Mougey, Charles, François, Xavier
Biographie
Né le 20 septembre 1786 à Clerval (Doubs). Ex-sergent-major de la Garde impériale, Chapelier ou fabricant de casquettes sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/36. Il participa aux combats de juillet 1830, et particulièrement à l’attaque de l’hôtel de ville, en compagnie de Bérard, Lalanne, Leblay et Poillot, qu’il aida à transporter à son domicile quand ce dernier fut blessé, selon le certificat de notoriété délivré en faveur de Poillot, Denis. Blessé au côté droit, il reçut un secours de quatre-vingts francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) VIIIe arrondissement. Il reçut, après la révolution, un total de cent trente francs de secours auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de l’ancien VIIIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 21 mai 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu (chevrotine) à la partie antérieure de la hanche du côté droit, sur la crête de l’os de l’os des îles, blessure guérie sans infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut effectivement admis dans la 1re classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il signa, le 29 août 1830, le certificat suivant en faveur de Poilliot, Denis : « Nous, soussigné, certifions que le dénommé d’autre part a reçu en notre présence, le 28 juillet dernier à la grève, un coup de feu au cordon testiculaire droit et que nous l’avons transporté chez M. Bérard, rue Saint-Anasthase n° 3, pour y être pansé. » Le 15 novembre 1830, le certificat suivant en faveur du même : « Nous, soussignés, certifions et attestons que le nommé Poillot, Denis (sic), demeurant rue Saint-Anastase n° 3, s’est trouvé dans la journée du 27 juillet dans la soirée, près le temple des protestants, où étaient les cuirassiers de la garde royale ; qu’il y a jeté des cailloux avec des camarades, mais qu’ayant été poursuivis, ils se sont retirés dans les allées, où ils ont attendu la nuit ; qu’ensuite ils les ont assaillis de nouveau avec un homme en blouse, qui était à leur tête et qui déployait devant l’ennemi le plus grand courage par son exemple et son intrépidité ; ayant été de nouveau chargés, ils ont rentré dans leur première retraite, d’où ils ont observé l’ennemi jusqu’à minuit passé, qui s’étant retiré, le dénommé s’est aussi retiré avec ses camarades ; que le 28 juillet, il a désarmé plusieurs soldats qui rentraient à la caserne de l’Ave Maria, qu’il a distribué plusieurs fusils aux braves qui s’armaient pour la liberté, qu’il s’était emparé du cheval du colonel du 50e de ligne, conduit par un soldat qu’il a aussi désarmé et auquel il a remis le cheval, ne pouvant le conserver, qu’il s’est parfaitement distingué au coin de la rue du Perche, en se battant contre la garde royale, que dans cet endroit il avait pour chef le brave surnommé capitaine La Blouse, dont il est impossible de faire l’éloge tant sa conduite est admirable dans cette occasion et dans plusieurs autres, qu’il nous avait placés près du tourniquet Saint-Jean, crainte d’être surpris pendant qu’il faisait former une barricade au coin de la rue du Perche et monter des pavés dans les premiers étages des maisons. Le dénommé ayant entendu la fusillade à la place de Grève, il est descendu sous l’arcade Saint-Jean, où il est resté à combattre jusqu’à ce qu’il eut épuisé ses munitions, et ensuite revenu près du capitaine La Blouse, où il s’est distingué dans la rue Saint-Antoine, contre la garde royale qui venait du faubourg Saint-Antoine et qui a été forcée à la retraite. Ensuite, le dénommé s’est transporté au bas de la rue de la Tixéranderie, où il a montré le plus grand dévouement à la cause de la liberté, en affrontant tous les dangers mais qu’ayant reçu dans la soirée un coup de feu au cordon testiculaire droit, il a été obligé à regret de quitter ses camarades, ayant été ramené par [Mougey et Bérard] dans sa maison, où il a été pansé le même soir par un médecin. Enfin, les soussignés, pour rendre hommage à la vérité et au mérite de ce brave, croient devoir dire que nul homme n’a plus mérité de la patrie et que ce serait le plus bel acte de justice de lui décerner les plus nobles récompenses. Il déclare aussi qu’avec le capitaine la Blouse il a vu un chef qui avait un chien et qui avait plusieurs hommes sous ses ordres mais il n’a pas l’avantage de le connaître ; il s’est aussi montré le plus zélé partisan de la plus noble cause. » Le 24 décembre 1830, le certificat suivant en faveur du même : « Nous, soussignés, membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales et autres individus, certifions que dans les glorieux événements de juillet dernier, le sieur Poillot (sic), demeurant rue Saint-Anastase n° 3, quartier de l’Arsenal, a, dans les journées des 27 et 28 du mois ci-dessus, montré le plus grand attachement à la cause de la liberté, en déployant un courage héroïque et un mépris du danger, tant dans plusieurs désarmements qu’il a faits en se précipitant sans hésiter sur les satellites du roi déchu que dans les combats aux barricades de la rue Saint-Antoine près la rue Geoffroy-Lasnier qu’à la place de Grève, où après avoir épuisé ses munitions il est retourné s’en munir et a de nouveau volé où l’appelait l’honneur de défendre une si belle cause. Après avoir encore longtemps combattu, un coup de feu qu’il reçut le 28 au soir au cordon testiculaire droit l’obligea à regret de se retirer chez lui, ses vêtements et son chapeau, percés de coups de feu. Enfin nous attestons que sa conduite militaire dans notre heureuse révolution le rend digne des plus grands éloges, de la bienveillance publique et de la protection de toutes les autorités civiles et militaires. » Il signa, le 28 mai 1831, le certificat suivant en faveur de Bouquet, Louis : « Nous, soussignés, certifions et attestons que le sieur Bouquet, Louis, […] était avec nous à la rue de la Tixéranderie le 28 juillet dernier, qu’il s’y est comporté d’une manière toute patriotique, en défendant nos libertés les armes à la main et que cet ancien militaire mérite par son dévouement à la patrie les récompenses nationales dues aux plus méritants soldats des trois grandes journées de notre révolution. » Il signa (sa signature est en tout cas dans Archives de la préfecture de police AA 381), le 25 août 1831, le certificat suivant en faveur de Côte, Jean-François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Société des réclamants, sise rue Bourg-Labbé : « Nous, soussignés, officiers de la garde nationale, gardes nationaux, propriétaires et ouvriers, tous ayant combattu pour la défense de nos libertés dans les mémorables journées de juillet 1830, certifions que le sieur Côte, Jean-François, fabricant de pain d’épice, demeurant habituellement rue Neuve-Saint-Martin n° 8, a déployé le plus héroïque courage dans les susdites journées, en combattant pour la cause nationale. Nous l’avons vu le 28 à la porte Saint-Martin, le 29 à la prise du Louvre et aux environs du Palais-Royal se montrer de la manière la plus exemplaire. C’est pour rendre hommage au mérite de ce brave citoyen et à la vérité que nous lui avons délivré le présent certificat, estimant que les services qu’il a rendus à la cause de la liberté dans cette grande lutte lui font mériter une part aux récompenses nationales. Nous certifions en outre que depuis longtemps qu’il habite le quartier il s’y est toujours comporté de manière à mériter l’estime générale. » Il apostilla ainsi la demande présentée au roi, le 27 août 1831, par Cayrol, Pierre afin d’obtenir la Croix de Juillet en remplacement de la simple médaille qu’il avait reçue : « Nous, soussignés, décorés de Juillet, déclarons que le nommé Cayrol a vaillamment combattu avec nous dans les journées de Juillet et nous supplions Sa Majesté d’avoir la bonté de lui accorder la décoration qu’il réclame et qui est due à la pureté de son patriotisme et à son dévouement à Sa Majesté. » Il demeurait 32, rue de Reuilly (12, grande-rue de Reuilly sur les listes du Constitutionnel et in Archives nationales F/1dIII/41 vérifier cette dernière référence ; mais bien 32, rue de Reuilly in Archives nationales F/1dIII/38 A et n Archives de Paris VD3 1-2 ; surtout 32, rue de Reuilly dans le certificat qu’il signe in Archives de la préfecture de police AA 374) en 1830-1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du VIIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 79 ; Archives de Paris VD6 471 n° 5, liste des décorés de Juillet auprès du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 1re classe, non classés par le jury médical, avec une indemnité de cent vingt francs) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Cayrol, Pierre ; Archives nationales F/1dIII/72 in dossier Poilliot, Denis ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 374 in dossier Bouquet, Louis ; Archives de la préfecture de police AA 381 in dossier Côte, Jean-François.