Moyaux, Adolphe
Biographie
Né vers 1808 à Château-Thierry (Aisne). Horloger. Il s’illustra à la porte Saint-Denis, à la porte Saint-Martin, sur le boulevard Montmartre et aux Tuileries. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales, mais dut s’absenter de Paris à cause de maladie ; convoqué par la Commission en son absence, il ne put se présenter et ses droits furent méconnus. Il tenta vainement à son retour de faire valoir ses droits mais la Commission avait même égaré ses papiers et certificats. Moyaux déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] XIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, propriétaires patentés et autres, demeurant à Paris, rue du Petit-Carreau et autres de la capitale, déclarons bien et personnellement connaître M. Moyaux, Adolphe, horloger, demeurant aussi à Paris, rue du Petit-Carreau n° 32, à l’époque des événements de juillet 1830, pour un bon et honnête citoyen, de conduite, vie et mœurs irréprochables et auquel nous nous sommes fait un devoir autant qu’un plaisir de délivrer un certificat de la conduite distinguée qu’il a tenue pendant les trois glorieuses et immortelles journées de cette époque mémorable, pour lui servir auprès de vous et lui obtenir la Croix de Juillet, que, par ses exploits, il a si bien méritée. Tombé malade après de dépôt de sa demande et de notre certificat entre vos mains, messieurs, et forcé de quitter Paris pendant longtemps pour se rétablir d’une longue et douloureuse maladie, M. Moyaux reçut de vous et de la mairie de son arrondissement deux lettres pour se présenter et personne ne paraissant pour lui, il fut non seulement mis de côté, malgré d’incontestables droits, mais lors de son retour, la Commission, ayant terminé ses travaux, ne put lui rendre ses titres. C’est pour quoi, nous, soussignés, pleinement convaincus de sa bravoure, de son dévouement pendant les trois jours et des périls auxquels il s’est volontairement exposé en ne cessant de combattre pour le triomphe des libertés publiques, lui avons délivré pour vous être présenté le présent comme un hommage dû à la vérité plus qu’un témoignage de notre estime particulière. Daignez, messieurs, y avoir tout égard, lui accorder la Croix de Juillet, qu’il réclame comme la seule récompense digne de lui et qui aurait dû lui être accordé sur l’examen de ses pièces en son absence même et n’ayant reçu aucune des gratifications pécuniaires accordées aux combattants de ces jours d’éternel souvenir. » Signé, le 29 novembre 1831 : Lavillette, demeurant 347, rue Saint-Honoré ; Berthemet, demeurant 26, rue du Faubourg-Saint-Denis ; Grosjean, Philippe (voir ce nom), demeurant 32, rue du Petit-Carreau ; Courcier, demeurant 32, rue du Petit-Carreau ; Rebier. Il était indiqué sur les fiches de la Commission des Réclamants comme jouissant d’une fortune médiocre. Il demeurait 32, rue du Petit-Carreau en 1830 ; 22, rue de Buci chez M. Hunziker, horloger, en 1831. Archives de la préfecture de police AA 404.