Musset, Claude
Biographie
Né le 14 messidor an VI à Bagnoles (Rhône), fils de Musset, Claude, cultivateur, et de Borday, Jacqueline, son épouse. Tailleur de pierres, il reçut de nombreux coups de crosse de fusil à la tête, les 28 et 29 juillet à la porte Saint-Antoine dans les combats du faubourg Saint-Antoine. Selon l’enquête d’un des commissaires de la Commission des récompenses nationales, Musset, « qui était dur à la fatigue et aussi brave qu’insensible au mal, […] pensait que cela se passerait sans prendre les moindres précautions » ; depuis cette époque cependant, il était sujet à de continuels étourdissements. Alors qu’il travaillait au ravalement de la chapelle de la prison de la Roquette, le 10 décembre 1830, il chuta du quatrième étage d’un échafaudage, victime d’un de ces étourdissements dont il se plaignait tous les jours. Il mourut le même jour, à 18 heures, d’apoplexie et de rupture des viscères abdominaux à l’hôpital Saint-Antoine. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IXe arrondissement. Le docteur Beville délivra, le 30 janvier 1831, le certificat médical suivant : « Je, soussigné, Charles Beville, médecin de la faculté de Paris, certifie que le sieur Claude Musset, tailleur de pierres, est venu me consulter, le 30 juillet 1830, pour deux contusions, l’une reçue à l’occiput et l’autre au temporal gauche, provenant de deux coups de crosse de fusil reçus le 28 juillet 1830 à la porte Saint-Antoine. Ces blessures étaient assez graves pour occasionner la mort sur le moment. Il a été souffrant pendant quelque temps et enfin une apoplexie foudroyante l’a fait succomber. » Le certificat suivant tentait de donner des éclaircissements sur les causes de son décès : « Nous, soussignés, habitants du (ancien) IXe arrondissement, certifions et attestons qu’il est à notre connaissance que le sieur Claude Musset, domicilié rue Saint-Antoine n° 52, a, dans les glorieux combats de juillet dernier auxquels il a participé, reçu plusieurs coups de crosse de fusil dans la tête ; lesquels lui ont occasionné de fréquents étourdissements, qui ont eu pour lui l’effet le plus funeste ; car, étant de son métier tailleur de pierre, un de ces étourdissements lui a pris et il en est résulté une chute du quatrième étage, à laquelle il n’a survécu que sept heures et est décédé le 10 du courant à l’hôpital Saint-Antoine, où il avait été conduit ; que ce triste événement plonge dans la douleur et la misère sa veuve et deux enfants en bas âge, dont, au moyen des fruits de son labeur, il était l’unique soutien ; et que cette malheureuse veuve dont on ne peut que louer la moralité, est en tout digne de la commisération des personnes humaines et sensibles et de toute la sollicitude du gouvernement. » Signé, le 23 décembre 1830 : Devaux (voir Devaux, Victor, Charles, Auguste), marchand boucher, demeurant 25, rue de Jouy ; Lemée, perruquier, demeurant 18, rue de Jouy ; Moro, marchand de vin, demeurant 27, rue de Jouy ; Dor, marchand de vin, demeurant 3, rue de Jouy ; Martin, marchand de levure, demeurant rue de Jouy ; Gille, demeurant 18, rue de Jouy ; Sell..., demeurant 55, rue Saint-Antoine. « Le 22 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, comparurent : Gasson, Etienne, bijoutier, demeurant 18, rue de Jouy ; Dor, Auguste, Joseph, marchand de vin, demeurant 3, rue de Jouy ; Lemée, François, perruquier, demeurant 18, rue de Jouy. Ils attestèrent avoir connu Musset, Claude, « qu’ils avaient avec lui des relations d’amitié journalière ; que le 29 juillet dernier ils l’ont vu dans la matinée ; qu’il s’est plaint d’avoir été le 28 dudit mois maltraité par les gendarmes à la porte Saint-Antoine de plusieurs coups de bourrades et crosses de fusil en divers endroits du corps ; qu’en effet ils ont vu qu’il avait à la cuisse un endroit noir qui paraissait le résultat d’un coup qu’il avait reçu ; que postérieurement ils ont vu qu’il a été obligé de suspendre ses travaux pendant dix à douze jours ; qu’ayant repris ses travaux, ils ont su et vu qu’il était sujet à des étourdissements qui paraissaient être le résultat des mauvais traitements qu’il aurait reçus le 28 juillet et dont il ne cessait de se plaindre ; qu’ils savent que le 10 décembre dernier, étant à travailler à la prison modèle de la Roquette, ayant été attaqué d’un des étourdissements dont il se plaignait tous les jours, il est tombé de dessus l’échafaud où il était à travailler ; qu’il a été porté le même jour à l’hospice Saint-Antoine et que l’un d’eux, le sieur Dor, étant allé le voir ledit jour 10 décembre, il a appris qu’il venait de décéder ». Il laissait une veuve, Truffot, Marie, Anne, Joséphine, née le 8 prairial an XII à Rossay (Yonne), qu’il avait épousée le 21 janvier 1828 à Rossay, journalière ; sur l’acte de mariage, Musset, Claude est indiquée comme fils de feu Musset, Claude, décédé le 15 mars 1826 à l’hôpital de Lyon (Rhône), et de feue Borday, Jacqueline, son épouse, décédée le 20 août 1809 à Bagnoles, et comme étant garçon tailleur de pierre ; Truffot, Marie, Anne, Joséphine est indiquée comme fille de Truffot, Edme et de Batreau, Anne, son épouse. Il laissait deux (trois enfants in Archives nationales F/1dIII/36) enfants en bas âge. La Commission des récompenses nationales rejeta la demande de pension présentée par la veuve, considérant que Musset était décédé des suites d’une « apoplexie foudroyante ». Il lui fut cependant accordé, en tant que cas exceptionnel de veuve, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Musset demeurait à Rossay en 1828 ; 52, rue Saint-Antoine en 1830 ; sa veuve, 52, rue Saint-Antoine en 1831. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des cas exceptionnels de veuves auxquelles il a été accordé des inscriptions de rentes du IXe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 107 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées depuis le 10 mars jusques et y compris le 31 mai 1831 aux veuves du (ancien) IXe arrondissement de Paris ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/68 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IXe arrondissement, cas exceptionnels de veuves.