Murgier, Joseph
Biographie
Né vers 1814 et donc âgé de seize ans, à Paris (Seine). Frangier. Il fut atteint d’un coup de feu qui lui traversa le corps et le tua sur le coup, le 28 juillet, dans un engagement qui eut lieu place de Grève au coin de la rue de la Vannerie, entre les Parisiens et la troupe de ligne. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le 8 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Condamina, Nicolas, propriétaire de bateaux à lessive, demeurant sur la rivière ; Toutin, Modeste, marchand de vin, demeurant 2, rue Pierre-aux-Bœufs ; Apché, Pierre, rémouleur, demeurant 36, rue Saint-Merri. Ils déclarèrent avoir parfaitement connu Murgier, Joseph et savoir « que le 28 juillet dernier, dans un engagement qui eut lieu place de Grève au coin de la rue de la Vannerie entre les bourgeois et la troupe de ligne, il fut atteint d’une balle au corps par suite de laquelle il expira sur-le-champ ; que l’un desdits comparants, le sieur Apché, déclare l’avoir vu mort et les deux autres déclarent ne pas l’avoir vu rentrer au domicile de sa mère depuis cette époque ». Le certificat suivant constatait le décès de Murgier, Joseph : « Nous, soussignés, attestons pour rendre hommage à la vérité, que le nommé Joseph Murgier, âgé de seize ans, demeurant à Paris, rue du Chevet-Saint-Landry n° 8, chez sa mère, Jeannette, Pierrette Bruant, veuve de Charles Murgier, quartier de la Cité, est décédé le 28 juillet et enterré et reconnu le lendemain 29 juillet à la place de Grève au coin de la rue de la Tannerie, lequel faisait partie de ceux qui sont morts pour la défense de nos libertés. Sa blessure était au côté gauche. » Signé, le 18 août 1830 : Bariol, rémouleur, demeurant 4, rue des Arcis ; Apché, rémouleur, demeurant 36, rue Saint-Merri. Il laissait une mère, Bruant, Jeannette, Pierrette, blanchisseuse, née le 20 avril 1789 (bien le 20 avril 1789 dans son acte de baptême ; mais le 22 avril 1789 in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Paris, fille de Bruant, Jean-Baptiste et de Beurdelez, Toussaint, Henriette, son épouse. En 1830, elle était mère de quatre enfants et veuve depuis trois ans de Mugier, Charles. Le 26 février 1831, devant le maire du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Condamina, Nicolas, propriétaire de bateaux à lessive, demeurant au bas du pont de la Cité dans sa maison flottante ; Toutin, Modeste, marchand de vin, demeurant 11, rue des Marmousets ; Rozey, Pierre, boulanger, demeurant 9, rue des Marmousets. Ils attestèrent que Bruant, Jeannette, Pierrette était « dans un état nécessiteux et de besoin ; qu’elle a trois enfants à sa charge, dont l’aîné a quatorze ans, le plus jeune vingt-huit mois ; qu’elle est seule pour pourvoir à leur existence, n’ayant que le produit de sa journée de blanchisseuse, et que son fils qui a été tué commençait, par son travail, à soulager sa mère ». Elle était porteuse du certificat médical suivant : « Je, soussigné, docteur médecin, certifie que Mme veuve Murgier, demeurant rue du Chevet-Saint-Landry n° 8, a reçu plusieurs fois mes soins pour un rhumatisme articulaire qui avait son siège spécialement aux extrémités inférieures et aux mains. J’atteste également que plusieurs fois elle a été frappée de coups de sang et que la profession de blanchisseuse qu’elle exerce est nuisible à sa santé. » Signé, le 7 février 1831 : illisible. Sa propriétaire lui délivra le certificat suivant : « Je, soussignée, propriétaire, demeurant rue du Chevet-Saint-Landry n° 8, en la Cité, certifie que la nommée Jeannette, Pierrette Bruant, veuve de Charles Murgier, est ma locataire depuis huit ans avec trois enfants à sa charge, malheureuse journalière blanchisseuse et qu’elle s’est toujours comportée avec honneur et probité. » Signé, le 10 février 1831 : veuve Legris, propriétaire, demeurant 8, rue du Chevet-Saint-Landry. Elle fut pensionnée de deux cents francs et il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il demeurait 8, rue du Chevet-Saint-Landry depuis six ans, chez sa mère ; sa mère, toujours 8, rue du Chevet-Saint-Landry en 1831. Le nom de Murgier (J. Murgier) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 106 (sous le nom de veuve Murgier, née Bruant, Marie, Jeanne, Pierrette) ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 21 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IXe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées à la mairie du (ancien) IXe arrondissement jusqu’au 15 mars 1831, aux blessés, non blessés, veuves, orphelins, ascendants et sous-lieutenants, par suite des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, ascendants (sous le nom de veuve Murgier, née Bruant, Marie, Jeanne, Pierrette) ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 84, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.