Moussard, Lucien
Biographie
Né vers 1795 à Arpajon (Essonne). Ancien militaire et employé des hôpitaux, devenu garçon de salle ou garçon limonadier. Il fut blessé au front par un coup de baïonnette et à la cuisse droite par une balle morte, « blessure assez grave » selon le docteur Dupuytren (voir ce nom) qui le fit panser les 30, 31 juillet, 1er et 2 août à l’Hôtel-Dieu et lui donna un certificat, en date du 11 septembre 1830 pour constater ses blessures. Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le nommé Moussard, Lucien, ancien militaire et employé des hôpitaux, était un des braves qui nous accompagnaient à la prise du Louvre ; que n’ayant qu’une épée il prit un fusil d’un militaire désarmé de la garde royale, avec la giberne remplie de cartouches. Certifie en outre qu’il m’a suivi jusqu’à la prise du château des Tuileries, sans me quitter d’un seul instant, et que lorsque nous nous sommes portés sur la place du Palais-Royal, je l’ai perdu de vue mais le soir, passant devant le poste de la halle au blé, il me reconnut et resta trois jours de service avec moi. Ce brave homme a des droits aux récompenses que l’on accorde aux braves qui se sont distingués dans les journées des 27, 28 et 29 et jours suivants dans l’activité de leur service. » Signé, le 5 août 1830 : chevalier Lefebvre ; Monron d’Estaulle, élève de l’Ecole polytechnique ; Damas (voir ce nom), élève de l’Ecole polytechnique. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Moussard a tenu la conduite d’un brave à la prise du Louvre et celle d’un bon citoyen en s’opposant à tout attentat contre les propriétés. » Signé, le 1er octobre 1830 : Rougeot (voir Rougeot, Claude), major de la IVe légion de la garde nationale. Le troisième certificat, signé par chevalier Lefebvre, commandant le poste de la Caisse d’amortissement dans les journées des 3 et 4 août, constatait la perte de son fusil et de sa giberne de garde national, « sans pouvoir en découvrir la source, en raison de ce que mon poste était composé de beaucoup de ces ouvriers qui profitaient de ce que l’on ne faisait pas beaucoup attention aux armes, pour les enlever ». Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut, comme blessé, cent cinquante francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il fut admis dans la catégorie des blessés de la 1re classe auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement et reçut, à ce titre, une indemnité définitive de trois cents francs versée sur un an. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. N’ayant pas réussi à faire valoir l’ensemble de ses droits, il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] IVe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé, puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il était indiqué alors comme employé de bureau sur les fiches de cette dernière Commission. Il présenta à la Commission des Réclamants les mêmes certificats qu’il avait présentés à la Commission des récompenses nationales. Il signa le certificat qui attestait qu’il avait été témoin de la mort de Thomas, Jacques, Nicolas, le 29 juillet vers 11 heures à l’attaque du Louvre près de la façade Saint-Germain-l’Auxerrois : « Je certifie que le nommé Jacques, Nicolas Thomas est resté chez moi en qualité de garçon de salle jusqu’à l’époque du 29 juillet 1830, lequel jour il est parti de chez moi avec l’intention d’aller se battre. Je certifie de plus que depuis ce jour il n’est pas reparu à la maison et que plusieurs personnes m’ont garanti qu’il avait été tué au Louvre le 29. Sa bonne conduite, son exactitude à son travail et sa probité sont des qualités qu’il possédait et qui me le feront toujours regretter. » En 1830, il était célibataire. Il demeurait 21, rue Tirechappe (parfois 13, rue Tirechappe en 1831 in Archives de la préfecture de police AA 404 mais bien 21, rue Tirechappe dans le certificat qu’il signe pour constater la mort de Thomas, Jacques, Nicolas in Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Thomas, Jacques, Nicolas) en 1830-1831. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 72 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant ; Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Thomas, Jacques, Nicolas ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives de la préfecture de police AA 404.