Moutier, Charles

Biographie


Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ve arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il fit parvenir, le 28 septembre 1831, la lettre suivante à la Commission : « Venant de voir afficher le dernier avis, qui accorde jusqu’au 10 octobre la faculté de réclamer, je viens, messieurs, par la présente vous exposer ce que j’ai fait pour la conquête de la liberté, le 27 et 28 juillet. Le 29, je n’ai pris aucune part à l’action si ce n’est celle d’avoir construit des barricades, ce qui était du devoir de tous les citoyens. Le 27 juillet au matin, je suis sorti à 7 heures et demie et je me rendis à la porte Saint-Denis, où je fis avec plusieurs citoyens renverser une voiture de pierres. Ensuite comme on venait d’arrêter un lancier, il fut désarmé et en le laissant aller je m’aperçus qu’il conservait sa cocarde blanche. Je courus arrêter son cheval et la lui fis fouler aux pieds. A 10 heures et demie environ même jour la porte Saint-Denis fut envahie par les patriotes et j’y entrai le troisième ; une pique de fer, que j’ai conservée, atteste encore cette première et vigoureuse action. Le 28 juillet, je fus chercher un fusil, un sabre et une giberne, rue Saint-Louis. Les armes m’étant remises, je m’en allais au poste qui m’était désigné, qui était de garder le trésor de la caisse de Poissy, restant à Paris, rue du Grand-Chantre. Au moment de la prise de l’Hôtel de ville, mon fusil me fut pris au coin de la rue des Quatre-Fils, au bout de la rue du Grand-Chantier. Je conservais mon sabre et ma giberne qui m’avaient été remis ainsi que plusieurs employés de l’administration ci-dessus désignée par ordre du général Lafayette. Le 29, étant harassé de fatigues, je n’ai pu aller au feu. Seulement rue Villeneuve un imprimeur du passage du Caire, ouvrier, était chez M. ... époux de la fille de M. Folio, fut tué à côté de moi et je le relevais pour le mettre en un lieu plus sûr, mais quant à moi le 29 je n’ai pas touché un fusil. Si messieurs les membres de la Commission daignent accueillir la présente réclamation, ils trouveront leur serviteur prêt à acquiescer à tout ce qu’ils exigeront de lui, relativement à la prestation du serment que l’on doit faire pour porter la croix. Si messieurs les membres ne trouvent pas les faits assez marquants pour obtenir la croix, j’espère qu’ils ne me refuseront pas la médaille. Si je ne fais appuyer cette réclamation d’aucune signature c’est qu’en énonçant dans la présente des faits, des noms que si messieurs les membres veulent se donner la peine d’examiner ils trouveront que ce que j’ai dit est la pure vérité, j’en prends le ciel et la terre à témoins. » Il signait sa lettre Moutier jeune. Dessailloud, demeurant dans le quartier du faubourg Poissonnière, apostillait la lettre pour attester que Moutier s’était battu le 27 juillet au matin ; Lequippé, demeurant dans le quartier du mont-de-piété, ajoutait l’apostille suivante : « Je certifie que le 28 juillet 1830 le sieur Moutier jeune s’est présenté chez moi, accompagné d’autres personnes, toutes employées de la caisse de Poissy, pour demander des armes et qu’ils ont tous été par moi armés le même jour. » Il demeurait 42, rue Bourbon-Villeneuve, anciennement rue de la Bouquelle chez M. Maillet chef de bataillon en 1831. Archives de la préfecture de police AA 404.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Un instant ...

Serveur occupé, tentative de reconnexion dans secondes.

Veuillez recharger la page.

Session mise en pause par le serveur.

Veuillez recharger la page.