Nélaton, Auguste
Biographie
Né le 17 juin 1807. Interne à Bicêtre. Dans le témoignage de sa propre participation aux combats de Juillet, que rédigea Giraud-Dulong, François, étudiant en médecine, il donnait les indications suivantes sur Nélaton : « Vers 9 heures et demie [le 29 juillet], M. Dupuytren fit appel à ceux [des médecins de l’Hôtel-Dieu, N.D.A.] qui voulaient aller au Louvre porter des secours aux blessés. Six seulement se présentèrent : M. Sanson jeune (voir ce nom), Robert (voir ce nom) prosecteur à la faculté de médecine, M. Nélaton, interne à Bicêtre, Gratis, Duquesne et moi. Nous passons devant la morgue, le quai des Orfèvres ; arrivés au Pont-Neuf, nous avons essuyé la fusillade qui partait du Louvre. […] Nous traversons le pont ; on nous criait Baissez-vous ! Baissez-vous ! car les balles n’étaient pas rares. Arrivés sur le quai de l’Ecole, nous voulions nous rendre dans la cour de l’hôtel de M. Dupuytren pour y former une ambulance, comme nous en avions l’ordre. Mais le feu qui partait du Louvre était trop violent. Alors, le peuple était retranché derrière une forte palissade qui barrait le quai derrière la pompe à feu, derrière le parapet du Pont-Neuf et la statue d’Henri IV. Ne pouvant avancer, nous avons pris par la place des Trois-Maries. La foule y était considérable. Accompagné de M. Robert, nous voulions aller au Louvre mais on nous dit qu’une ambulance avait été formée rue Baillet. Nous y sommes allés […]. » Il s’illustra aussi par les soins qu’il donna aux blessés de juin 1848 et fut pour cette raison distingué par le ministère de l’Intérieur : « […] Le citoyen Nélaton qui seul pendant plusieurs jours a été chargé des blessés de l’hôpital Saint-Antoine et qui n’a quitté l’établissement à certains intervalles que pour aller, au milieu de la mitraille, porter les secours de son art à d’autres blessés de l’hôpital Bon Secours. » Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 26 septembre 1848, officier le 16 juin 1856, grand officier le 8 juin 1867. Il était ancien sénateur et membre de l’Institut en 1867. Il mourut le 21 septembre 1873. Il demeurait 1, avenue d’Antin en 1873. Archives de Paris VK3 45 in dossier Giraud-Dulong, François ; Archives nationales F/1dIII/96 in dossier Ruin, Alphonse, Adrien, Pierre (pour lequel il signe en 1849 un certificat constatant ses blessures au cours de la Révolution de Février) ; Archives nationales F/1dIV/N/1 Récompenses nationales.