Mouton-Dufraisse, Claude, Zacharie
Biographie
Né le 8 décembre 1804 à Chazelles-sur-Lavieu (Loire). Ancien sergent-major à la 4e compagnie du 2e bataillon du 8e régiment d’infanterie légère. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Il adressa, le 24 août 1830 au ministre de la Guerre, une demande pour être incorporé dans les nouveaux corps qui allaient être formés, rappelant ainsi sa participation aux combats : « […] Animé du désir de servir mon pays, j’ai pris rang parmi les braves et comme ex-sergent-major, j’ai été à même de les guider avec plus d’avantage sur les points où nous nous sommes portés. J’ai soutenu le feu de l’ennemi une partie de la journée du 28, jusqu’au moment où je fus blessé près la place de Grève. Le lendemain, malgré ma blessure, guidé par le même enthousiasme, je me dirigeai avec nos intrépides citoyens au bas de la rue de Richelieu et Saint-Honoré ; là, je m’emparai d’une caisse et je battis la charge pendant toute la durée de l’attaque. » Sa demande était apostillée par plusieurs certificats. Le premier, de Lothon, élève de l’Ecole polytechnique et ainsi rédigé : « Je certifie que le pétitionnaire se trouvait avec moi à la prise des maisons adjacentes à la place du Palais-Royal, et qu’il m’a aidé à sauver plusieurs malheureux soldats que la fureur du peuple voulait sacrifier. » Le deuxième de Delair, Jean, Etienne, François (voir ce nom), demeurant 1, rue de Lulli : « Je certifie que le pétitionnaire se trouvait avec moi au bas de la rue de Richelieu, entre le Théâtre-Français et la rue Saint-Honoré, dans la matinée du 29 juillet ; qu’il m’aida à sauver plusieurs militaires et entre autres un officier que nous que nous déposâmes au n° 10 de la rue de Richelieu, qu’il monta des premiers dans la maison du chapelier et, enfin, qu’il s’est parfaitement montré dans cette journée. » Le troisième : « Je certifie que le pétitionnaire faisait bien partie des héros de la journée du 29 juillet dernier et que la porte de mon domicile ayant été enfoncée, il trouva et reçut chez moi les soins que réclamait sa blessure. » Signé, le 24 août 1830 : Laudon, demeurant 216, rue Saint-Honoré. Le quatrième : « Je certifie que le susnommé battait la charge au moment de l’attaque et est rentré chez moi, fatigué d’une blessure qu’il avait reçu la veille. » Signé : Cardier, demeurant 17, rue de Richelieu. Le cinquième : « Je certifie avoir été consulté par M. Mouton-Dufraiss pour une blessure faite avec la pointe d’un instrument tranchant (sabre) et dirigé vers la région du cœur ; que cette plaie récente s’est promptement cicatrisée à cause du peu de profondeur mais qu’elle n’en pouvait pas moins être fort grave. » Signé, le 24 août 1830 : Biett, L., médecin de l’hôpital Saint-Louis. Le sixième : « Les députés de la Loire ont l’honneur de recommander à M. le ministre de la Guerre M. Mouton-Dufraisse d’une manière particulière. Sa position leur inspire le plus vif intérêt et la conduite qu’il a tenue dans les journées des 28 et 29 lui donne des droits à la bienveillance du nouveau gouvernement. » Signé, le 25 août 1830 : Lachèze ; Alcoq. Le septième, signé du comte de Montbrison : « Je me réunis à MM. les députés de la Loire et j’ose solliciter la protection particulière de M. le ministre de la Guerre en faveur du pétitionnaire. » le huitième : « Je certifie avoir vu le pétitionnaire dans la maison que j’habite le jeudi 29 juillet, chargé d’une blessure au côté. » Signé : Deauthereau, demeurant 17, rue de Richelieu. Le neuvième : « Je certifie que le pétitionnaire est entré dans la librairie rue Richelieu, maison que j’habite, le jeudi 29 juillet. » Signé : Sanarens. Le dixième, signé le 2 septembre 1830, de Moineau, Edme, Charles (voir ce nom), demeurant 11, place de l’Hôtel-de-Ville : « Je certifie que j’ai vu le pétitionnaire et qu’il est entré à la maison le 28 juillet et qu’il faisait partie des gardes nationaux qui ont soutenu l’attaque de l’Hôtel de ville au moment où les troupes royales sont arrivées sur la place. » Le onzième : « Je certifie que M. Mouton-Dufresse (sic), sergent-major au 8e régiment de ligne, s’est présenté avec moi rue de Richelieu, le 29 juillet. Sa conduite infatigable, avec laquelle il s’est comporté dans cette journée mémorable, a participé à la prise de la pièce de canon placée à bas de la rue de Richelieu, qui fut conduite à la Bourse à 1 heure. » Signé, le 20 décembre 1830 : Delacroix, lieutenant de l’ex-légion du Doubs. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il demanda par la suite le renvoi des pièces qu’il avait fournies. Il demeurait chez sa mère, 67, rue de Provence en 1830. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/68.