Moutardier, Pierre, Paul

Biographie


Né le 11 avril 1782 à Saint-Aubin-de-Barre (bien à Saint-Aubin-de-Barre dans son acte de mariage ; mais à Beaunoux in Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, blessés pensionnaires, compte établi du 8 octobre 1830 au 1er août 1831) (Eure), fils de Moutardier, Louis et de Pinotte, Marie, Françoise. Ancien maître de pension de l’Université, instituteur depuis trente ans, mais végétant dans cet état « grâce aux Jésuites », accusait-il et malgré « beaucoup de travail et d’assiduité ». Il fut blessé, le 29 juillet vers 18 heures, au coin de la rue Angevilliers et de la place du Louvre, par une balle tirée par les Suisses depuis le Louvre et qui lui traversa le bras gauche. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Père de six enfants, dont une fille âgée de quatorze ans infirme, il reçut un secours de cinquante francs, le 19 octobre 1830, un secours de soixante francs, le 24 décembre 1830, un secours de vingt francs, le 4 février 1831, un secours de trente francs, le 18 février 1831, un secours de trente francs, le 18 mars 1831, un secours de trente francs, le 18 mai 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 18 juin 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 18 juillet 1831, un secours de cinquante francs, le 18 septembre 1831, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il présenta de très nombreuses sollicitations : un emploi dans les bureaux du ministère de la Justice, puis une justice de paix, à Paris à cause de ses charges de famille et pour ne pas trop s’en éloigner, puis un emploi au ministère des Finances, ou un emploi dans la préfecture de la Seine, ou une place d’agent de surveillance dans un des hospices civils de Paris, l’admission gratuite de son fils âgé de neuf ans dans un collège de Paris, et celle de sa fille âgée de onze ans dans l’établissement des demoiselles de la Légion d’honneur à Saint-Denis, une pension pour celle âgée de trois ans. Le 25 octobre 1830, il écrivait « avoir engagé au mont-de-piété beaucoup d’objets [et se trouver] encore forcé de vendre une partie de son mobilier pour exister avec sa femme et ses six enfants, et l’autre partie pour remplir ses engagements ». La nature de ses blessures était ainsi décrite par le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, en date du 8 février 1831 : « A été atteint, dans les journée de Juillet, d’une blessure par arme à feu au bras gauche, de sa partie supérieure, antérieure et externe vers sa partie postérieure, en contournant le côté externe de l’humérus à la hauteur de l’insertion du deltoïde à cet os, cicatrisée mais avec un sillon large et profond étendu de l’ouverture d’entrée à l’ouverture de sortie de la balle, avec faiblesse et douleurs dans les mouvements du membre. » Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de trois cents francs. Il lui fut accordé, en tant que blessé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une rente perpétuelle de soixante-quinze francs. En septembre 1831, il sollicitait auprès du maire du (ancien) XIe arrondissement d’être nommé « inspecteur des orphelins et des enfants des blessés qui vont être placés dans des écoles » ; il avançait comme titre d’avoir été « plus de vingt-cinq ans dans l’instruction publique, il a aussi été chargé de l’inspection des enfants trouvés et orphelins des hospices civils de Paris placés dans les départements ». Il ajoutait à sa requête : « Il a aussi l’honneur de vous exposer qu’il désirerait obtenir trente enfants orphelins et des blessés de Juillet pour être admis dans la pension de gendre et son successeur à Chilly, ci-joint le prospectus. Il désirerait aussi obtenir trente jeunes demoiselles qui seraient confiées à Mme Brevet, sa fille, institutrice à Palaiseau. Elle a reçu une bonne éducation. Elle pourrait prendre à Chilly, si on le désirait, une maison très propre à ce gendre d’établissement. » Le prospectus qu’il joignait à sa demande était ainsi rédigé :

« Pension de l’Université royale, dirigée par L. Perreau, gendre et successeur de M. Moutardier. A Chilly-Mazarin, près Longjumeau, à quatre lieues de Paris, route d’Orléans (Seine-et-Oise).

»On y enseigne la lecture, l’écriture, les langues française, latine et grecque, les éléments d’arithmétique et de géométrie, la géographie, l’histoire, la tenue des livres en partie simple et en partie double, et l’on donne à l’étude de la religion et à la surveillance des élèves un soin particulier. »On traite de gré à gré pour le prix de la pension, qui est modique.

»Chaque trimestre est dû et se paye d’avance.

»Les maîtres d’agrément se payent à part.

»Cette pension est fort agréablement située, en très bon air : il y a un vaste enclos (dans un très beau site) destiné aux récréations et aux exercices gymnastiques, lesquels sont enseignés avec toutes les précautions nécessaires.

»M. Perreau a pour collaborateurs des maîtres instruits et d’une moralité reconnue.

»Les élèves trouvent auprès de Mme Perreau tous les soins de la sollicitude maternelle.

Trousseau :

»Les élèves, en entrant, ont coutume de fournir : un matelas, un traversin, une couverture de laine et une idem de coton, deux paires de draps, trois habits complets, dont un uniforme, avec le bouton de la pension, comme dans les collèges royaux, un chapeau, une casquette, trois bonnets de coton, six chemises, six cravates, dont trois de couleur, six serviettes, six mouchoirs de poche, huit paires de bas de coton bleu, trois paires de souliers, un ouvert et une timbale d’argent, un peigne à démêler et un idem à décrasser, une brosse à peigne et une vergette pour les habits, un livre d’Eglise, une baraque.

»Le tout marqué du numéro que l’élève reçoit en entrant.

»Nota. Il y a un médecin attaché à l’établissement et des bains pour la santé et la propreté des élèves.

»Lorsque les parents le désirent, la pension se charge de compléter ou de fournir les trousseaux.

»La pension fournit un bois de lit et une paillasse, moyennant une légère indemnité.

»Deux voitures très commodes, à 1 franc par place, partent tous les jours de Chilly-Mazarin pour Paris et retour ; elles stationnent rue d’Enfer, place des Cabriolets.

»On trouve aussi des voitures à heures fixes, rue Mazarine, n° 36, rue Dauphine, n° 36, et rue du Pont-de-Lodi, n° 3. »

En 1837, sa femme venant de décéder du choléra, il sollicita un secours. En 1838, père de trois enfants, professeur et maître de pension pendant quarante ans, sa femme tenant une petite pension de jeunes filles dont elle ne tirait que de faibles revenus, il sollicita un secours et un emploi. Les renseignements de police le dirent jouissant d’une bonne réputation et, en 1839, n’obtinrent sur son compte que de bons renseignements. Sollicitant de nouveau en 1841, il expliquait ainsi la situation à laquelle il était réduit : « […] Je suis dans l’instruction publique depuis trente ans ; il ne me reste plus qu’une leçon, de 8 à 10 heures du soir, aux adultes de l’Ecole gratuite de M. Cochin, député de la Seine, ne produisant que quarante-neuf francs par trimestre. » Il avait épousé Combette le 12 avril 1809 à la mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris. En 1830 il était marié et père au moins de Paul, Augustin, Louis, né vers 1820, de Marie, Marcelle née vers 1815, de Natalie, Marguerite née vers 1819, de Pauline, Emilie née vers 1826 (mais six enfants en tout in Archives de Paris VK3 30). Il demeurait 33, rue de l’Odéon en 1830 ; 340, rue Saint-Jacques (une fois 360, rue Saint-Jacques en février 1831 in Archives de Paris, VD6 631 n° 1 ; une autre fois en juin 1831 31, rue de lOdéon, mais de nouveau en juillet et septembre 1831 340, rue Saint-Jacques, et 33, rue de lOdéon dans le récapitulatif final in Archives de Paris, VD6 631 n° 1 ; bien 340, rue Saint-Jacques deux fois in Archives de Paris VD6 639 n° 5 et in Archives de Paris VD6 639 n° 6 ; bien 340, rue Saint-Jacques in Archives nationales F/1dIII/37, in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension et in Archives nationales F/1dIII/68 sur la couverture de son dossier) en 1831 ; 2, rue Racine en septembre 1831 dans une correspondance qu’il eut avec le maire du (ancien) XIe arrondissement ; 12, rue Mabillon à une date indéterminée, sur le registre d’émargement de remise de certificats de vie aux blessés de Juillet, qu’il signe in Archives de Paris VK3 19 ; 8, rue de l’Essai, place du Marché-aux-Chevaux en 1837-1838 ; 5, rue d’Orléans-Saint-Marcel en 1841. Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 101 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 110 ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement, idem son dossier individuel ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, blessés pensionnaires, compte établi du 8 octobre 1830 au 1er août 1830, idem Commission de la souscription nationale, titres provisoires des parties prenantes, reçus en échange des titres définitifs délivrés par la mairie, blessés, rentes perpétuelles, idem cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 6, lettre en date du 25 septembre 1831 et tableau général des enfants appartenant aux veuves et blessés de juillet 1830, (ancienne) XIe mairie ; Archives de Paris VK3 19, Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris, état nominatif des blessés de 3e classe dont les bulletins individuels ont été remis au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem Récompenses nationales, registre d’émargement de remise de certificats de vie aux blessés de Juillet ; Archives de Paris VK3 30, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement de Paris, qui ont été classés par le jury médical et dont les lettres ont été déposées à la mairie, idem état des habitants du (ancien) XIe arrondissement de Paris qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIe arrondissement, blessés de 3e classe.

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