Noilhan, Pierre

Biographie


Né le 23 ou 28 mars 1798 à Tarbes (Hautes-Pyrénées). Bottier en chambre. Il combattit particulièrement au quai Malaquais et dans la rue Saint-Honoré. Il combattait le 29 juillet au coin de la rue Saint-Nicaise, quand Fournier, Jean-Pierre, qui combattait aussi, tomba frappé à ses côtés. Noillan le porta jusqu’au dernier guichet du Louvre, mais, bientôt forcé de s’éloigner à cause de la fusillade, il se vit contraint de l’abandonner. Quand il revint, Fournier avait succombé à sa blessure. Noilhan fit le récapitulatif suivant de sa participation aux combats de Juillet : « Le 27 et 28, il a pris les armes et il ne les a quittées que le 29 dans la nuit. Ce dernier jour, il s’est fait remarquer par son intrépidité au milieu des fusillades et de la mitraille. Plusieurs fois, il a été exposé à perdre la vie, sur les quais de la Monnaie et Malaquais, sur le Pont-Royal, dans les rues de Valois et de Rohan, à la prise des Tuileries et de la maison rue Saint-Honoré, n° 255. Il a puissamment contribué à sauver du pillage le magasin de chapellerie du sieur Moizard et celui du sieur Bourguignon, marchand orfèvre, situé vis-à-vis du magasin de M. Moizard. Le sieur Fournier, Jean-Pierre, de la rue de Seine, n° 18, frappé par deux balles, mourut à côté de l’exposant, et le sieur Meunier, marchand de vins, de Vaugirard, blessé sur la même place est mort à l’hospice de la Charité. C’est le sieur Noilhan qui s’empressa dès le jour même d’aller informer la femme de Fournier et les parents de Meunier de ces déplorables nouvelles. » Il joignait à sa demande un certificat de Rey, François (voir ce nom), qui attestait l’avoir vu, le 29 juillet, rue de Valois et rue de Rohan, « dans la fusillade et faisant feu lui-même ». Un certificat délivré le 1er août 1830, par Couat, employé au parquet du procureur du roi, qui attestait « avoir vu le 29 juillet 1830, de 11 heures du matin à 1 heure de relevée sur les quais de la Monnaie et Malaquais, le sieur Noilhan, armé d’un fusil, combattant pour la défense de la liberté et s’exposant de la manière la plus courageuse au feu que les troupes renfermées dans le Louvre et les Tuileries dirigeaient sur ces points ». Un certificat délivré par Moizard (voir ce nom), qui attestait qu’il s’était « conduit en brave citoyen dans la journée du 29 juillet dernier, qu’il a contribué par sa bravoure à la prise de la maison rue Saint-Honoré, n° 255 dans laquelle la garde royale faisait une résistance opiniâtre et, qu’aussi généreux que brave, il a contribué de tous ses efforts à préserver du pillage mon magasin et celui de M. Bourguignon, situé vis-à-vis du mien. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il sollicita une place de bottier dans un régiment. Son dossier est apostillé de l’observation suivante : « On pourrait recommander Noilhan pour une place de bottier dans la garde municipale. » Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du XIe arrondissement (sous le nom de Noalhan sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel et deux fois sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Il écrivit le 10 juin 1831 au roi afin qu’il engageât la Commission des récompenses nationales du XIe arrondissement à revenir sur la décision qu’elle avait prise de ne lui accorder que la médaille et de recevoir les témoignages de combattants de Juillet. Noilhan s’était trouvé toute une journée « sur le champ de bataille le plus meurtrier mais comme il était plus occupé de charger son fusil que de compter les heures, il s’est trompé lorsqu’il a voulu préciser devant la Commission des récompenses nationales le moment où le canon tirait dans la rue de Rohan. Cette erreur est cause que la décoration lui a été refusée. Cependant il tient beaucoup à cette récompense parce qu’il croit la mériter ». Sa demande était accompagnée de très nombreuses signatures : Moizard (voir ce nom) ; Delort, demeurant 21, rue de Chartres ; Labusquière, demeurant 10, rue de Beaune ; Van Nechel, demeurant 1, place Sainte-Opportune ; Simon, demeurant 29, rue des Moineaux ; Rey (voir Rey, François), relieur, demeurant 265, rue Saint-Honoré ; ...alestoupal, Joseph, illisible demeurant 27, rue du Marché-aux-Poirées ; Despal..., demeurant chez Moizard (voir ce nom). Il signa, le 14 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Fournier, Jean-Pierre : « Je, soussigné, Pierre Noilhan, bottier, rue de la Huchette n° 34, déclare avoir vu le nommé Fournier, Jean-Pierre atteint d’une balle dans l’aine rue Saint-Nicaise et l’avoir aidé à transporter avec le nommé Kandapin au dernier guichet du Carrousel ; qu’il était prêt à rendre le dernier soupir et qu’après la bataille j’ai été le retrouver pour lui donner des secours. Je l’ai trouvé sans vie. » Il comparut, le 21 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, pour attester que Fournier, Jean-Pierre avait été « tué en combattant le 29 juillet 1830 rue Saint-Nicaise ». Kandapin, Auguste (voir ce nom) avait signé, le 14 septembre 1830, le certificat suivant, qui donnait d’autres indications sur Noilhan, Pierre : « Je soussigné que le nommé Auguste Kandapin, rue Contrescarpe n° 6, déclare avoir vu le nommé Fournier, Jean-Pierre percé d’une balle dans l’aine rue Saint-Nicaise et qu’il a aidé à transporté avec le nommé Noilhan dans le dernier guichet du Carrousel et qu’il était prêt à rendre le dernier soupir. » Enfin, son nom était cité dans le certificat suivant qui donnait des informations complémentaires sur les circonstances du décès de Fournier, Jean-Pierre : « Nous, soussignés, Jean, Antoine Rossignol, marchand épicier (sic), rue de Seine n° 33 et Jean-Louis Tirel, employé dans la chimie, demeurant rue de Seine n° 18, déclarons et certifions que le 29 juillet présente année un particulier, que nous avons su depuis se nommer Pierre Noilhan (voir ce nom), bottier, rue de la Huchette n° 34, s’est présenté à la porte du sieur Jean-Pierre Fournier, logeur, rue de Seine n° 18, et demanda à parler à des voisins ; il était alors 8 heures du soir. Il nous annonça que ledit sieur Fournier était tombé presque à côté de lui, frappé d’un coup de fusil dans l’aine, au coin de la rue Saint-Nicaise, combattant ensemble et qu’il l’avait laissé comme mort ; que s’étant un peu éloigné de cet endroit meurtrier, il était revenu peu après à la même place et vit que ledit sieur Fournier respirait encore ; qu’il avait de suite aidé à le transporter sous le dernier guichet du nouveau Louvre avec le nommé Auguste Kandapin et un autre non connu de lui et qu’y étant retourné après la bataille pour lui porter des secours, il l’avait trouvé sans vie […]. » Il reçut, comme médaillé, la somme de vingt-cinq francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution. Il reçut, en juillet 1834 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de six francs, à titre de décoré de Juillet. Il reçut un secours de quarante francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1850, un secours de soixante francs en 1851, en 1852 et en 1853, à titre de médaillé de Juillet. En 1830, il était père de trois enfants. Il demeurait 34, rue de la Huchette en 1826-1831 (par erreur 33, rue de la Huchette in Archives de Paris VD6 633 n° 1) ; 33, rue de la Huchette en 1834 ; 33, rue de la Huchette en 1849 ; 31, rue de la Huchette en 1850 ; 46, rue des Noyers en 1851-1853. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, état nominatif des citoyens décorés de la médaille, auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs, idem couverture du dossier de Mauvière, Victor, idem son dossier individuel ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste supplémentaire des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement ; Archives de Paris VI1, Etat de répartition de la somme de quatre cent dix francs et cinquante-cinq centimes mise à la disposition de M. le maire du (ancien) XIe arrondissement par M. le préfet de la Seine pour être attribuée à MM. les décorés de Juillet ; Archives de Paris VK3 49 (sous le nom de Noilham, Pierre) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement et liste supplémentaire des citoyens proposés pour la médaille XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/55 in dossier Fournier, Jean-Pierre ; Archives nationales F/1dIII/69 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Etat nominatif des décorés,  blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves qui ont formé des demandes de secours, et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, en date du 29 mai 1849, minutes 57-61, idem Avis du prochain ordonnancement d’une somme de 4.175 francs pour être répartie entre 95 décorés, combattants et veuves de Juillet domiciliés dans le département de la Seine minutes 90 et 92, idem Allocation de secours à 59 décorés, blessés, veuves ou orphelin de Juillet 1830, s’élevant ensemble à la somme de 2.770 francs imputable sur le chapitre 25 bis du budget de l’Intérieur, exercice 1850, courrier en date du 31 octobre 1850, minute 136-138, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852, idem Proposition d’accorder à dix-huit décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.010 francs, minutes 275-276, en date du 28 février 1853.

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