Munier, Gabriel, Alexandre

Biographie


Né le 14 pluviôse an V à Longjumeau (Seine-et-Oise), fils de Munier, Alexandre, menuisier, et de Dunaud, Marguerite, son épouse. Compagnon menuisier, travaillant chez Dupuy, marchand de bois et entrepreneur de menuiserie, 2, rue Saintonge. Il tirailla, le 28, au coin de la rue des Filles-Dieu, qu’il habitait. Le 29, il partit de chez lui vers 10 heures du matin, armé d’un fusil. Il tomba à plat-ventre, tué de deux balles, vers 10 h 30 du matin, en quittant les colonnes du Théâtre-Français, pour traverser la rue Saint-Honoré et aller se battre au Louvre. « Le beau tirailleur de la rue des Filles-Dieu a manqué son coup aujourd’hui, je viens de le voir tomber au Louvre, percé de deux balles », devait commenter un ouvrier. Sa veuve, enceinte, reçut un secours de soixante-dix francs en août 1830, et ses parents un secours de cent francs en septembre sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le National du 4 août 1830 dit Allègre-Baillet, Jean, François, Cyrille (voir ce nom) recommander à la bienveillance du public le compagnon menuisier Meunier, qui s’était fait tuer pendant les combats. On trouve d’ailleurs dans le dossier de Allègre-Baillet, Jean, François, Cyrille le certifidat suivant : « J’atteste que M. Allègre-Baillet s’est présenté pour faire le service de la garde nationale de la Ve légion, le 29 juillet dernier, étant déjà blessé ; et qu’il a fait des démarches pour obtenir des secours pour la veuve Meunier, dont le mari a été tué dans l’affaire du 29 juillet au Louvre. » Signé : Poncelier, lieutenant de la garde nationale, demeurant 78, rue Montorgueil (le numéro est incertain). Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Le certificat suivant établissait sa disparition depuis les combats : « Les soussignés attestent qu’il est à leur connaissance que le sieur Alexandre Munier, compagnon menuisier, après avoir intrépidement combattu pour la cause de la liberté dans la journée du 28 juillet, s’est transporté le 29 au Louvre et qu’il n’est pas rentré depuis dans ses foyers. Ils le croient confondu parmi les malheureuses victimes qu’on a ensevelies sans qu’elles fussent reconnues. Ils recommandent à la bienveillance des autorités sa veuve, qui est enceinte et dans la plus grande misère. Ces deux époux vivaient dans le plus parfait accord, le sieur Munier est vivement regretté de ses voisins et de toutes les personnes qui le connaissaient. » Signé : Allègre-Baillet (voir Allègre-Baillet, Jean, François, Cyrille), demeurant 6, rue des Filles-Dieu ; Perignon, demeurant 7, rue des Filles-Dieu ; Giboury (voir ce nom), demeurant 339, rue Saint-Denis ; Bounhiol, propriétaire, demeurant 6, rue des Filles-Dieu. Le 6 octobre 1830, devant le commissaire de police du quartier Bonne-Nouvelle, comparurent : Dunoyers, François, maître corroyeur, demeurant 4, rue des Filles-Dieu ; Legrain, Jean, Nicolas, aubergiste, demeurant 4, rue des Filles-Dieu ; Piquand, Jean-Pierre, marchand de vin, demeurant 11, rue des Filles-Dieu ; Perignon, Marie, Jean-Baptiste, fruitier, demeurant 7, rue des Filles-Dieu. Ils déclarèrent que Munier, Gabriel, Alexandre était « parti le 29 juillet vers 10 heures du matin de la rue des Filles-Dieu, où il demeurait n° 6, et qu’il était armé d’un fusil et ledit sieur Legrain a ajouté que ledit Munier lui avait dit qu’il allait aller au Palais-Royal, où l’on se battait ». Le 5 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ve arrondissement, comparurent : Royer, Virgine, femme Benoit, couturière, demeurant 130, rue Saint-Martin ; Delorme, Désirée femme Conseille, ouvrière en dentelles, demeurant 6, rue des Filles-Dieu. Elles déclarèrent que « se trouvant rue Saint-Denis vers 2 heures de l’après-midi près de la rue des Filles-Dieu, elles donnaient dans ce moment le bras à la femme Munier, elles entendirent un individu ayant l’air d’un ouvrier qui disait Le beau tirailleur de la rue des Filles-Dieu a manqué son coup aujourdhui, je viens de le voir tomber au Louvre, percé de deux balles. Elles n’en entendirent pas davantage. Comme le sieur Munier, Gabriel, Alexandre, ouvrier menuisier, demeurant dans la rue des Filles-Dieu était ce tirailleur qui avait tiraillé le 28 juillet au coin de ladite rue des Filles-Dieu et qu’elles l’avaient vu et qu’elles le connaissaient elles furent convaincues que c’était bien du sieur Munier dont ledit ouvrier voulait parler ». Le 19 septembre 1831, devant le commissaire de police du quartier de Bonne-Nouvelle, comparut : Laureau, Jean-Baptiste (voir ce nom), menuisier, demeurant 176, rue du Faubourg-Saint-Martin, et qui avait travaillé avec Munier, il y avait cinq ans, chez Bailleul, maître menuisier 7, rue du Faubourg-Saint-Denis. Il déclara que « le 29 juillet 1830 il se trouvait à 10 heures et demie du matin environ sous les colonnades du Théâtre-Français, rue de Richelieu, et que le nommé Munier, Gabriel, Alexandre, menuisier, âgé d’environ trente-quatre à trente-cinq ans, avec lequel il avait travaillé, s’y trouvait aussi mais qu’il avait quitté cet endroit pour traverser la rue Saint-Honoré et aller, suivant ce qu’il disait, du côté du Louvre et qu’à l’instant où il traversait la rue Saint-Honoré, le déclarant l’avait vu tomber à plat ventre sur le pavé et y rester sans aucun mouvement ». Comparut ensuite Boirard, Jean-François (voir ce nom), peintre en bâtiment, décoré de Juillet, demeurant 12, barrière Poissonnière. Il déclara « que le 29 juillet 1830 à 10 heures et demie du matin, il se trouvait sous les colonnes du Théâtre-Français, rue de Richelieu ; que le nommé Alexandre, Gabriel Munier, âgé d’environ trente-quatre ans, qui était aussi avec lui sous les colonnes du théâtre, avait quitté ce lieu pour aller dans la rue Saint-Honoré mais qu’au moment où il se trouvait à l’angle des rues de Richelieu et Saint-Honoré il l’avait vu tomber à plat ventre, frappé d’un coup de feu ». Enfin, Dupuy, marchand de bois, demeurant 2, rue Saintonge, qui fit la déclaration suivante : « Je, soussigné, déclare que le sieur Munier, ci-dessus qualifié, travaillait chez moi lors des affaires de juillet et qu’il quitta ses travaux le 28 à 10 heures du matin et se rendit au poste Sainte-Avoye, où il s’empara du fusil du militaire qui se trouvait de faction. Il se transporta ensuite à la Grève, à la porte Saint-Denis et enfin au Louvre et d’après le dire de ses autres ouvriers il aurait succombé dans la rue Saint-Honoré puisque là ils se séparèrent de lui et illisible n’avoir pu le rejoindre, qu’il était bien persuadé qu’il était mort ». Le tribunal de la Seine constata son décès, le 14 octobre 1831. Il laissait une veuve, Courtois, Geneviève, Reine, née le 25 germinal an IX à Chatelet (Seine-et-Marne), qu’il avait épousée dans cette même ville le 14 mai 1818 ; sur l’acte de mariage, Courtois, Geneviève, Reine est indiquée comme la fille de Courtois, Pierre, menuisier, et de Limosin, Marie, Jeanne, son épouse. Elle toucha trois cent quatre-vingts francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. La mairie du (ancien) Ve arrondissement ne la considérait pas comme une veuve. Elle napparaît pas sur les listes du Bulletin des lois et du Moniteur, pourquoi, elle remplit toutes les conditions… et elle est bien sur les listes de Archives nationales F/1dIII/35 B et in Archives nationales F/1dIII/38 B, donc pensionnée… Elle est aussi inscrite comme pensionnée de cinq cents francs in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 34. Il lui fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes (mais du (ancien) XIIIe arrondissement, arrondissement de Saint-Denis). Il demeurait à Chatelet en 1818 ; 6, rue des Filles-Dieu en 1830 ; sa veuve, à la même adresse en 1831. Le nom de Munier (G.-A Munier) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Le National, 4 août 1830 (sous le nom de Meunier) ; Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 35 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 39 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de larrondissement de Saint-Denis lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 112 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusquau 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 34 ; Archives nationales F/1dIII/33, demandes soumises à la décision de la Commission des récompenses nationales, non encore justifiées à l’époque du 20 octobre 1831 (demande de décès rejetée par le tribunal est-il précisé) et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (liste supplémentaire) ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) Ve arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 (citée deux fois dont une fois avec la mention : Ne peut justifier du décès), état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement (avec la mention : Liquidée comme veuve ; cette somme na pas été portée à son débit) ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (douze veuves) ; Archives nationales F/1dIII/42 in dossier Allègre-Baillet, Jean, François, Cyrille (sous le nom de Meunier) ; Archives nationales F/1dIII/44 in dossier Besange (sous le nom de Meunier, Alexandre, Gabriel) ; Archives nationales F/1dIII/49 in dossier Chevalier L., C. ; Archives nationales F/1dIII/61 in dossier Lapillon ; Archives nationales F/1dIII/66 (sous le nom de Meunier, Alexandre, Gabriel) ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives nationales F/1dIII/70 in dossier Papu, Nicolas, François (sous le nom de Meunier, Alexandre, Gabriel) ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIIe arrondissement, arrondissement de Saint-Denis, veuves ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 84, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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