Nepveu, Jacques, Républicain
Biographie
Né le 30 septembre 1792 (bien le 30 septembre 1792 dans son acte de baptême aussi le 30 septembre 1792 in Archives nationales F/1dIII/41 et in Archives nationales F/1dIII/38 A ; parfois mais par erreur le 3 octobre 1792) à Paris, fils de Nepveu, François, Louis, tailleur, et de Poirier, Magdeleine, Angélique, son épouse. Tailleur d’habits. Repoussé par un peloton de la garde royale au moment où il s’occupait à faire des barricades, le 28 juillet rue Laffitte, il fut blessé d’un coup de feu à la tête. Marié et père de quatre enfants, il reçut un secours de cent vingt francs en août 1830, et un autre de soixante francs en septembre sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Le 15 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIe arrondissement, comparurent : Carette, Firmin, banquier, demeurant 3, rue Laffitte ; Métard, Gaspard, crémier-glacier, demeurant 8, rue Laffitte ; Drouvillé, François, valet de chambre, demeurant 3, rue Laffitte. Ils attestèrent parfaitement connaître Nepveu, Jacques, Républicain et « savoir qu’il a été atteint d’un coup de feu à la tête à la partie supérieure du front, le mercredi 28 juillet 1830 rue Laffitte, dans les combats qui ont eu lieu à cette mémorable époque, notamment qu’il a été repoussé par un peloton de la garde royale au moment où il s’occuper à faire des barricades ». Il reçut (sous le nom de Nepveu, Jean, Républicain) un total de cent quatre-vingt-cinq francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut un total de deux cent vingt francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut, après la révolution, un total de cent soixante-dix francs de secours auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 20 janvier 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure superficielle par arme à feu à la tête, à la partie supérieure du front du côté droit, à la racine des cheveux, cicatrisé sans aucune infirmité. En conséquence nous estimons que le susnommé a été atteint d’une blessure qui n’a entraîné d’empêchement que pendant la durée du traitement et qu’il doit être rangé dans la première classe des blessés. » Il fut effectivement rangé dans la première classe de la deuxième catégorie des blessés. Il reçut auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Sa médaille lui fut délivrée le 16 juillet 1831 et son brevet le 29 août de la même année. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut arrêté, pour provocation à des crimes et délits, le 14 avril 1834, en compagnie de : comte de Lally-Tollendal, Michel, Jean, né vers 1813 en Hollande de parents français, sans profession, demeurant 11, rue Mazarine ; Guibout, Louis (voir ce nom), né vers 1787 à Paris, passementier, demeurant 20, rue de la Heaumerie ; Pichonnier, Pierre, né vers 1810 à Falaise (Calvados), propriétaire, demeurant 22, rue Sainte-Hyacinthe ; Levraut, Charles, Edmond, né vers 1810 à Paris, artiste, demeurant 15, rue d’Enfer ; Hubin de Guer, Gaston, René, Joseph, né vers 1813 à Bourgneux (Loire-Atlantique), étudiant, demeurant 13, rue du Petit-Lion-Saint-Sulpice. Il fut établi le procès-verbal suivant : « En vertu d’un mandat décerné par M. le préfet de police, M. le commissaire de police du quartier du Louvre s’est transporté à 5 heures de relevé au domicile de la dame Martin, blanchisseuse, au 5e étage de la maison rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois n° 5, où se trouvaient les six individus dénommés d’autre part, qu’ils ont arrêtés. On a saisi sur 1°) Lally-Tollendal vingt-huit exemplaires d’un imprimé intitulé Insurrection de Lyon. 2°) Guibout, cent cinquante-deux exemplaires dudit imprimé. 3°) Pichonnier, quinze pièces écrites ou imprimées (non autrement désignées au procès-verbal), un agenda, deux pistolets et un petit paquet de poudre. 4°) Hubin de Guer une paire de pistolets chargés, six balles et deux lingots de cuivre. Le comte de Lally Tollendal a été relaxé ce matin. Une perquisition opérée au domicile de M. Levrault (sic) a procuré la saisie d’une baïonnette, de deux écrits imprimés de la Société des Droits de l’Homme, d’un billet signé Cavaignac, d’un écrit adressé aux citoyens pour l’extraction des salpêtres et d’une lettre du Polonais Cynski. » Nous empruntons au Dictionnaire du mouvement ouvrier de Maitron, la notice biographique le concernant et ainsi rédigée : « Fils d’un tailleur d’habits. Nepveu fit son service militaire sous Napoléon et participa comme fourrier dans le 9e régiment de hussards aux campagnes de 1812, 1813 et 1814. Jusqu’en 1829, Nepveu travailla comme tailleur “pour son compte particulier” à Longjumeau (Seine-et-Oise), mais ayant fait de mauvaises affaires, il s’installa comme simple ouvrier tailleur à Paris. Blessé au front, le 28 juillet 1830, en coupant des arbres pour construire une barricade sur le boulevard des Italiens. Nepveu fut décoré de Juillet. Il demanda “une place de garde à cheval dans une des forêts royales” mais en fin de compte ne reçut que cent quatre-vingt-cinq francs en compensation de ses blessures. Marié père de quatre enfants en 1830. […] Déjà en décembre 1832, la police signalait Nepveu ainsi : “Démagogue furibond, il va partout préconisant ses pernicieuses doctrines, s’efforçant de les faire goûter sans partage à des individus sur lesquels il exerce l’ascendant par l’intelligence dont on le dit doué et qui leur manque”. Nepveu participa à la grève des ouvriers tailleurs de Paris en 1832, aussi bien qu’à leur grève d’octobre-novembre 1833. A cette occasion, il fut “secrétaire provisoire” de la commission exécutive qui dirigea la grève. Il fit aussi des collectes “au profit des détenus de la profession des tailleurs d’habits” chez ceux des maîtres tailleurs qui soutenaient les grévistes, au nom de la Caisse de secours de la commission des ouvriers apièceurs de Paris. En décembre 1833, il fut condamné à un mois de prison. Membre de la Société des Droits de l’Homme (“chef d’une section que l’instruction n’a pas fait connaître”), Nepveu fut prévenu d’avoir participé à l’insurrection d’avril 1834. Il fut arrêté, le 13 avril 1834 [voir plus haut], avec cinq autres individus réunis chez une dame Martin, blanchisseuse, rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois ; il bénéficia d’un non-lieu, le 10 novembre 1834. Pendant son incarcération, il n’hésita pas à écrire à la Chambre des pairs, pour se plaindre des “lenteurs inexplicables” dans la disposition de son cas : “Si d’être républicain et d’en porter le nom, on conspire, alors je suis coupable, mais au nom de Dieu, jugez-moi !” Et d’ajouter : “Vous êtes les champions de la monarchie et de l’aristocratie, et nous ceux de la liberté et de la souveraineté nationale. Notre mission est d’élever l’homme, de développer toutes ses facultés, de le rendre digne enfin du nom qu’il porte : tandis que vous ne cherchez qu’à […] le dégrader et lui rendre plus tard son antique esclavage.” Il était marié en 1848. En 1848, Nepveu habitait au 2, rue de Cloys à Clignancourt (commune de Montmartre, Seine). Il demandait alors une récompense du gouvernement républicain, citant “neuf mois de détention pour coalition, complot, etc.” en 1832-1834 et en 1839. Cette dernière détention, si elle a existé, nous est inconnue. La seule trace de ses activités en 1848 est son nom sur une liste de mille membres de l’Association fraternelle et égalitaire des tailleurs, établie en août 1848 par les tailleurs de l’atelier de Clichy. » L’ouvrage donne les sources biographiques intéressantes suivantes : Archives nationales F/1dIII/79, dossier Nepveu ; Archives nationales CC/608 d 1 n° 247 dossier Nepveu ; Archives nationales F 15 3884, Commission des récompenses nationales, Comité d’enquête, détenus politiques de 1830 à 1848 ; Archives de la préfecture de police AA 689, rapport d’arrestation du 14 avril 1834 ; Archives de Paris, registres d’écrou DY/4 19-3017 ; Gazette des tribunaux, 23 janvier 1834. Nepveu demeurait 26, rue de la Grande-Truanderie en août 1830 ; 12, Petite-Rue du Bac en 1830-1831 sur les listes de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (16, rue des Deux-Ecus en 1830 ; 27, rue du Four-Saint-Honoré in Archives nationales F/1dIII/38 A ; 17, rue du Four-Saint-Honoré en 1831, sur les listes de la mairie du [ancien] IVe arrondissement in Archives de Paris VD6 288 n° 7) ; 11, rue de la Grande-Truanderie sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/35 B ; 8, rue de la Sourdière en 1831 (par exemple sur la couverture de son dossier in Archives nationales F/1dIII/69 et dans sa comparution du 15 avril 1831, devant le juge de paix du [ancien] IIe arrondissement) ; 6, rue des Moineaux en 1831 (par exemple in Archives nationales F/1dIII/38 A( ; 43, rue du Four-Saint-Honoré en 1831 in Archives de Paris Vbis7K4 4 et in Archives nationales F/1dIII/36 ; 4, rue de la Grande-Friperie en 1831 in Archives nationales F/1dIII/34 ; 338, rue Saint-Honoré en 1834 ; 1, rue des Portes-Blanches à Montmartre en 1849. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 38 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 42 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives p. 68, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IVe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives p. 72, liste nominative du IVe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 116, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des médaillés du [ancien] Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 3 décembre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état des (197) citoyens dont les blessures ont entraîné un empêchement de travail que pendant la durée du traitement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/41 ; Archives nationales F/1dIII/69 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IVe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 3e catégorie, indemnités ; Archives nationales F/15/3884, Commission des récompenses nationales, détenus politiques 2e catégorie, pensions ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou médaillés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 84 ; Archives de la préfecture de police AA 422, année 1834, dossiers collectifs 3 février-27 décembre 1834 (549 à 793. Le même est dans plusieurs arrondissements à la fois (sans qu’il eût touché à la fois dans ces mêmes arrondissements, mais seulement à l’(ancien) IIe arrondissement).