, totalisant quatorze années de services, cinq campagnes, dont celle de Russie en 1812, et sept blessures, dont en 1813 à Bautzen, à Dresde, à Hanau, à Santania en 1827, année où il quitta le service, alors qu’il était sergent instructeur dans la légion de la Haute-Garonne ; il s’établit charpentier. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Saint-Denis. Il prêta son serment de décoré de Juillet, le 26 mai 1831 à la sous-préfecture de Saint-Denis. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 24 juin 1831. Le 8 février 1845, le maire de Charonne lui délivra une attestation comme quoi il n’avait « sollicité jusqu’à ce jour aucune faveur ni aucun secours pécuniaire qu’en considération du zèle et du dévouement dont il n’a cessé de faire preuve dans les circonstances les plus difficiles et des pertes qu’il a éprouvées dans sa commune après y avoir toujours rempli ses engagements avec probité ». En 1848, il était délégué des décorés de Juillet pour le VIIIe arrondissement. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il était indiqué comme cultivateur sur les listes de la Commission. Le 29 mars 1848, il sollicita un emploi de surveillant dans l’un des cimetières de Paris ou de l’un des monuments parisiens, expliquant qu’il avait « beaucoup de peine à trouver dans le produit de son travail les moyens d’élever sa famille ». Le 22 juin 1848, il renouvelait sa demande d’emploi, ajoutant celui de garde chef du bois de Vincennes, dont le titulaire du poste avait acquis précisait-il des droits à la retraite, ou de tout autre forêt près de Paris ; il précisait qu’il avait rendu des services particuliers le 22 février, qui s’ajoutaient à ceux qu’il avait déjà rendus comme voltigeur de la garde impériale en 1812, 1813, 1814 et dans les Cent-Jours en 1815, ainsi qu’en juillet 1830 ; il se présentait aussi comme « ex-maître menuisier, entièrement ruiné mais ne devant rien ». En août 1848, il sollicita des secours ; de « maître charpentier et propriétaire qu’il était à Charonne, rue Fontarabie, il est devenu malheureux au point de devoir être secouru pour la première fois. Il s’est toujours conduit en bon citoyen, dévoué à la cause de la liberté, sans licence, qui est celle de la république, à laquelle il s’est aussi dévoué en février, mars, avril, mai et juin derniers, avec ses enfants, qui sont gardes mobiles ». Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que le citoyen Mort, François, était du nombre des combattants dans les journées de février 1848, tant à la prise de l’Hôtel de ville que dans les barricades des rues du Temple et Phlilipeaux. » Signé, le 30 juillet 1848 : Courtin jeune ; Monnin ; Larochette ; Simonnot ; Mars ; Poirier ; Gerbault ; Sangnié ou Sanguier ; Courtin. En date du 22 juin 1848, Lucien Manteau, sur une lettre à en-tête de la Commission centrale des décorés de juillet 1830, sis à l’ancien hôtel de l’état-major de la garde nationale, place du Carrousel, faisait parvenir la lettre de recommandation suivante à Arnoulet-Trioson (voir Arnoulet, dit Arnout, Anne, François, Victor), président de la Commission des récompenses nationales, des détenus politiques, décoré de la Croix de Juillet : « Retenu par une sciatique résultant des fatigues éprouvées depuis le 22 février dernier et de la perte de mon frère, qu’il m’a fallu enterrer le 18 de ce mois avec les honneurs dus à sa Croix de Juillet 1830, je vous, je vous écris pour recommander à votre bienveillante justice la demande ci-jointe, que le citoyen Mort adresse à la Commission des récompenses nationales, en sa triple qualité de combattant de février dernier, de décoré de la croix spéciale et de militaire de l’ex-garde impériale. Je vous serai très obligé de la justice qu’il vous devra. Salut et fraternité, avec mes respects pour Mme Arnoulet-Trioson. » Signé : Manteau, Lucien, La police donna sur Mort les renseignements suivants : « Il est marié et a trois enfants, établis. Le sieur Mort vit, ainsi que sa femme, chez sa mère, propriétaire aisée de Charonne. Tous deux jouissent d’une bonne réputation et ne sont pas malheureux. » Il fut recommandé par la Commission pour obtenir la place de gardien au cimetière de l’Est. Il demeurait à Charonne en 1831 ; 43, rue de Paris à Charonne de 1843 à 1849 (mais 33, rue de Fontarabie en 1848 in Archives de la préfecture de police AA 404) ; 13 bis, avenue du Bel-Air à Saint-Mandé, chez M. Lemanteau en 1849. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris DM13 1, décoration de Juillet, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet de l’arrondissement de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Saint-Denis ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 84 ; Archives de la préfecture de police AA 404.

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