Mourette, Pierre, Denis
Biographie
Né le 25 germinal an VIII (15 avril 1800) à Paris. Marchand cordonnier pour dames. Il fut blessé d’un coup de feu reçu à la jambe gauche. On trouve, dans les livres publiés peu après la révolution, la relation suivante de sa (si c’est bien lui et pas l’autre Mourette, Auguste…) participation aux trois journées : « M. Mourette fils, demeurant rue Neuve-de-Bretagne, n° 2, fut, le 28 juillet, rapporté sur un brancard, dangereusement blessé d’un coup de feu qu’il venait de recevoir à l’Hôtel de ville. Sa mère, veuve depuis longtemps, en le pressant tendrement dans ses bras, lui dit : “En te perdant, mon fils, il ne me reste plus aucun moyen d’existence ; mais je suis heureuse, puisque tu meurs pour une si belle cause.” » Un ouvrier horloger, nommé J.F. Michel fit aussitôt une collecte, qu’il augmenta de tout l’argent qu’il avait sur lui, et qui monta à 80 francs ; ils furent remis à la veuve Mourette, et son fils, ranimé par les tendresses de sa mère, s’écria d’une voix faible : “Vive la Charte ! vive la liberté !” Il est maintenant à l’hôpital Saint-Louis. » Mourette fut admis dans la 4e classe des blessés, pensionné de six cents francs et décoré de Juillet (sous quel nom dans les journaux ? bien sous le nom de Mourette, Pierre, Denis sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/36). Il lui fut accordé, en tant que blessé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Une dépêche indiquait à son sujet, mais est-ce le même : « Blessé dans les journées de Juillet, demande une place soit de garçon de bureau soit d’homme de peine dans une administration. » Il comparut, le 11 juin 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester avoir parfaitement connu Monier, Mathieu et « savoir qu’il a combattu dans les journées des 27 et 28 juillet dernier, qu’il a été blessé le 28 de coups de crosse de fusil dans poitrine, rue Saint-Antoine au coin de la rue de Jouy, qu’il n’a pas quitté le lit depuis ses blessures et qu’il a succombé le 22 avril dernier ». En 1847, la police renseignait sur son compte qu’il tenait une maison de confection de chaussures pour dames, qu’il ne paraissait pas avoir besoin du secours qu’il sollicitait et qu’il était bien considéré. Il demeurait 2, rue Neuve-de-Bretagne en 1831 ; 102, passage Brady, un loyer de mille deux cents francs par an pour sa boutique en 1847. Le Constitutionnel, 4 août 1830 ; Le Réveil du lion ou Paris dans les immortelles journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; précis des événements, heure par heure… suivi d’un chant triomphal… par un patriote de 89, Paris, Lerosey, 1830, p. 246 ; Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 106-107 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 275 ; Les Barricades immortelles du peuple de Paris, relation historique, militaire, anecdotique des journées des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830 et du voyage de Charles X jusqu’à son embarquement, par P. C., Paris, Leroi, 1830, p. 331 ; Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 106-107 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 275 ; Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 100 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 106 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de blessés de 4e classe) ; Archives de Paris VK3 43 (couverture du dossier Diguet, Victor) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/67 in dossier Mathieu Monier ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIIe arrondissement, blessés de 4e classe. Même date de naissance que Mourette, Auguste, Pierre…