Nardin, François, Victor
Biographie
Né le 29 mars 1782 à Malans (Haute-Saône), de Nardin, Jean-Baptiste, instituteur, et de Braslet, Jeanne-Baptiste. Chevalier de la Légion d’honneur (son nom n’est pas dans la base leonore de la Légion d’honneur). Serrurier à Autun en 1815, il fut nommé agent du commissaire de police de la ville, pendant les Cent-Jours (l’arrêté de nomination est à la date du 6 juillet 1815) et révoqué à l’arrivée des Bourbons. En 1815 et 1818, il était serrurier, marchand faïencier en 1823. En juillet 1830, il était ordonnateur à la Compagnie des ramonages, au traitement annuel de mille huit cents francs. Il fut blessé d’un coup de feu à la poitrine, qui lui traversa le corps et atteignit le foie, le 29 juillet, en passant près du café de la Régence, et après qu’il eut combattu toute la journée et une partie de la nuit du 28. Il fut soigné par les docteurs Ozann, Belmas et Cisset. Le certificat médical donnait, en août 1830, les précisions suivantes sur la blessure qu’il avait reçue : « La balle a traversé obliquement la poitrine, entre les quatrièmes et cinquièmes fausses côtes du côté droit ; elle a intéressé dans sa marche le diaphragme, le foie dans toute son épaisseur, et est sortie à l’union des cartilages des fausses côtes avec le sternum. Malgré la fracture communicative des côtes, l’écoulement abondant de la bile à l’extérieur, un ictère général, qui est survenu dès le lendemain de l’accident, la fièvre et enfin une suppuration abondante entretenue par la présence des esquilles, dont plusieurs sont sorties, le malade est aujourd’hui dans un état assez satisfaisant et tout paraît faire espérer une guérison qui, tout accident consécutif excepté, semble devoir se faire longtemps attendre et nécessiter des soins assidus et un repos prolongé. » Les mêmes médecins devaient, en novembre suivant compléter leur diagnostic de la manière suivante : « L’existence d’une plaie fistulente, dont la durée ne peut être déterminée, une grande difficulté de respirer qui augmente au moindre mouvement, des syncopes fréquentes qui durent quelquefois plus d’une heure, une faiblesse excessive, suite inévitable d’une blessure extrêmement grave et le plus souvent mortelle, tels sont les accidents qui semblent nous faire présager que le nommé Nardin ne pourra jamais se livrer, ou du moins ne se livrera qu’imparfaitement, à ses travaux ordinaires, son unique ressource pour le soutien d’une femme et de trois enfants. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Rivaud, Jacques, Jérôme (voir ce nom), ancien officier décoré, signa, le 16 novembre 1830, le certificat suivant en sa faveur : « Je soussigné Rivaud, Jacques, Jérôme, officier de l’ancienne armée et décoré, chargé par le général Lafayette et le gouvernement provisoire de plusieurs commandements et divers mouvements, tant à Paris qu’aux avant-postes, et sans emploi depuis les mémorables journées, certifie que monsieur Nardin était à la défense de l’Hôtel de ville le 28 juillet et qu’après la prise de la place par la troupe il a été en tirailleur depuis midi jusqu’à 1 heure du matin, tant à la ville que rue du Martrois, de la Mortellerie, etc. Le 29, après la retraite des troupes, pendant qu’il marchait sous le drapeau tricolore et arrivait rue Saint-Honoré, moins heureux, il reçut à mes côtés une balle à travers le corps. Ce fait a été certifié par le colonel Zimmer (Voir Zimmer, Joseph), chef d’état-major de la garde nationale, dans une demande d’activité faite par moi au ministre de la Guerre. » La femme de Nardin, dans une demande de secours adressée à la Commission, relatait de la manière suivante les circonstances dans lesquelles son mari avait été blessé : « Le mercredi 28 juillet, il avait combattu toute la journée et une partie de la nuit dans la rue Saint-Antoine et à la place de la Grève. Le jeudi matin, il s’en retournait paisiblement chez lui, rue de Surène, n° 8, pour revoir sa famille, lorsque, en passant rue Saint-Honoré, un coup de feu, parti de la maison du café de la Régence où des soldats s’étaient postés, l’a frappé à la poitrine ; la balle lui a traversé le corps et attaqué le foie. Il a été transporté de suite chez M. Trouvin, pharmacien galerie Colbert, et c’est là que le premier pansement a eu lieu. Aujourd’hui il est à l’Administration des ramonages générale, rue de Surène, dont il est employé et où il demeure. » Nardin reçut un secours de cent quatre-vingts francs (mais de cent soixante francs in Archives de Paris VD6 121 n° 2 liasse 7 secours aux combattants) en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. En septembre 1830, comme il lui était « impossible de reprendre ses occupations, qui nécessitent de longues courses, jusqu’à ce que la blessure soit parfaitement guérie », il sollicita « des secours journaliers, proportionnés à ses besoins ». Il reçut un secours de quarante francs le 10 août, un secours de quarante francs le 18 août (mais le 13 août in Archives de Paris VD6 121 n° 2, liasse 3 et liasse 8), un secours de quatre-vingts francs à une date non précisée, un secours de quarante francs le 2 septembre, un secours de quarante francs le 14 septembre, un secours de quarante francs le 29 septembre (et sans doute un total de deux cent quatre-vingts francs) en 1830 jusqu’au 12 octobre 1830 puis un secours de cent cinquante francs à partir du 12 octobre 1830, un secours de cinquante francs en novembre, un secours de deux cents francs en décembre, un secours de cent francs en janvier 1831, un secours de cinquante francs en février, un secours de cent francs en mars, un secours de quatre-vingt-dix francs en avril, un secours de quatre-vingt-dix francs en mai, un secours de quatre-vingt-quatre francs en juin 1831 auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, et un secours de cent soixante francs de la part de la Commission de secours (à une date indéterminée). Resté au lit durant dix mois, il ne put se présenter à la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, dont il dépendait, pour y faire valoir ses droits. Il ne fut donc pas compris sur les listes des décorés. Pourtant il avait demandé dès le 1er novembre 1830, la décoration : « Pardon, monsieur, si je vous importune de nouveau. Depuis votre départ, je n’ai point entendu parler de la Commission, je ne sais si son travail est terminé mais un de nos employés, blessé très légèrement à l’avant-bras, d’un coup de baïonnette, a reçu une lettre par laquelle on le prévient qu’il lui est allouée une somme de mille deux cents francs, non compris une de cinq cents qu’il a déjà reçue. J’ai jugé par-là que le travail de la Commission était fini ; je suis étonné de n’avoir pas reçu d’elle aucun avis me concernant. Je viens vous demander, monsieur, une nouvelle obligeance. Dans une de ses séances, la Commission a décidé qu’il serait frappé une médaille afin de perpétuer le souvenir des événements de Juillet, qu’il en serait remis une à chaque blessé, qu’il serait en outre distribué à quelques-uns d’eux une décoration particulière, dont les décorés jouiront des mêmes avantages, quant aux honneurs, que les chevaliers de la Légion d’honneur. C’est pour obtenir cette dernière que je vous prie de vouloir bien intercéder en ma faveur. […] La place que j’occupais étant décidemment perdue, je ne sais comment je dois m’y prendre pour en demander une, j’ai besoin pour cela de votre conseil. L’employé dont j’ai parlé plus haut arrive à l’instant et m’assure que nonobstant les mille sept cents francs dont il est question, il a obtenu pour un enfant de quatre ans qu’il a une somme de cinq cents francs et cependant sa blessure ne l’a pas empêché de travailler plus de deux jours. » Inquiet d’avoir appris de la Commission des récompenses nationales qu’il n’était porté que pour des secours provisoires et non pas pour une pension, il écrivit de nouveau, le 10 novembre 1830, afin d’obtenir un emploi et la décoration de la Croix de Juillet. Le 14 novembre 1830, il renouvelait sa demande de pension, d’emploi et de décoration auprès du maire du (ancien) 1er arrondissement, rappelant qu’il avait « été assez heureux pour se trouver un des premiers à arborer les couleurs nationales à l’Hôtel de ville ». En mai 1831, ayant pris connaissance de ces listes, parues dans les journaux, il écrivit la lettre suivante au président de la Commission des récompenses nationales, afin d’être porté sur une supplémentaire de décorés : « Ayant parcouru la liste des citoyens désignés pour recevoir la décoration de Juillet, c’est avec douleur que je n’y ai point vu figurer mon nom. D’après ma conduite dans les trois jours, conduite attestée par des certificats et détaillée dans ma demande du 14 novembre, adressée à monsieur le maire du Ier arrondissement, pièces restées au dossier remis à la Commission ainsi qu’un autre remis par M. Thomas à monsieur Alex. Delaborde, alors préfet de la Seine. D’après la gravité de ma blessure, attestée par les docteurs qui m’ont donné leurs soins et surtout d’après la promesse de juillet, je devais espérer être compris dans le tableau des décorés des journées mémorables. J’ai participé à la première pose du drapeau tricolore à l’Hôtel de ville ; présents, MM. Marchand, Delayen, Patillon, ex-officier d’hussard, Rivaud (voir plus haut), ex-officier de cavalerie, et autres, et ai combattu jusqu’à minuit, sous les yeux de plusieurs d’entre eux. Le matin du 29, étant en reconnaissance de la position de la garde royale, avec le sieur Rivaud, que j’accompagnais, je reçus une balle qui m’a traversé le corps ; transporté chez moi, par les soins de cet officier, le premier appareil fut posé en sa présence. J’invoque son témoignage ainsi que celui des autres citoyens ci-dénommés. La balle que je reçus provenait d’une décharge de soldats suisses embusqués dans une maison voisine de la place du Palais-Royal. Par suite de cette blessure, dont je ne guérirai jamais, je restai huit mois dans mon lit ; je n’ai pu, comme beaucoup d’autres, solliciter des recommandations, dont je ne pensais pas avoir besoin, m’en reposant entièrement sur mes droits, la justice et la sagesse de la Commission. » Il fut admis dans la 6e classe des blessés et pensionné de huit cents francs. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 9 avril 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu au bas de la poitrine du côté droit, de sa partie antérieure et inférieure vers sa partie postérieure, en traversant la base du foie, blessure très grave, cicatrisée à l’ouverture de sortie seulement, fistuleuse à l’ouverture d’entrée de la balle et accompagnée de beaucoup d’oppression et de couleurs. » Il lui fut accordé, à titre de blessé de cette 6e classe, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il avait eu avec une première femme, Mermet, Madeleine, Philiberte, une enfant, Nicole, Euphrasie, Athanase, née à Autun (Saône-et-Loire) le 1er mai 1815 (bien le 1er mai 1815 dans son acte de naissance ; par erreur le 2 mai 1815 in Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671 et trois fois in Archives de Paris VD6 92 et une fois in Archives nationales F/1dIII/34 et deux fois in F/1dIII/38 B et une fois in Archives nationales F/15/2557-2559 état officiel des orphelins), puis, après la mort de sa femme, avait épousé, le 28 mars 1818 à Autun Alignol, Marie, Anne, née le 30 août 1789 à Louhans (Saône-et-Loire), couturière en robes ; sur l’acte de mariage, Nardin, François (sic) est indiqué comme étant serrurier ; Alignol, Marie, Anne est indiquée comme la fille de Alignol, Etienne, entrepreneur, et de Luquet, Jeanne. Il avait eu avec elle deux enfants : Camille, Denise, Valère (bien Camille, Denize, Valère dans son acte de naissance et in Archives nationales F/1dIII/34 ; mais Camille, Valérie, Denise in Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671 et in Archives nationales F/15/2555 ; Camille, Valérie, Emilie in Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport), née aussi à Autun le 10 décembre 1818 (bien le 10 décembre 1818 dans son acte de naissance ; par erreur le 16 décembre 1818 in Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671 mais bien le 10 décembre 1818 in Archives nationales F/1dIII/34 et in Archives nationales F/1dIII/38 B), et Marie, Claudine, Philéas, née à Autun le 3 février 1823 (bien le 3 février 1823 dans son acte de naissance ; par erreur le 4 février 1823 in Archives nationales F/1dIII/38 B, in Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671 et deux fois in Archives de Paris VD6 92 et in Archives nationales F/15/2555 ; et le 11 février in Archives nationales F/1dIII/34). Les trois enfants furent assimilés à des orphelins de Juillet et pensionnées. Il leur fut accordé par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de soixante-quinze francs. Nicole, Euphrasie, Athanase fut laissée aux soins de ses parents pour qu’ils perfectionnent eux-mêmes l’éducation de leur fille. Camille et Marie furent placées en pension chez Mme Migneron, 4, rue de Valois et se virent attribuer trois cents francs pour leurs frais de trousseau en 1832. Nardin déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] Ier arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il adressa, le 5 juillet 1831, la lettre suivante à la Commission : « Malgré mes pressantes sollicitations et les promesses de M. le secrétaire de la Commission des récompenses nationales, je n’ai pu obtenir la remise entière de mes pièces. Cette Commission a, le 1er juillet, déposé toutes celles en son pouvoir à l’Hôtel de ville, afin qu’elles fussent remises à qui de droit. Je m’y suis présenté hier et l’on m’a seulement remis une nomination de commissaire de police de la ville d’Autun en 1815, que j’avais jointe à mon dossier, afin d’attester à MM. les membres que mon patriotisme et mon courage ne dataient pas de juillet 1830. Cette place me fut accordée en récompense de ce que le premier j’avais arboré le drapeau tricolore dans cette ville. L’expédition de mes autres pièces ne peut m’être remise que dans quelques jours. Comme le délai fixé par vous pour le dépôt des pièces de chaque réclamant expire aujourd’hui, je m’empresse de vous faire parvenir copie conforme, que j’avais conservée près de moi, du certificat constatant ma présence aux affaires du 28 et 29 juillet ainsi que du certificat des docteurs qui m’ont donné leurs soins et qui me soignent encore. J’ai fait signer ces certificats par leurs auteurs afin de constater qu’ils sont extraits exacts de ceux déposés à la Commission. Je n’ai pu dans ce moment me procurer les signatures des autres docteurs qui m’ont soigné et qui ont signé l’original. Ces messieurs sont : Belmas, docteur et professeur rue d’Anjou-Saint-Honoré n° 13 ; Cisset, chirurgien, rue des Filles-Saint-Thomas n° 19 ; Michon, médecin préparateur à l’Ecole, rue du Paon n° 8. Je joins à ces pièces cette nomination de commissaire de police [pourtant absente du dossier, N.D.A.] et une lettre de M. de Saint-Fargeau Lepelletier, ex-conventionnel, qui atteste que j’avais des droits aux récompenses. J’invoque aussi le témoignage de MM. Dabaret, teinturier, capitaine de grenadiers, rue Saint-Denis près le magasin du Pygmalion ; Delayen, négociant droguiste, rue des Arcis ; Rivaud (voir Rivaud, Jacques, Jérôme), officier de cavalerie, demeurant rue du Martrois n° 14 ; Perrot, limonadier, place de l’Hôtel-de-Ville n° 7 ; Besson (voir sans doute Besson, Henry ?), distillateur, rue des Barres-Saint-Paul ; Patillon, officier de cavalerie, barrière Poissonnière n° 8 ; de Saint-Fargeau, propriétaire, Champs-Elysées n° 7 ; Delore, Sabatier et L’Espinasse, rue des Ecrivains n° 10. Ces personnes, dont la bonne foi ne peut être révoquée en doute, attesteront, je pense, la vérité. Plusieurs d’entre elles m’ont vu. La Commission sentira avec justesse que je ne puis être privé du droit de réclamer, dont elle veut bien se charger, par le seul fait de la mauvaise volonté de la Commission des récompenses nationales à ne point me rendre mes pièces. Mon droit, je pense, n’en n’est pas moins légal. C’est pourquoi je me repose entièrement sur la sagesse et la justice de la Commission et des défenseurs des droits des combattant de Juillet pour le faire valoir. » On trouve dans son dossier la lettre d’introduction suivante : « Mon cher Favier (général Fabvier, président de la Commission des récompenses nationales). Je vous adresse partie du manuscrit brûlée d’un brave citoyen de mon quartier, qui a combattu dans nos glorieuses journées des 27, 28 et 29. Il y a été bien près de périr d’un coup de feu, qui lui traversa le corps. Il paraît que s’il guérit son traitement sera long. C’est un père de famille de trois enfants. Certes il a de grands droits à l’intérêt de la Commission et je ne saurais trop le recommander à toute la chaleur de votre patriotisme. Les pièces ci-jointes me paraissent suffisamment attester les faits, qui sont aussi à ma parfaite connaissance. Je saisis cette occasion pour me rappeler à votre amitié. » Signé, le 10 septembre 1830 : Lepeletier, Félix. En 1833, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de Marie, Claudine, Philéas, qu’elle était intelligente, assez appliquée et que sa maîtresse était assez contente d’elle. La même année, la même Commission rapportait au sujet de Camille, Valérie, Denise (sic), qu’elle était d’un caractère doux, tenait une bonne conduite, savait lire, écrire et calculer, était faible en grammaire mais connaissait assez bien la géographie. Nardin retira, le 31 juillet 1833, les pièces (trois certificats) qu’il avait déposées à la Commission des récompenses nationales. En 1833, il était marchand faïencier. En 1834, il était sous-lieutenant à la 1re compagnie du 3e bataillon de la Ire légion de la garde nationale. Il reçut un secours de cinq cents francs en 1831, en 1832, en 1833, sans doute pour aller prendre les eaux à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées). Camille fut placée en pension chez Mme Migneron. Mais son père, constatant que les progrès faits par sa fille pour son instruction ne seraient jamais suffisants pour lui permettre d’accéder à la fonction d’institutrice à laquelle elle avait manifesté le désir de se destiner, sollicita de la Commission de surveillance des orphelins que, l’expérience démontrée stérile, « ne soit pas plus longtemps prolongée et que l’on veuille bien rendre la jeune personne à sa mère, qui, couturière très adroite, se propose de lui apprendre l’état de couturière en robes ». Un membre de la Commission s’entretint avec Mme Migneron, qui confirma « en tous points les observations présentées par [le] père. Cette jeune personne est effectivement privée des dispositions naturelles nécessaires pour acquérir le degré d’instruction suffisante pour se livrer, un jour, à l’enseignement » et la décision fut prise de rendre l’enfant à sa mère afin qu’elle puisse profiter auprès d’elle d’un apprentissage de couturière. En 1835, Nardin adressait la lettre suivante à la Commission municipale chargée de la surveillance des intérêts des orphelins et orphelines de Juillet : « […] Nardin, François, chevalier de la Légion d’honneur, blessé de Juillet 1830, officier à la 1re compagnie du 3e bataillon de la Ire légion de la garde nationale de Paris, a l’honneur de vous exposer qu’au mois de décembre 1834 il loua une maison sise aux Batignolles-Monceau, rue Sainte-Thérèse, n° 9, pour quatorze années consécutives, moyennant le prix de deux cent quarante francs par an, plus une somme de deux mille francs de pot-de-vin, avec facilité d’employer partie des deux cent quarante francs en réparations et constructions nécessaires à la location de ladite maison. En vertu de cette clause, il fit des améliorations pour une somme de mille huit cents francs, dont mille deux cents francs en constructions et pour le compte du propriétaire et six cents francs en divers travaux dans le jardin et qui resteront pour le propre compte de l’exposant. Par suite de ces améliorations, il a loué à M. le colonel Mac Carty le deuxième étage, deux chambres au rez-de-chaussée et une chambre de domestique au troisième quatre cents francs par an. Il lui reste donc tous le premier avec cuisine et salle à manger au rez-de-chaussée ainsi que la majeure partie du troisième qu’il a fait construire et la totalité du jardin, de manière que cette maison, qu’il paye trois cent quatre-vingt-trois francs par année compris les deux mille francs de pot-de-vin lui rapporte neuf cents francs. Ce revenu ne peut que s’accroître en raison des constructions que l’on fait dans le voisinage. Le propriétaire de cette maison se trouvant dans ce moment en état de faillite, cette propriété est sur le point d’être vendue par expropriation forcée et déjà le jour est fixé au 22 décembre prochain, le prix de cette maison, en raison de la charge du bail existant, ne peut qu’être très modéré. Dans cette circonstance, l’intention de l’exposant est de s’en rendre adjudicataire pour le compte et au nom de ses trois enfants, que la Commission des récompenses nationales, dans sa sollicitude et par suite de la grave blessure qu’il a reçue dans les journées de juillet 1830 a placé au nombre des orphelins de cette époque. Il ne peut effectuer ce projet sans le secours de la Commission, afin qu’elle l’autorise à vendre les inscriptions de rente que ses enfants ont sur l’Etat, à condition d’en faire immédiatement le remploi sur la propriété dont il est question. C’est pourquoi l’exposant à recours à vous, Messieurs, afin qu’il vous plaise d’accorder cette autorisation. […] L’exposant a l’honneur d’exposer à la Commission qu’avec le capital des deux cent quarante-cinq francs de rente que reçoivent ses trois enfants il peut les rendre propriétaires d’une maison dont le revenu est plus du triple. […] » La commission municipale enquêta et donna l’avis suivant : « […] Cette maison, d’une jolie apparence ; la superficie du terrain occupé par les bâtiments est à peu près de treize toises, celle du jardin de soixante environ, total soixante-dix à quatre-vingts toises […]. Le délégué ne peut donc regarder cette opération que comme toute dans l’intérêt des mineurs et conclut à ce que la Commission veuille accorder l’autorisation. » La maison fut mise en vente le 3 août 1836, et l’adjudication fixée à quatre mille cinq cents francs. En 1836, Philéas, qu’on destinait jusque-là à l’étude de la musique, mais n’ayant, selon son maître Migneron, « aucune disposition pour cet art », fut dirigé vers l’étude du dessin. En 1838 et en 1839, Marie, Claudine, Philéas était élève à l’institution de Migneron. Nardin demeurait Champ de Mars à Autun (Saône-et-Loire) en 1815 ; rue de la Halle-au-Blé à Autun en 1818 ; rue aux Cordiers à Autun en 1823 ; 8, rue de Surène, chez Goetschy, Ch., administrateur de la Compagnie du ramonage général, en 1830-1831 ; 21, rue Saint-Marc-Feydeau de 1832 à 1834 ; 9, rue Sainte-Thérèse en 1834. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 69 ; Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 105 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste des blessés de Juillet envoyés aux eaux de Bourbonne, p. 65, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Ier arrondissement p. 93-94, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris VD6 92, son dossier personnel, idem une feuille volante, idem liste des orphelins au-dessus de sept ans, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem liste des blessés pensionnaires, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem liste des orphelins au-dessus de sept ans, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem Etat des sommes payées depuis le 1er septembre jusqu’au 31 octobre 1831 aux blessés de Juillet, idem Etat des sommes payées depuis le 1er septembre jusqu’au 31 octobre 1831 aux orphelins des victimes de Juillet, au-dessus de l’âge de sept ans, idem Etat des secours accordés pour le mois d’octobre 1831 sur le fonds de 2764,50 francs mis à la disposition de M. le maire le 28 septembre aux veuves, blessés, orphelins, ascendants, idem Etat nominatif des blessés, veuves, orphelins, etc. qui ont reçu pour le mois d’octobre 1831 des secours sur le fonds de 4 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 26 juillet 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois d’août aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 5 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 29 juin 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois de juillet aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 4 500 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 11 juin 1831, idem décompte des paiements faits par la mairie depuis le 1er août 1830 jusqu’au 30 août 1831 aux blessés de Juillet pensionnés par la Commission des récompenses nationales, idem liste des décorations du (ancien) Ier arrondissement, idem Etat nominatif des paiements faits à la mairie du (ancien) Ier arrondissement aux ascendants, veuves, blessés, orphelins, sous-lieutenants depuis le 1er juin jusqu’au 31 août 1831 ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 1, liste des blessés qui ont été classés, idem liasse 3, état des sommes données aux blessés (non soldés), idem liasse 4, idem liasse 7 liste des secours aux blessés, idem liasse 8 ; Archives de Paris Vbis8Q3 1, orphelins et orphelines de Juillet, (ancien) Ier arrondissement, séance du 12 février 1832, séance du 4 mars 1832, séance du 10 novembre 1832, idem séance du 1er octobre 1834, idem séance du 8 janvier 1835, idem séance du 7 décembre 1835, idem séance du 17 décembre 1835, idem séance du 9 avril 1836, idem séance du 11 juillet 1836, idem séance du 2 août 1836 ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 30 ; Archives de Paris VK3 18, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du (ancien) Ier arrondissement, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet dans cet arrondissement, idem Bordereau nominatif des ascendants, veuves, orphelins et blessés qui ont reçu à la mairie dudit arrondissement sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, le paiement du semestre de rente 5% échu le 22 septembre 1831 ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (sous le nom de Nardain, François, Victor) et Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) Ier arrondissement de Paris, état nominatif des blessés 5e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 13 octobre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien) (par erreur sous le nom de Rardin, Victor), idem même référence un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates, idem même référence registre de la Souscription nationale, orphelins, blessés de la 6e classe, idem même référence un registre de pensionnés (orphelins au-dessus de sept ans), (blessés pensionnés) ; Archives de Paris VK3 49 ; Archives de Paris VK3 55 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 1er août 1830 au 31 décembre 1831 et état des sommes payées aux blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des enfants (27) assimilés aux orphelins en vertu de l’article 2 de la loi du 13 décembre et orphelines du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, Ier arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés, [sous le nom de Hardin, et les prénoms de Camille, Valérie, Denis, et de Marie, Claudine, Philias] ; année 1838 Ier arrondissement ; année 1839 Ier arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Callet ; Archives nationales F/1dIII/69 ; Archives nationales F/1dIII/72 in dossier Pottier ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste des blessés de Juillet envoyés aux eaux de Bourbonne, Barèges, Mont-d’Or et Néris et aussi liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ier arrondissement, orphelins et blessés de la 6e classe ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/15/2555 deux feuilles de bulletin individuel ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins ; Archives de la préfecture de police AA 405.