Noizeux, Charles, Alphonse

Biographie


Né le 29 pluviôse an XII (15 février 1804) à Paris. Menuisier en bâtiments. Il fut blessé d’un coup de feu reçu au genou droit. Il reçut un secours de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il fut soigné à la maison de convalescence de Saint-Cloud. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le 3 mai 1831, devant le maire du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Chatraire (voir Chatraire, Pierre, Léonard), demeurant 44, rue des Vieilles-Tuileries ; Nauleau (voir Nauleau, Etienne, Hippolyte), demeurant 129, rue de Sèvres. Sur leur attestation, le maire délivra un certificat comme quoi Noizeux, Charles, Alphonse était « par suite des blessures qu’il a reçues en juillet hors d’état de travailler et est par conséquent réduit à une position nécessiteuse ». Il fut décoré de la Croix de Juillet (sous le nom de Noiseux, Charles sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur et surtout in Archives nationales F/1dIII/39) auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il y prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 22 juin 1831, reçut sa croix le 22 juin et son brevet le 17 août 1831. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 19 mars 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu, à ouverture unique et à balle extraite, à la partie externe du genou droit, sans atteinte aux os ; guérie mais avec gêne, difficultés et douleurs permanentes dans les mouvements. » Il fut admis dans la 3e classe des blessés et pensionné de trois cents francs. En sortant de la maison de convalescence de Saint-Cloud, il sollicita, conseillé par le général Fabvier, un emploi de garde forestier : « Mon père a été fusillé à la rentrée des Bourbons, faisant partie de l’état-major du maréchal Ney. Un de mes oncles était garde forestier à Versailles ; il a exercé cet emploi pendant l’espace de douze ans. Il a eu le malheur de le perdre aussi à la rentrée des Bourbons. Moi, élevé chez lui et connaissant l’exercice de cet emploi, je serais à même de pouvoir l’exercer plutôt qu’un autre. » Il lui fut accordée par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il cosigna avec quatre autres décorés la lettre de Baudon adressée au ministre de l’Intérieur et président du conseil, en date du 29 septembre 1831, afin qu’il autorisât les médaillistes dont le Moniteur avait publié les noms à porter la Croix de Juillet. En juillet 1833, il reçut (sous le nom de Noiseux, Charles, Alphonse), à titre de décoré de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à l’occasion des fêtes nationales pour l’anniversaire de la révolution de Juillet. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications biographiques supplémentaires. Il adressa en effet, le 15 mars 1848, la lettre suivante à cette dernière Commission : « […] A l’honneur de vous exposer qu’en 1838, le 15 octobre, le sieur Gambin, son beau-frère, imprimeur-typographe, chargé de l’impression d’un journal républicain (l’Homme libre, N.D.A.), fut dénoncé et fut obligé d’émigrer en Belgique, où il est encore ; son épouse fut arrêtée et elle fut détenue pendant un an. Mère de cinq enfants, ces malheureux tombèrent à la charge de l’exposant, qui les eut pendant un an. Seulement quelques secours lui furent donnés par le Comité. Le 18 dudit mois, la police fit une descente chez lui, s’empara de tous ses papiers, tels que brevet de décoration, certificats et autres ; cette perquisition fut l’œuvre d’une dénonciation. En conséquence, il vient vous prier, messieurs les membres de vouloir bien lui accorder l’indemnité à laquelle lui donnent droit les persécutions qu’il a endurées. Sa reconnaissance égalera le profond respect avec lequel il a l’honneur etc. » Il joignait à sa demande le certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions à tous ceux à qui il appartiendra qu’il est à notre connaissance que le 14 octobre 1838 Mme Gambin fut arrêtée, prévenue de complicité avec son mari, imprimeur-typographe, possesseur d’une presse et d’une quantité de caractères à l’aide desquels ledit sieur Gambin, faisant partie d’une société illicite, imprimait des écrits séditieux contre la sûreté du gouvernement déchu ; que cette presse fut détruite dans la nuit par le citoyen Noizeux, son beau-frère, qui vendit les caractères, dont le produit servit au citoyen Gambin pour se rendre à Bruxelles (Belgique), que pendant la prévention de ladite dame Gambin, qui dura un an, ses enfants, au nombre de quatre, tombèrent à la charge du citoyen Noizeux, leur oncle maternel. » Signé, le 18 septembre 1848 : Gauche illisible ; Barbier, ou Barbieu, ou Barbien, ou Barbin. Il fut recommandé par la Commission pour une indemnité de deux cents francs une fois payée. Il était marié et père d’un enfant, et avait sa mère à charge en 1848. Il demeurait 44, rue des Vieilles-Tuileries en 1830-1833 ; 8, rue Princesse en 1848. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 106 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la 3e classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 109 ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 524 n° 3, 1833, (ancien) Xe arrondissement municipal, état d’émargement de la somme de vingt-cinq francs accordée à des décorés du (ancien) Xe arrondissement de Paris à l’occasion des fêtes nationales de juillet 1833 ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des décorés du Xe arrondissement) ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des décorés du Xe arrondissement) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des blessés (3e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 3 octobre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine (sous le nom de Noiseux), idem Etat des sommes payées aux blessés, veuves, ascendants et orphelins de juillet 1830, du 1er juin au 30 août 1831 (sous le nom de Noiseux) ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Lenaux ou Lenoux, Pierre (où son nom est deux fois sur une liste de blessés du (ancien) Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août (sous le nom de Noiseux, Charles, Alphonse) ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement et lettre tamponnée en date du 1er octobre 1831 ; Archives nationales F/1dIII/69 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, blessés de 3e classe ; Archives de la préfecture de police AA 405.

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