Nicot, Charles (et parfois Nicaut, Charles)

Biographie


Né le 29 août 1792 à Sanlieu (Côte-d’Or) ou Dommartin (Nièvre). Peintre-vitrier. Il louait une boutique et un entresol sur le devant du 15, rue Montmartre. Le 28 juillet, revêtu de son uniforme de garde national, il sortit trois fois pour repousser les forces royales. Vers 15 heures, alors qu’il était rentré chez lui, il tira depuis son entresol plusieurs fois contre les Suisses qui faisaient sur les Parisiens de nombreuses décharges de mousqueterie. Nicot fut atteint d’une balle au front, qui pénétra dans le crâne et le tua sur le coup. Il fut enterré au cimetière Montmartre. Son courage fut ainsi rapporté par les journaux et la chronique de l’époque : « Un garde national, le sieur Charles Nicot, marchand de papiers peints, rue Montmartre, n° 15, s’opposait, dans la journée du 28 au passage des Suisses qui tentaient de gagner le boulevard. Déjà trois de ces étrangers étaient tombés sous ses coups, lorsque lui-même fut frappé de plusieurs balles, et expira aussitôt entre les bras de sa jeune épouse, qu’il laisse avec deux enfants en bas âge, et dont les prières n’avaient pu retenir son indignation. » Le certificat suivant constatait les circonstances de son décès : « Les soussignés Victor Baulant, avoué près le tribunal de première instance de la Seine ; Auguste, Charles, Marie, Bourbonne, avocat ; Pierre, Joseph, Hinaut, marchand de toiles, demeurant 15, rue Montmartre ; Edme, Pierre Mazières, marchand de meubles, demeurant 13, rue Montmartre ; Charles Bertrand, marchand épicier, demeurant 30, rue Montmartre ; Julien Lesage, fabricant de cirage, demeurant 32, rue Montmartre ; Jean, Philippe Antoine, marchand pâtissier, demeurant 34, rue Montmartre, certifient que le nommé Charles Nicot, peintre et vitrier, locataire d’une boutique et entresol sur le devant de ladite maison, rue Montmartre n° 15, faisait partie, comme caporal, de la garde nationale de Paris ; que dans la journée du 28 juillet dernier, revêtu de son uniforme, il est sorti trois fois pour aller repousser les oppresseurs des libertés publiques ; que vers les 3 heures de la même journée, rentré chez lui, il a, de son entresol, plusieurs fois tiré sur les Suisses qui faisaient sur le peuple de nombreuses décharges de mousqueterie et que c’est dans ce moment qu’il a été atteint à la tête d’une blessure dont il est décédé à l’instant même. Ils certifient en outre que M. Nicot, dont le Constitutionnel a fait connaître le noble et généreux dévouement auquel il a succombé, laisse une veuve infortunée et inconsolable et deux petits enfants dont l’un est âgé de sept ans et l’autre de seize mois. Ils pensent que la Commission s’empressera de s’assurer de l’exactitude du présent et de venir promptement au secours de cette intéressante famille, qui n’avait d’autre moyen d’existence que dans le chef qu’elle vient de perdre en se battant si glorieusement pour la patrie. » Signé, le 5 août 1830 : Baulant Victor, avoué près le tribunal de première instance de la Seine ; Bourbonne, Auguste, Charles, Marie, avocat ; Hinaut, Pierre, Joseph, marchand de toiles, demeurant 15, rue Montmartre ; Mazières, Edme, Pierre marchand de meubles, demeurant 13, rue Montmartre ; Bertrand, Charles marchand épicier, demeurant 30, rue Montmartre ; Lesage, Julien fabricant de cirage, demeurant 32, rue Montmartre ; Antoine, Jean, Philippe marchand pâtissier, demeurant 34, rue Montmartre. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le 8 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIIe arrondissement, comparurent : Bourbonne, Auguste, Charles, Marie, avocat, ex-lieutenant de la garde nationale, demeurant 15, rue Montmartre ; Lesage, Julien, fabricant de cirage, demeurant 32, rue Montmartre ; Antoine, Jean, Philippe, marchand pâtissier, demeurant 34, rue Montmartre ; Pateron, Victor, marchand chapelier, demeurant 11, rue Montmartre. Ils attestèrent que Nicot, Charles « a été tué rue Montmartre de plusieurs coups de fusil qu’il a reçus le 28 juillet, en combattant pour la liberté ». Il laissait des parents, Nicot, Nicolas, né le 2 mai 1756 (bien le 2 mai 1756 dans son acte mariage mais le 12 mai 1756 in Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des ascendants des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet) à Sanlieu (Côte-d’Or), ancien curé de Gouloux (Nièvre), et Dupuy, Françoise, née le 30 septembre 1767 aussi à Sanlieu. En date du 19 mars 1831, le maire de la ville de Melun, sur l’attestation de Rollu, Jean, ébéniste, et de Dauvé, François, vérificateur des poids et mesures, tous deux domiciliés à Melun, certifia que Nicot, Nicolas père, instituteur en langue latine, âgé de soixante-quinze ans, n’avait d’autres ressources que deux cent cinquante francs, et qu’il était infirme. Ils furent pensionnés de trois cents francs et il leur fut accordée, en tant qu’ascendants, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 1er pluviôse an III à Saulieu (Côte-d’Or), légitimant ainsi la filiation de leur enfant, Nicot, Charles ; sur l’acte de mariage, Nicot, Nicolas est indiqué comme fils de Nicot, Nicolas, tailleur d’habits, et de feu Chapuis, Marguerite, et comme ex-curé de Gouloux ; Dupuis, Françoise (sic) est indiquée comme née vers 1770, fille de Dupuis, Nicolas, laboureur, et de Lhomme, Reine, son épouse (à noter que parmi les témoins du mariage, se trouvait Vaudrey, Jean, ex-bénédictin). Il laissait une veuve, Aubert, Louise, Joséphine, née le 3 juin 1806 (mais le 4 juin 1806 in Archives nationales F/1dIII/34 et in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Paris, qui reçut un secours de cent francs et un autre (sous le nom de veuve de Nicot, Pierre) de cent cinquante francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de soixante francs, le 5 août 1830, un secours (sous le nom de Nicol) de cent francs, le 7 août 1830, un secours de cent quatre-vingt-sept francs et cinquante centimes le 20 octobre 1830, un secours de cent vingt-cinq francs le 3 janvier 1831, un secours de quarante et un francs et soixante-cinq centimes le 1er avril 1831 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement (l’observation suivante était inscrite en face de son nom, sur le registre de la mairie : A été tué à sa fenêtre), qui fut pensionnée et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; et deux enfants, qui furent pensionnés (sous le nom de Nicot sur les listes du Bulletin des lois) et à qui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes : Georges, Nicolas, Charles, né le 14 juin 1823 (par erreur le 16 juin 1823 in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Paris, et Euphémie, Joséphine, née le 5 février 1829 ( par erreur le 7 février 1829 in Archives nationales F/1dIII/34 et in Archives nationales F/1dIII/38 B) aussi à Paris. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Nicot, Louis, docteur en médecine, subrogé-tuteur, demeurant 22, rue de Bondy en 1831. Georges, Nicolas, Charles fut placé en pension chez Petit, instituteur 9, rue de Jouy-Saint-Antoine ; son bulletin de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapporte sur son compte qu’il avoir le goût de l’étude et que l’intention de son oncle et subrogé-tuteur était de le destiner à la profession de docteur en médecine ; et sur le compte de la mère, qu’elle était ouvrière en linge et paraissait « avoir beaucoup d’ordre ». En 1835-1836, il était élève dans la pension Marelle à Villiers-le-Bel. En 1836 Euphémie était pensionnée et, en 1838, reçut trois cents francs pour ses frais de trousseau ; elle était alors placée dans la maison d’éducation de Mlle Merle, 42, rue Saint-Louis dans le Marais. La commission municipale présentait la veuve comme ouvrière en linge, ayant beaucoup d’ordre et dans une position au-dessus du besoin. Nicot demeurait 15, rue Montmartre ; sa veuve, 24, bd du Temple par la suite (dont en 1832) et 30, faubourg Saint-Martin en 1838 ; ses parents, 22, rue de Bondy ou à Melun (Seine-et-Marne) en 1831. Le nom de Nicot (C. Nicot) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Le Globe, 1er août 1830 ; Le Constitutionnel, 2 août 1830 ; Le National, 3 août 1830 ; Le Constitutionnel, 7 août 1830 ; Le Réveil du lion ou Paris dans les immortelles journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; précis des événements, heure par heure… suivi d’un chant triomphal… par un patriote de 89, Paris, Lerosey, 1830, p. 234 ; Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 126 ; Les Enfans de Paris ou les Petits Patriotes, scènes de courage, de présence d’esprit, de magnanimité, de grandeur d’âme et de désintéressement de la jeunesse parisienne pendant les journées des 27, 28, 29 juillet 1830, A. de Saintes, chez Nepveu libraire, et Eymery, Fruger et Cie, libraires, Paris, 1831, p. 71-72 ; Révolution mémorable des journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, Cousin d’Avalon, Paris, Stahl, imprimeur-libraire, quai des Augustins, n° 9 p. 31 ; Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 38, 39 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 42-43 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 112 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, Nom des personnes qui se sont distinguées dans les mémorables journées p. 275 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 95-96 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 4 (sous le nom d’Aubert, Louise, Joséphine veuve Nicot), p. 106 pour les parents et les enfants ; Archives de Paris DM13 1, préfecture de la Seine, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, état des veuves ayant droit à une pension, avec enfant ou sans enfant, idem état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 32-33 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) IIIe arrondissement, orphelines du (ancien) IIIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves), état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, IIIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1836, orphelins de juillet 1830 qui ont atteint l’âge de sept ans pendant le premier trimestre 1836 ; année 1838 IIIe arrondissement ; année 1839 IIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/69 ; Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Tufée ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Nicot, Charles) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, veuves, orphelins et ascendants (sous les noms de Nicot, Nicolas et Dupuis, Françoise) et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien IIIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 84 (sous le nom de Nicot, Charles), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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