Niogret, Jean, Marie, Augustin
Biographie
Né le 10 mai 1788 à Lyon (Rhône), fils de Niogret, Guillaume, Philibert et de Bugnon, Claudine, son épouse. Libraire 16, rue Marie-Stuart en 1825, homme de lettres ou libraire (mais commis voyageur in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, in Archives de Paris VK3 30) en 1830. Il fut blessé d’un coup de feu à la hanche (ou au bas-ventre in Archives de Paris VD6 360 n° 5, II et in Archives de Paris VK3 30, au ventre in Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension le 29 juillet à l’attaque du Louvre. La chronique de l’époque relatait ainsi sur sa participation aux combats : « Le sieur Niogret, voyageur, se trouvait à Pau, à deux cents lieues de Paris, lorsqu’averti par ses pressentiments que les élections devaient infailliblement amener quelque coup d’état de la part du gouvernement insensé de Charles X, il part précipitamment le 18 juillet pour Paris, où il arriva le 24. Ses préventions ne tardent pas à se réaliser et, venu pour être témoin des événements, son patriotisme, son courage, son indignation et sa haine pour la tyrannie, lui dictent aussitôt son devoir. Le mercredi il se procure des armes, achète de la poudre et des balles, et s’établit au pont d’Arcole, où il a été longtemps seul tirer sur les Suisses, placés à la tête du pont et à la place de Grève. Il a été assez heureux pour voir tomber, sous ses coups, plusieurs des soldats du despotisme. Il a combattu jusqu’à l’entrée de la place de Grève, autour du marché des Innocents, où il a distribué de la poudre et des balles à des combattants qui en manquaient. Il a aussi, dans la même journée, le 28 juillet, arrêté, sur la place du pont Saint-Michel, une ordonnance à cheval portant des bons de vivres, et a renvoyé l’ordonnance en lui disant que les troupes qui fusillaient les citoyens ne méritaient pas de vivre. Le lendemain, 29, il était encore au milieu des combattants, pour déloger de leur derniers retranchements les faibles ennemis de nos libertés, et c’est en entrant au château des Tuileries qu’il a été atteint d’une balle dans le bas-ventre et qui a pénétré jusqu’à un pouce de l’épiderme. » Marié et père de famille, il reçut un secours de cent vingt francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut un secours de cinquante francs, le 18 mai 1831, un secours de cinquante francs, le 23 juin 1831, (et peut-être) un secours de trois cents francs à une date indéterminée auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet (sous le nom de Niogret, Auguste, Jean, Marie sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Bulletin des lois) auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 28 avril 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu, de la partie antérieure du ventre au-dessous de l’ombilic et sur le côté droit de la ligne médiane à la partie supérieure et externe de la hanche, après avoir traversé l’os des îles ; guérie mais avec tendance à hernie par l’ouverture d’entrée, coliques presque constantes, difficultés et douleurs dans les mouvements, circonstances dont la réunion doit le faire ranger dans la quatrième classe des blessés. » Il fut admis dans la 4e classe des blessés et pensionné de quatre cents francs (par erreur sous le nom de Niogrot, Jean, Marie, Augustin sur les listes du Moniteur universel). Il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une rente perpétuelle de cent francs. Il prêta, le 19 mai 1831, son serment de décoré de la Croix de Juillet, nécessaire pour pouvoir retirer cette dernière ainsi que le brevet qui l’accompagnait, à la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Le 21 juillet 1832, il sollicita l’admission de son fils dans une école du gouvernement, dans le respect des dispositions prises par l’autorité municipale pour assurer aux enfants de décoré les « bienfaits d’une instruction essentielle ». Il rappelait, à cette occasion, les persécutions dont il avait fait l’objet sous la Restauration : « Je fus en butte, en ma qualité de libraire, aux persécutions du gouvernement déchu ; […] l’effet de ces poursuites a été de m’interdire depuis 1825 l’exercice de la librairie, de me priver de ma liberté pendant six mois et, par suite, de me faire perdre toutes mes ressources pécuniaires ; aujourd’hui je me trouve sans fortune, sans état, sans autres ressources qu’une misérable place et par conséquent sans moyen pour donner à mon fils l’instruction et un état dont il aura besoin pour vivre. » Le 14 juillet 1831, la mairie lui fournit, à titre de blessé décoré, un habillement (soit une redingote de drap bleu, un gilet de casimir noir, un pantalon avec ses guêtres de coutil russe, un chapeau et des souliers). Il fit partie des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement, choisis pour composer la délégation de décorés présente à la cérémonie d’inauguration des tables du Panthéon sur lesquelles étaient inscrits les noms de ceux qui avaient trouvé la mort pendant les combats de Juillet. En 1830, il était père de Hypolite, Auguste, né vers 1824 à Paris, et d’Alexandrine, Marie, née vers 1827 aussi à Paris. Son acte de naissance étant impossible à produire, n’ayant été baptisé, pour une raison qu’il ignorait, que le 7 juillet 1795, il dut faire établir un certificat de notoriété, le 2 novembre 1825, devant le juge de paix du (ancien) IXe arrondissement, afin d’établir un acte de naissance, dont il avait besoin pour se marier. Les six témoins nécessaires pour constater sa date de naissance furent : son père, Niogret, Guillaume, Philibert, propriétaire, demeurant 5, rue Saint-Paul ; Niogret, Blaise, Guillaume, homme de lettres, demeurant 12, rue de Verneuil ; son beau-frère, Revol, Jacques, Antoine, dessinateur, demeurant 20, rue des Juifs ; Niogret, Joséphine, Augustine, épouse de Revol, et autorisée par lui à témoigner, demeurant 20, rue des Juifs ; demoiselle Andrillet, Marie, nièce de Niogret, Jean, Marie, Augustin, et demeurant 22, rue Saint-Benoît ; Noblet, Jean-François, marchand chaudronnier, demeurant 16, rue Tirechappe ; Amsler, Balthazar, sellier, demeurant 8, cour Batave. Il demeurait 5, rue Saint-Paul en 1824 ; 16, rue Marie-Stuart en 1825 ; 52, rue Saint-André-des-Arts en 1830-1831 ; 28, rue Thévenot en 1832 ; 6, cour des Miracles à une date indéterminée, sur le registre d’émargement de remise de certificats de vie aux blessés de Juillet, qu’il signe in Archives de Paris VK3 19. Les Barricades immortelles du peuple de Paris, relation historique, militaire, anecdotique des journées des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830 et du voyage de Charles X jusqu’à son embarquement, par P. C., Paris, Leroi, 1830, p. 320-321 ; Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 38 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 42 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 106 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la 4e classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 110 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement, liste des citoyens blessés décorés à habiller ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, lettre du 21 juillet 1831, idem liste des décorés de la Croix de Juillet dans le (ancien) XIe arrondissement qui ont prêté le serment prescrit par l’ordonnance, députation du Panthéon, idem cahier vert des prestations de serment ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, blessés pensionnaires, compte établi du 8 octobre 1830 au 1er août 1831, idem Commission de la souscription nationale, titres provisoires des parties prenantes, reçus en échange des titres définitifs délivrés par la mairie, blessés, rentes perpétuelles, idem bulletin des croix, pièces, idem cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 ; Archives de Paris VD6 639 n° 6, tableau général des enfants appartenant aux veuves et blessés de juillet 1830, (ancienne) XIe mairie ; Archives de Paris VK3 19, Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) XIe arrondissement de Paris, état nominatif des blessés de 4e classe dont les bulletins individuels ont été remis au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem Récompenses nationales, registre d’émargement de remise de certificats de vie aux blessés de Juillet ; Archives de Paris VK3 30, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement de Paris, qui ont été classés par le jury médical et dont les lettres ont été déposées à la mairie, idem état des habitants du (ancien) XIe arrondissement de Paris qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 (par erreur sous le nom de Nogret) ; Archives de Paris VK3 49 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/69 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIe arrondissement, blessés de 4e classe.